"Immigration : Qu’en est-il des droits de l’homme ?"

Conférence : "Immigration : Qu’en est-il des droits de l’homme ?"
A écouter longuement, Léo Férré L’Affiche Rouge
Première publication : 9 décembre 2008
Mise en ligne : 2 décembre 2008

A l’occasion du 60ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, France terre d’asile vous invite à une conférence débat sur l’immigration.

Conférence/débat sous l’égide de Monsieur Stéphane Hessel, Ambassadeur de France, ancien résistant et déporté, Grand Officier de la Légion d’honneur et membre de la Commission française de rédaction de la déclaration universelle des droits de l’homme

Le mardi 9 décembre 2008, à 14h30
Sur le thème Immigration : qu’en est-il des droits de l’homme ? Au Centre culturel du Forum de Boissy-Saint-Léger Place du Forum - à côté du centre commercial à partir de 16h30 Rendez-vous autour d’un goûter au Centre Stéphane Hessel 23, Bd de la Gare 94470 Boissy-Saint-Léger
Renseignements : CAOMIDAboissy@france-terre-asile.org/ 01 56 73 10 60

Voir aussi :
http://www.dailymotion.com/video/x7l9au_droits-de-lhomme-60-ans_news - fr_FR
Stéphane Hessel aux Amis de l’Humanité

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« Stéphane Hessel n’avait pas trente ans quand il fut invité à participer à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Allemand ayant obtenu la nationalité française en 1937, résistant aux côtés du général de Gaulle durant la Seconde Guerre mondiale, Stéphane Hessel est un survivant des camps de concentration. À 91 ans, M. Hessel, qui a mené une brillante carrière de diplomate du siège de l’ONU à Saigon en passant par Alger et Genève, est un combattant pacifiste, infatigable et sans frontières des droits de l’homme, un seigneur de l’humanisme. À Bilin, en Cisjordanie, il se pose aux côtés des Palestiniens contre le mur israélien ; sur la place de la République, à Paris, il plaide pour les mal-logés ; en août 2006, il signe un appel contre les frappes israéliennes au Liban. »
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Voila ce que déclare Stéphane Hessel à l’agence Reuters :


« La France ne peut se targuer d’être exemplaire en matière de droits humains vu sa façon de traiter les étrangers et les prisonniers.
Non, elle ne doit en aucun cas s’enorgueillir, c’est toujours mauvais », répond-il quand Reuters lui demande si la France de 2008 peut se vanter d’être encore la patrie des droits de l’homme. »

« Elle doit constater que si elle fait certaines choses correctement il y en a d’autres qu’elle ne fait pas bien. Notamment, elle s’occupe mal de ses immigrés, elle s’occupe mal de ses sans-papiers et elle ne s’occupe pas bien du tout non plus des questions d’asile », ajoute-t-il.

En avril 2007, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France pour la façon dont elle renvoie les étrangers menacés dans leur pays d’origine.

Plus récemment, elle lui a demandé de surseoir à un projet de charter franco-britannique visant à rapatrier vers leur pays des Afghans en situation irrégulière.

« PAS À LA HAUTEUR »

Le diplomate se fait aussi le garant des droits des détenus à l’heure où les prisons françaises enferment plus de 64.000 personnes, un chiffre record qui s’ajoute à la multiplication des suicides de détenus, plus d’une centaine cette année

Le 16 octobre, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné Paris pour manquement à son obligation de « protéger le droit à la vie d’un détenu ».

« Nous devrions faire un effort pour avoir des prisons un peu moins inhumaines », insiste Stéphane Hessel.

« Tous mes messages, je les adresse toujours au président de la République française, quel que soit son nom », dit-il.

« Le nom actuel est celui d’un fils d’immigré. Donc s’il y a quelqu’un qui devrait savoir qu’il faut considérer l’immigration non comme un fléau mais comme une richesse, c’est bien notre président actuel Nicolas Sarkozy », fait-il remarquer à propos du chef de l’Etat, qui est d’origine hongroise.
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Question- Soixante ans après l’adoption de la déclaration, quelles sont les principales avancées enregistrées, quelles sont les promesses non tenues ?

Stéphane Hessel - « Beaucoup de promesses n’ont pas été tenues, et parfois par des pays puissants comme les États-Unis sous la double administration Bush avec notamment les prisons de Guantanamo et d’Abou Ghraib. Je pense également à Israël, un pays qui doit son existence aux Nations unies, à une résolution onusienne, et qui viole les droits fondamentaux de son voisin palestinien. Je pense également au Darfour et aux crises qui ensanglantent de nombreux pays africains. En 1948, des objectifs ont été définis qui, soixante ans plus tard, sont loin d’être atteints.
Il y a néanmoins eu des progrès, comme la décolonisation, la fin de l’empire stalinien et la fin du régime d’apartheid en Afrique du Sud. Aujourd’hui, il y a tout de même plus de régimes démocratiques qu’il n’y en avait il y a encore 30 ans.
Mais cela ne suffit pas. Aujourd’hui, nous ne devons pas nous contenter de commémorer le soixantième anniversaire de la déclaration, les nations doivent prendre un engagement nouveau pour que le respect des droits de l’homme et de la liberté soit réalisé. »


L'enthousiasme intact de Stéphane Hessel



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