Inégalités hommes-femmes : combien de temps encore ?

Publié le par jack palmer

L’absence d’avancées récentes dans la réduction des inégalités professionnelles entre hommes et femmes domine cette année la Journée internationale des femmes du 8 mars. Dans l’Humanité samedi, reportage au Planning familial de Saint-Denis, toujours menacé de crédits coupés. Manifestations samedi, pour la défense des droits.

La crise et la politique gouvernementale se sont invitées cette année à l’occasion de la journée internationale des femmes. Les inégalités faites aux femmes se creusent dans beaucoup de domaine. A l’appel d’un large collectif de partis et d’associations des manifestations auront lieu, samedi, à Paris et en province, pour défendre leurs droits.

"Nos droits sont fragiles, ils veulent les remettre en question", proclame le Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), qui appelle à manifester samedi à 14 heures place de la Bourse (2ème), symboliquement près du siège du Planning familial, qui affirme être toujours menacé de restrictions de crédits, malgré les assurances gouvernementales.

Pour le CNDF, "l’année 2009 risque de voir les inégalités accentuées par la crise économique, dont les femmes pourraient être particulièrement victimes", alors que le chômage des femmes est déjà plus élevé que celui des hommes (9,6% contre 8,1%).

Selon un rapport du bureau international du travail (BIT) rendu public jeudi, les femmes devraient davantage souffrir du chômage que les hommes en 2009.

Certes, au stade actuel, selon deux économistes de l’OFCE (centre de recherche en économie de Sciences Po) Françoise Milewski et Hélène Périvier, "le flot récent des demandeurs d’emploi est surtout constitué d’hommes, car les destructions d’emplois sont concentrés dans les secteurs industriels".

Mais les femmes, davantage présentes dans le temps partiel et les contrats précaires, risquent de souffrir plus que les hommes de réductions d’horaires, donc de réductions de salaires, et d’une aggravation de la précarité, poursuivent-elles dans un texte publié jeudi.

Le travail saisonnier se féminise "en raison du chômage des femmes qui ne faiblit pas et de l’explosion du nombre de femmes seules peu qualifiées", souligne la CGT.

En outre, craignent les deux économistes, "la crise risque de reléguer au dernier plan" la question de l’égalité professionnelle.

L’annonce mercredi par le ministre du Travail Brice Hortefeux qu’une "mission" suivie d’une concertation allait traiter de l’égalité salariale, promise maintes fois pour 2010, fait craindre à beaucoup que la loi sur les sanctions financières aux entreprises récalcitrantes ne voit pas le jour.

"Il ne faut pas être naïf, cela veut dire qu’il n’y a pas de volonté politique, pour des sanctions, il faut une loi", confirme Marie-Jo Zimmermann, députée UMP, dont la proposition de loi sur la place des femmes dans les instances dirigeantes des entreprises a été jugée jeudi par le ministre du Travail "trop en avance".

"Cela fait quarante ans que les féministes se battent, dit-elle, on connaît la situation, on n’a pas besoin d’une mission".

Même le mouvement patronal Ethic s’est indigné mercredi du recul de la parité… au sein des entreprises du CAC 40, l’Oréal étant la seule société présentant un taux de mixité supérieur de 15% à tous les échelons.

La situation s’aggrave même puisque, selon une étude de l’agence Capitalcom, la part des femmes dans l’effectif global des dirigeants du CAC 40 a baissé de 3,3 points sur un an.

Les féministes ont d’autres sujets de mécontentement. Elles attendent du gouvernement qu’il s’engage plus avant dans la lutte contre les violences faites aux femmes, demandant une loi-cadre comme en Espagne.

Elles appellent à la vigilance sur l’application du droit à l’avortement, à l’information sexuelle, et attendent des modes de garde à la hauteur des besoins des familles, protestant contre l’abandon de la promesse de campagne de "droit opposable" à la garde d’enfant.

8 Mars, journée du droit des femmes.

Publié dans Société Politique

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