(15/11)-Des salariés sans papiers occupent Derichebourg à Boissy
Victoire syndicale chez Derichebourg
(source : Le Parisien) le novembre 15, 2008
Voir aussi, le communiqué de la CGT:
La régularisation des travailleurs sans papiers "avance" et la crise bancaire a peu d'impact car les entreprises ont besoin d'eux, sur un "segment bien particulier" du marché du travail, ont estimé lundi les responsables CGT engagés dans des grèves pour cette régularisation.
"Les choses avancent parce que deux mille sans-papiers ont fait grève" et qu'il est "interdit en France de licencier un salarié en grève", a déclaré lundi à l'AFP Raymond Chauveau, coordinateur CGT des travailleurs sans papiers.
M. Chauveau s'exprimait en marge d'une conférence de presse, sept mois après le début de grèves lancées dans des entreprises franciliennes par la CGT et l'association Droits Devant, pour obtenir la régularisation de salariés sans papiers.
"Quand il y a grève, il y a contrat de travail de fait", a indiqué M. Chauveau. "Il y a encore 200 grévistes et une quinzaine de piquets de grève, mais nous souhaitons un apaisement et une banalisation de ces procédures de régularisation. On en prend le chemin", a ajouté la même source.
La CGT a confirmé lundi que "plus de 1.000" travailleurs sans papiers ont été régularisés depuis le début du mouvement le 15 avril.
La CGT annonçait 200 régularisations en mai et 600 en juillet tandis que le ministre de l'Immigration Brice Hortefeux avait évoqué en septembre "près de 800" travailleurs" régularisés. La CGT a précisé lundi avoir déposé 3.500 dossiers contre un millier en mai.
Chaque préfecture de France a reçu un "télégramme" indiquant les consignes à suivre lorsqu'elles sont saisies d'une demande de régularisation, a indiqué M. Chauveau.
BOISSY-SAINT-LÉGER
Sortie de crise chez Derichebourg
« C’EST une victoire syndicale ! » Un protocole de sortie de crise a été signé, hier matin, à Boissy-Saint-Léger, par la direction de la société Derichebourg, le syndicat CGT et les travailleurs sans papiers. Seize d’entre eux occupaient l’entreprise depuis lundi pour demander leur régularisation. Depuis le mois de mai, 40 salariés avaient été licenciés ou suspendus, selon la CGT, avec la promesse d’être repris lorsque la situation serait clarifiée. Le bras de fer qui s’était engagé a vraisemblablement payé : « Les grévistes ont obtenu la promesse d’un contrat à durée indéterminée pour tout le monde, y compris les intérimaires, explique Charaf Laarej, responsable des travailleurs sans papiers à l’Union locale CGT de Boissy-Bonneuil-Sucy, ainsi qu’une avance sur salaire dès qu’ils seront régularisés. »
Une assistante sociale a été dépêchée sur place pour les suivre dans leurs démarches. Le représentant syndical a un regret : « Il n’y aura pas de médiation globale avec la préfecture, explique-t-il. C’est dommage, car cela nous aurait permis de négocier une régularisation globale. » Contactée, la direction n’a pas donné suite à notre appel.