Six cents personnes mobilisées pour Mondor
CRETEIL, HIER. Lors de la manifestation, les hospitaliers de Mondor ont été rejoints par de nombreux confrères. Une délégation a déposé la pétition et ses 11600 signatures à la préfecture. | (LP/A.V.)
La mobilisation ne faiblit pas. En pleines vacances scolaires, 600 personnes environ ont battu le pavé hier à Créteil pour défendre le centre hospitalier Henri-Mondor. L’établissement de renom est menacé par la fermeture de son service de chirurgie cardiaque, programmée dans le cadre de la réorganisation de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), à la demande de l’agence régionale de santé (ARS).
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« On ne laissera pas notre hôpital se faire attaquer de cette manière », clame Jean-Marc Devauchelle, secrétaire adjoint de SUD. Pour l’heure, tous les courriers ou demandes d’entretien auprès des autorités sanitaires sont restés sans réponse. « Ils se renvoient tous la balle », déplore Christophe Pin, de la CGT. Mais pour tous les syndicats et hospitaliers, Mondor est aujourd’hui le « symbole » de la bagarre à mener pour maintenir un service public de santé au sens large.
Dans le cortège, les hospitaliers de Mondor ont été rejoints par de nombreux confrères de Chenevier à Créteil et Emile-Roux à Limeil, également menacés, mais aussi du Centre hospitalier intercommunal de Créteil, ou des hôpitaux de la région parisienne de Cochin, Béclère, Lariboisière, Trousseau, Saint-Antoine… D’anciennes blouses blanches s’étaient aussi mobilisées. « Il faut conserver cet hôpital qui fait de belles choses », martèle cette ancienne cadre. Les usagers aussi étaient encore plus nombreux. « Si Mondor ferme, il faudra aller jusqu’à Paris, calcule Daniel, 73 ans, un ancien patient. Pour ceux qui viennent de Seine-et-Marne, ça fait loin. Et tout le monde ne peut pas aller dans le privé. »
Ils réclament un rendez-vous avec le minstre de la Santé
Loin devant, en tête de la manifestation, les drapeaux des syndicalistes flottaient aux côtés des écharpes tricolores. Christian Favier, président PC du conseil général et Laurent Cathala, député-maire PS de Créteil, qui ont sollicité le ministre, le directeur de l’ARS… ont rappelé « l’incohérence » de cette décision où « la banlieue se retrouve sacrifiée au profit de Paris ». La sénatrice PC, Odette Terrade, doit saisir en séance la secrétaire d’Etat chargée de la Santé. Plus atypique, le député-maire UMP de Maisons-Alfort un peu seul, noyé dans la masse d’élus de gauche, a également défilé. Mobilisé depuis l’été dernier, Michel Herbillon a saisi, lui aussi, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand. « Il m’a assuré qu’il allait étudier cette affaire », assure le parlementaire. C’est d’ailleurs directement le ministre que cherchent à rencontrer les défenseurs de Mondor. Les manifestants ont terminé leur manifestation devant la préfecture.
Une délégation a remis au représentant de l’Etat les 11600 signatures récoltées par la pétition et demandé qu’il intervienne pour obtenir un rendez-vous avec le ministre de la Santé. Sans réponse de sa part, les défenseurs de Mondor ont d’ores et déjà prévu de s’inviter devant ses fenêtres le 10 mars.
AGNÈS VIVES | Publié le 23.02.2011, 07h00
10/02/2011
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