Le Congrès du PS ?

Publié le par jack palmer


La victoire du Front populaire en 1936. De gauche à droite : Mme Blum, Léon Blum (SFIO), Maurice Thorez (PCF), Roger Salengro (SFIO, Ministre de l’Intérieur). Au deuxième rang, derrière Blum et Thorez, (roulant une cigarette), c’est Edouard Dalladier (parti radical, Ministre de la Défense).

Mais avant cet article, entre le front Populaire et aujourd'hui, fin 1980; "remenber"

de La Louve

Je suis étonnée qu’on puisse être encore surpris par ce qui se passe au PS.

Pour qui connaît un peu les coulisses de ce parti, la vie politique française, pourtant, ce n’est pas une nouveauté, encore moins une surprise.

Les "bébés Mitterrand" sont devenus comme les petits qui doivent manger leur mère pour survivre.

C’est une pétaudière, oui et alors?

On parle de "devoir donner une image digne" par ci, de "devoir protéger l’image de ce parti face aux Français" par là....

Comme si nous, "Françaises, Français" comme on dit, nous ne savions pas depuis un certain temps que tout cela, la manière dont cette caste fait ce qu’elle croit être de la politique, comme si on ne savait pas que ce n’était que lutte féroce pour les places, les pires coups bas, les plus grosses saloperies...

Comme si on n’avait pas compris et depuis longtemps, ce qu’ils appellent, eux, "la politique" !

Pour un peu, on aurait pu oublier que, le 17 novembre 1936, un homme, abattu par la calomnie ("la politique", déjà), salit et harcelé par la presse fasciste "Gringoire", se donnait la mort, à Lille, en plein dans le fief de Mme Aubry, qui, justement, toute occupée à bétonner son élection à la tête du PS, n’a pas eu un mot ni une pensée cette année pour son illustre prédécesseur, Roger Salengro.

Pourtant, quel symbole, Roger Salengro...

On chercherait en vain un mot à la mémoire du militant, de l’homme, sur le site de la Fédération PS du Nord...Rien.

Une évocation dans tout ce Congrès? Non, c’est dépassé sans doute.

Il leur semble loin à eux, tous ces privilégiés, le temps des Ligues fascistes, le temps des pouvoirs, petits et grands, qui, pour le Capital, et les bourgeois, étaient prêts à tout, y compris à vendre, bientôt, après le Front populaire, la France aux Allemands du IIIè Reich.

Ça leur semble loin tout cela... "plutôt Hitler que le Front populaire"... Et pourtant...

Et on fait pourtant comme si ce qui se passait au PS allait radicalement changer notre vie. Bien sur, les médias serviles assurent une couverture maximale à cet évènement sans toutefois en livrer la bonne analyse.

Au PS, on n’hésite pas à nous ressortir tous les slogans les plus éculés de feu "la gauche", ce fantôme qui n’en finit pas de mourir.

Pourtant on le sait, tous ces barons qui aujourd’hui n’ont plus que le mot "socialisme" à la bouche, qui s’en gobergent à s’en faire vomir, ont tous signé pour l’Europe de Maastricht, pour le système capitaliste, pour l’économie de marché, ils l’ont signé et ils ont même renouvelé récemment leurs vœux, en les inscrivant dans leurs actes fondamentaux, principes et statuts.

Tous ces gens, ils nous ont toutes et tous plus d’une fois poignardés dans le dos même, en prétendant nous passer la pommade. Tous, parfois même aidés par des membres du PCF, ils ont à partir de 1997, achevé d’ouvrir la voie à la privatisation de tout ce que notre pays comptait comme services publics vitaux et fondamentaux..."sur ordre de l’Europe".

Lang qui se permet de faire la leçon à Royal sur le "cas Frêche", Delanoe qui traite publiquement Aubry de ringarde, de "salope" (sic, le Canard Enchaîné cette semaine) mais rappelle Royal à la raison, Royal qui à 55 ans, a toujours son air de jeune communiante qui vient de prendre sa première carte au PS, qui donne des leçons de démocratie mais qui fait d’un homme qui n’ose même plus se présenter devant le suffrage universel tant il a perdu, Peillon, un de ses premiers lieutenants...et j’en passe, la liste est trop longue.

Dans la mesure où moi, j’ai avalé l’amère pilule qu’était le PS en y ayant pris ma part quelques années, puis en l’ayant quitté en parfaite connaissance de cause, je peux en rire aujourd’hui. Je sais que je ne suis pas la seule et que nombre de mes camarades, plus discrets, n’en pensent pas moins.

Mais évidemment, je comprends que ça ne fasse pas rire tout le monde.

Ahhh sans le PS on n’aura plus d’opposition, ahhhh sans le PS la Frrraaaannnccceee est aux mains de Sarkozy pour des siècles et de siècles, le "peuple " (nous) va "souffrir" (sans blague?) , ahhhh sans le PS qu’allons nous devenir Mesdames Messieurs je vous le demande?

Le seul qui m’a vraiment émue dans cette histoire (assez triste il est vrai, mais toutes les bonnes choses n’ont elles pas une fin?), c’est l’acteur Pierre Arditti, parce qu’il avait l’air sincère, ça avait l’air de lui faire vraiment de la peine tout ça (comme, je le pense, à de très nombreux militants de la base, et surtout aux anciens, ceux qui furent des artisans de la victoire de "Tonton" en 1981).

Mais enfin soyons sérieux 5 minutes.

Cela fait au moins 6 ans, depuis le 21 avril 2002 en tout cas, que le PS a achevé de nous démontrer que, pour toutes sortes de raison, dont la moindre n’est pas idéologique, est totalement incapable d’apporter encore quoi que ce soit "au peuple", "aux travailleurs" encore moins.

Alors qui tout cela peut il étonner?

J’étais à Versailles le 4 février 2008 avec de nombreux camarades, citoyens, et je ne suis pas prête d’oublier la forfaiture que le PS nous a concoctée ce jour là (entre autre) pour faire passer "le Traité de Lisbonne", au mépris de la souveraineté populaire.

Franchement, qui de Royal ou Aubry ou du Pape (pourquoi pas tiens?) deviendra premier secrétaire après Hollande, ce n’est pas une question fondamentale pour les habitants de la france aujourd’hui.

Le tsunami social et économique dont nous ne voyons pour l’instant que les prémisses, la Krise du capitalisme, la montée du fascisme en Europe (et en France), je pèse mes mots, tout cela , le PS sera incapable de nous en protéger, incapable de l’expliquer ; Sarkozy, on sait bien que le PS ne veut rien y faire avant 2012.

Face à la force aveugle du pouvoir bourgeois pour protéger ses intérêts, face à la dévastation brutale que la crise nous impose, le PS ne peut rien.

Est ce une nouvelle? Non. Un peu d’histoire, un peu de mémoire.

Le PS, la SFIO avant lui, en grande majorité, ne font plus rien pour le peuple contre la barbarie du capitalisme, et ce depuis longtemps.

Non seulement ils ne font plus rien, mais encore ils lui ont ouvert et continuent de lui ouvrir la voie.

La différence entre Royal et Aubry, c’est l’intelligence du moment. Royal a pigé le "désir d’avenir". Sa "démocratie participative", c’est, en quelque sorte, notre désir de révolution à nous, communistes, à sa sauce démocrate chrétienne.

Aubry, ça elle ne l’a pas vu, elle ne peut pas le voir c’est une héritière dans toute sa splendeur, la fille de M. Jacques Delors. Apparatchik dès le berceau. En cela il y a bien une "gazelle" et une "éléphante".

Mais sur le fond, aucune différence.

Restent, dans ce paysage politique, hors du PS, beaucoup de gens qui, quoi que voulant bien faire, pour certains, n’osent pas inventer, n’osent pas apporter de nouvelles paroles, sont englués, toujours dans "la gauche".

Même O. Besancenot, ô surprise, semble sombrer peu à peu dans cette mélasse idéologique et enfourcher ce mauvais cheval de bataille qu’est "la gauche".

Tous ces gens qui croient que nous allons les attendre ; attendre qu’ils et elles se soient "mis d’accord" - mais mis d’accord sur quoi? - pour nous défendre contre les coups de nos ennemis de classe.

Des gens qui croient que nous allons attendre qu’ils aient vidé leurs différends, leurs querelles de famille, pour nous révolter contre l’oppression qui est en train de s’abattre sur nous, dans les entreprises, dans les rues, dans les écoles, dans les journaux..

Ce soir, je regarde tous ces gens là, du PS ou d’ailleurs, qui prétendent incarner le socialisme, cet espoir si fou, si jeune, si plein de vie, cet espoir brûlant, et je les vois eux, couverts de poussière, crispés dans des attitudes archaïques, les visages pétrifiés par le passé, leurs corps déformés par les appétits de pouvoir, un pouvoir qui, le plus souvent, ne s’exerce pas pour nous, mais pour eux et les intérêts qu’ils défendent vraiment, voire, qui souvent, se retourne volontiers contre nous, alors que nous en sommes la source originelle...

Démocratie prolétarienne et souveraineté populaire : pour cela, nous n’avons besoin ni du PS, ni des élections Européennes, ni même peut être désormais, du PCF (vu son état qui ne semble guère plus brillant) ou de tout autre.

Nous avons besoin de nous, besoin de croire en nous, nous les travailleurs, employés ou non, nous les étudiants, nous les habitants de ce pays, Français ou étrangers, avec ou sans papiers, jeunes ou vieux nous tous ensemble.

Je ne suis pas certaine que nous ayons "besoin de parti" (bon, un vrai parti des communistes serait pas mal, enfin, le cas échéant, il ne va y avoir qu’à se baisser pour ramasser, des partis à la pelle) - en revanche je suis bien certaine que nous avons besoin de nous organiser, de nous donner quelques principes communs, communs à ceux qui sont "dedans" et à ceux qui sont "dehors", et je suis bien certaine aussi que nous devons, plus que jamais, prendre notre part, même modeste pour restaurer ce que nous savons, nous, être la VRAIE Politique.

Nous avons donc besoin de solidarité, de notre volonté, de notre courage et d’un projet politique unificateur.

N’ayons pas peur, le monde ancien finit maintenant d’être balayé et c’est la promesse d’un monde nouveau qui s’avance.


lundi 24 novembre 2008



Publié dans Société Politique

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