Adieu Mano Solo

Adieu Mano Solo (+ videos)
dimanche 10 janvier 2010 (17h29)
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Par Sophie Delassein

Sale début d’année, triste hiver 2010. Après l’incomparable Lhasa, nous apprenons ce matin même la disparition de l’indomptable Mano Solo, des suites de plusieurs anévrismes. Il avait 46 ans.

Pour ceux, très rares, qui ne le connaissaient pas, Mano Solo, était le fils du dessinateur Cabu, et d’Isabelle Monin, une militante écologiste (créatrice de la revue « La gueule ouverte ») ; elle a elle-même annoncé la nouvelle ce dimanche, sur le forum de Manosolo.net :

« Il ne viendra plus.
Il ne viendra plus nous invectiver.
Il ne viendra plus nous encourager.
Il ne viendra plus nous donner tout ce qu’il avait : son talent, sa force, son élan, sa générosité.
Il ne viendra plus le raoul, l’incomparable Mano Solo.
Il ne me dira plus "Isabelle je t’aime"... Mon petit Mano. »

Né en 1963 à Châlons-sur-Marne, ce garçon élevé dans un milieu très politisé, vire mauvais garçon à l’adolescence, entre drogue et délinquance. Il est déscolarisé dès l’âge de 15 ans. A 17 ans, il intègre en tant que guitariste les Chihuahuas, un groupe tendance punk-rock. Au cours des années 80, il peint beaucoup, signant ses toiles Boredom en hommage aux Sex Pistols. On le retrouve à New York où ses œuvres sont exposées, puis assistant décorateur pour le cinéma, ou signant des dessins dans «les Nouvelles Littéraires». Il monte aussi un fanzine, « la Marmaille Nue », qui existera trois ans.

En 1993, il est révélé en tant qu’auteur compositeur avec l’album « La Marmaille nue ». Sa musique ? On parle de rock alternatif mêlé au musette. La violence est partout présente dans ces chansons qui font grand bruit. Un artiste à part est né. Il a 30 ans, il est atteint du SIDA. Il ne le cachera pas. Plus tard, il regrettera d’en avoir fait état, pour la simple raison que sa maladie prend le pas sur sa musique. Mano Solo devient un emblème :

« J’ai deux nouvelles, une bonne et une mauvaise. La bonne, c’est que je ne suis plus séropositif. La mauvaise, c’est que j’ai le sida !»

En mars 2008, il avait débuté l’écriture de l’album «Rentrer au port» (Wagram) qui allait sortir en septembre. C’était un disque remarquable, mélange de tendresse et de colère. A l’image de son défunt auteur. Son dernier grand concert fut un soir d’octobre à l’Olympia. Il disait :

«J’ai tellement parlé de la mort, que j’ai cru la noyer, la submerger de ma vie, l’emmerder tant et tellement, qu’elle abandonne l’idée même de m’emmener avec elle.»

Le témoignage de Mano Solo sur sa maladie (entretien)

Toutes les Paroles, paroles

http://bibliobs.nouvelobs.com/blog/chanson/20100110/16917/adieu-mano-solo


Le chanteur Mano Solo succombe à plusieurs anévrismes (+ vidéos)

Le chanteur français Mano Solo est décédé à Paris à l’âge de 46 ans des suites de plusieurs anévrismes. Il avait remporté trois disques d’or.

Mano Solo avait été hospitalisé après son dernier concert à l’Olympia à Paris, le 12 novembre dernier. "Il a lutté courageusement pendant deux mois et jusqu’au bout contre plusieurs anévrismes", a indiqué sa famille.

Auteur, compositeur et chanteur, Mano Solo a signé de nombreux albums teintés de rythmes africains, d’airs de tangos et de rengaines de faubourgs parisiens, aux paroles poétiques évoquant les problèmes contemporains.

Mano Solo avait notamment chanté sur le sida, dont il était atteint. Il était depuis de nombreuses années sous trithérapie.

http://www.romandie.com/infos/ats/display.asp?page=20100110172042930172019048000_brf034.xml


De : Sophie Delassein + romandie news
dimanche 10 janvier 2010