La France a peur tous les soir à 20 H 01

« La France a peur. Je crois qu’on peut le dire aussi nettement... » C’est ainsi que Roger Gicquel ouvrait le JT de 20h sur TF1, le 18 février 1976.
Depuis, plus de deux décennies se sont écoulées, et le thème de la sécurité (dans tous les domaines) connaît une inflation sans précédent....depuis « mister BLING », c’est devenu « LE PROBLEME » du siècle.
"seule une crise peut obtenir des masses que des notions politiquement impossibles a admettre deviennent politiquement inévitables"...
Les JT qui montent en épingle chaque fait divers, les journaux qui en font leurs « choux gras »…les émissions racoleuses « Faites entrer l’accusé», « Au coeur du crime », « Coupable, non coupable » etc, etc...avec des exemples télévisés choisis et un vocabulaire « approprié » (banlieue/immigration, guérilla urbaine, casseurs/ultra gauche et concept « d'ennemi intérieur »...).
L’objet de ce tapage est de diviser la population, pousser à l'individualisme et au repli identitaire dans un cadre de régression des libertés.
Depuis « Vigiepirate » il y a 30 ans, ces sujets se multiplient au même rythme que le durcissement des lois : allongement de la garde à vue, nouvelles mesures contre la récidive, caméras de surveillance, multiplication des fichages, couvre feu et castration chimique bientôt ? sans parler de la répression routière...Si avec ça la France n’a pas peur, c’est à ne rien y comprendre.
Peu à peu nous sommes passé de la notion de "gardien de la paix" à celle de "forces de l'ordre"...
Ces prétendues menaces sont exploitées à chaque occasion…délinquance et terrorisme bien sûr, mais aussi « sécurité routière », « réchauffement de la planète », « grippe A » participent aussi de cette mise sous influence.
C'est toujours au nom du « droit des citoyens à la sécurité », (sauf sociale ou à une vie descente) que les libertés individuelles et collectives sont attaquées et remises en cause...plus que de rassurer « la ménagère » et « le bon peuple », le but est au contraire d'entretenir l’inquiétude et un stress permanents pour tout et n’importe quoi, pour réveiller les plus bas réflexes (crainte de l’autre, racisme, nationalisme, repli sur soit etc)…en laissant en paix la "grande délinquance" qui en général bénéficie de non lieu.

Avec l'écologie et l'avenir de la planète comme « nouvelle religion », on peut s'attendre au pire dans le genre "fin du monde" !
Par Frico le mercredi 2 décembre 2009, 14:18 - Politique Actualité Médias
« MADAME, MONSIEUR merci à vous ! |
Voir Mon article : L'état des droits de l'homme en France
Voir également sur le sujet :
-« journal d’un flic » de Philippe Pichon gardien de la paix. Dans une tribune libre co-signée avec Maître William Bourdon il dénonce, « de l’Intérieur », les travers du fichage policier et souligne…« Il fut un temps où on parlait de « gardien de la paix . Je ne sais de quand date la bascule, mais on ne parle quasiment plus, aujourd’hui, que de « forces de l’ordre ». « Les premiers nous protégeaient et incarnaient une certaine idée de la République, les seconds, poussés par des va-t-en-guerre, font peur et sont évalués au nombre de personnes qu’ils mettent en garde à vue »…

-« L’insécurité » a une histoire sociale. Et, c’est sur cette généalogie que revient Laurent Bonelli, chercheur, et auteur de « La France a peur » -« la stratégie du choc » de Naomi Klein...journaliste Canadienne, elle démontre dans son ouvrage, , comment le capitalisme utilise ou fabrique des crises, (y compris la guerre) pour imposer sa vision de l’économie « libérale ». Elle montre comment le démagogue Sarkozy (admirateur de Tatcher et Busch), adapte les mêmes recettes à la France...
Elle montre que des événement comme l’ouragan Katrina, la guerre des Malouines, le 11 septembre ou l’état de guerre « permanent et entretenu actuel » sont des « remèdes » permettant au système de rebondir « en reprenant la main ».
Citant "l’école de Chicago" et analysant des cas concrets de dictatures sud américaines, (Pinochet), ou la « privatisation de l’Irak », elle cite Friedman lui même qui définit « le remède que propose le capitalisme » et que la journaliste conceptualise comme « la stratégie du choc », qui postule que :
« seule une crise peut obtenir des masses que des notions politiquement impossibles a admettre deviennent politiquement inévitables »...