Les écolos ratissent très large

Publié le par jack palmer

Des personnalités venues d’horizons politiques divers ont confirmé, ces dernières semaines, leur candidature sur les listes Europe Écologie aux élections régionales de mars 2010.

S’ouvrir, oui, mais jusqu’où ? Alors qu’ils ont enregistré, ces dernières semaines, les ralliements de nombreuses personnalités venues de la société civile ou d’autres partis de gauche, les Verts s’interrogent sur les frontières politiques du rassemblement qu’ils entendent incarner, avec les listes Europe Écologie, aux élections régionales de mars prochain.

L’Elan des européennes

En apparence, tous se félicitent de la dynamique suscitée par le succès des élections européennes (16,28 %). Un élan qui permet aujourd’hui aux écologistes de ratisser large. En Champagne-Ardenne, Éric Loiselet, ancien secrétaire national adjoint du PS à l’environnement, conduira la liste écologiste. Laurence Vichnievsky, la magistrate ayant instruit l’affaire Elf avec Eva Joly, aujourd’hui députée européenne Europe Écologie, sera tête de liste en Paca. En Rhône-Alpes, le pédagogue Philippe Meirieu portera les couleurs des Verts. Hier, c’est le maire communiste de Sevran (eine-Saint-Denis), Stéphane Gatignon, qui a confirmé son intention de rejoindre Europe Écologie (voir ci-dessous). Augustin Legrand, de l’association de défense des sans-logis, les Enfants de Don Quichotte, Daniel Breuiller, maire divers gauche d’Arcueil, Emmanuelle Cosse, ancienne présidente d’Act Up, ou encore Catherine Mecary, présidente de la Fondation Copernic, devraient venir compléter ce casting. Signe que les Verts veulent conjuguer l’écologie et des problématiques sociales et sociétales. « Nous avons un problème culturel avec nos partenaires de gauche, qui nous considèrent encore comme des sous-traitants spécialisés dans l’environnement », regrettait le député Noël Mamère dans un entretien au Monde, ce week-end. Rassembler les écologistes, accueillir des personnalités venues d’autres horizons politiques ou du monde associatif, surtout si elles assurent une plus-value médiatique  : jusqu’ici, tous s’accordent. C’est sur l’attitude à adopter vis-à-vis des centristes que les choses se compliquent. « Les Verts sont conscients de la nécessité de s’autodépasser. La question du rassemblement de la famille écologiste est tranchée, il n’y a pas de débat là dessus », expose Patrick Farbiaz, corédacteur du programme d’Europe Écologie aux élections européennes.

« Néocentrisme »

Mais pour les Verts, il est hors de question de se dissoudre dans une sorte de rassemblement néocentriste tel que semble le suggérer Daniel Cohn-Bendit. Des préventions qui ont le don d’agacer l’eurodéputé libéral-libertaire, inventeur de la formule Europe Écologie. Dans un courriel adressé, fin octobre, à la direction des Verts, Daniel Cohn-Bendit reprochait à ses amis de vouloir « gérer, encadrer et limiter » l’ouverture, par crainte de « voir émerger une force organisationnelle concurrente ». Nommément visé  : Jean-Vincent Placé, bras droit de la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot. Il faut « nous secouer et nous décloisonner », concluait Daniel Cohn-Bendit, en appelant à ouvrir les listes écologistes à des militants du Modem, en particulier aux membres de Cap21, mouvement animé par Corinne Lepage, ex-ministre de l’Écologie du gouvernement Juppé.

Rosa Moussaoui

Publié dans Région IDF

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