Financement des transports franciliens :

Publié le par jack palmer

CE N’EST NI AUX USAGERS, NI AUX SALARIÉS DE PAYER LA NOTE !


Alors que se profile une importante et nécessaire extension du réseau de transports franciliens à travers les projets Grand Paris et Arc Express, des voix se font entendre de divers horizons pour réclamer la mise à contribution des usagers et des personnels des entreprises de transport.


Côté usagers, dans la foulée de la forte hausse décidée en juillet 2010 par le STIF (contre l’avis des élus communistes), on parle maintenant d’augmenter annuellement les tarifs de 3% à 5% au-delà du taux d’inflation, ce qui conduirait à un doublement du prix du transport sur 15 ans ! Cette orientation mettrait en cause le droit à la mobilité pour tous, en détournant des centaines de milliers d’habitants de l’usage des transports collectifs, à commencer par les populations les plus modestes. Et elle irait à l’encontre de l’exigence de réduction de la place de la voiture particulière, condition sine qua non d’un développement soutenable pour notre région. Quel est l’intérêt de mettre en chantier de nouvelles infrastructures de transport en commun si en même temps une part importante de la population en est exclue ?


Côté salariés, on réclame dans la foulée du rapport Carrez sur le financement du Grand Paris « un accroissement de la productivité des opérateurs de transport.» Pour les agents de la RATP, cela signifierait l’aggravation d’une politique de réduction des dépenses de personnel déjà à l’œuvre depuis six ans, et qui a conduit à une dégradation notable de l’emploi et des conditions de travail. Malgré une progression notable de l’offre de transport (+17,4% en une décennie), les effectifs de la RATP sont en effet en recul et 650 suppressions de postes sont encore programmées pour 2011.


L’enjeu ici est triple :

 

 1 - Celui de la qualité du service offert.

Car elle dépend étroitement du nombre d’emplois mis en œuvre, du niveau des qualifications et des conditions de travail des personnels qui en ont la charge.


 2 - Celui des normes sociales en vigueur en Ile-de-France.

Car elles sont pour une large part déterminées par les contrats de Service Public comme celui qui lie le STIF à la RATP (qui est le deuxième employeur de la région).


 3 - Celui de la lutte contre le chômage.

2% de gains de productivité à la RATP comme c’est la règle aujourd’hui, c’est déjà 800 emplois de moins pour les jeunes  chaque année ; combien demain si l’on suit ceux qui appellent à renforcer cette politique ?


Oui, il y a un vrai problème de financement des transports franciliens.

Oui, il y a un vrai besoin de trouver de nouvelles ressources, que ce soit pour couvrir les dépenses d’investissement ou les coûts d’exploitation des réseaux.


Mais ce n’est ni aux usagers, ni aux salariés de payer la note !

D’autres pistes existent :

 

 

 - D’abord le réengagement financier de l’Etat.

C’est justifié par la place particulière et stratégique qu’occupe l’Ile-de-France (région-capitale qui produit 29% du PIB du pays, mais ne reçoit que 23% du revenu disponible).

 - Ensuite la mise à contribution de bénéficiaires réels des transports.

En premier lieu les entreprises, dont le versement transport doit être augmenté bien au-delà des timides mesures décidées, tout en modulant son mode de calcul de façon à pénaliser les profits financiers et à favoriser l’emploi. En second lieu les grandes surfaces commerciales, les sociétés immobilières, les compagnies d’assurance auto qui tirent toutes avantage de l’existence des réseaux de transport collectif.

 - Enfin par la mise en place à l’échelle régionale d’une politique de crédit sélectif et de bonification d’intérêts, en articulation avec le secteur public bancaire.


A l’heure où l’on semble converger vers un plan de développement des transports et au moment où s’engagent avec le STIF les négociations sur le futur contrat qui entrera en vigueur au 1er janvier 2012, les communistes de la RATP en lien avec leurs élus régionaux seront particulièrement attentifs à ce que le débat sur le financement ne serve pas de prétexte pour aggraver des choix politiques qui tournent le dos aux vraies solutions d’avenir.

 

Parti Communiste Français – Section RATP – www.section-ratp.pcf.fr

Paris, le 26 janvier 2011

Publié dans Région IDF

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