Intervention de Christian FAVIER
Chers amis, chers camarades,
Merci d’abord à toutes et à tous d’être venus nombreux ce soir à cette soirée
du Front de Gauche.
Merci à Alain Audoubert de nous accueillir ici au théâtre Jean Vilar, lieu majeur
de la vie culturelle en Val-de-Marne.
Presque un mois s’est écoulé depuis le premier tour des élections régionales,
cela nous permet de disposer d’un recul suffisant pour procéder à une analyse
de ce scrutin.
Pour ma part, je veux souligner tout d’abord une satisfaction globale des
résultats que nous avons obtenus en Val-de-Marne avec la liste du Front de
gauche.
Satisfaction d’abord, car avec 34.112 voix et 10,78% la liste du Front de
Gauche améliore le résultat obtenu en 2004 et celui réalisé aux dernières
élections européennes de 2009.
Ce bon résultat, je veux le souligner, est avant tout à mettre au crédit de la
mobilisation des 25 candidates et candidats, jeunes, militants politiques issus
du PCF ou du parti de gauche, syndicalistes, militants associatifs, élus locaux
qui, à mes côtés en Val-de-Marne, ont mené une très belle campagne en
incarnant une nouvelle façon de concevoir la politique, proche de nos
concitoyens, à l’ écoute de leurs attentes, à leur image.
Je veux ce soir les remercier chaleureusement toutes et tous.
Ce bon résultat, je veux également le partager avec toutes celles et tous ceux,
amis, militants, élus qui n’ont ménagé ni leur temps, ni leur investissement
personnel pour contribuer de manière décisive à la très belle campagne de
terrain que nous avons menée pendant les deux mois ½ qui ont précédé le
scrutin.
Merci à vous tous d’avoir fait vivre cette campagne et d’y avoir fait résonner
des valeurs de justice sociale, de solidarité, d’humanité, de rejet total de la
droite et de ses projets.
Bien sûr les résultats auraient pu encore être meilleurs, passer de positifs à très
positifs ou de bons à excellents !
Il aurait fallu pour cela dépasser certains calculs internes à nos partis politiques
pour faire jouer pleinement le collectif, la démarche de rassemblement.
A cet égard, je regrette aussi que, pour des raisons qui touchent plus à la
préservation des appareils politiques qu’à l’intérêt général, la liste du Front de
Gauche en Val-de-Marne ne soit pas suffisamment représentée à la Région. En
tout cas, bien en deçà de sa représentativité réelle.
C’est dommage mais cela montre aussi que nous ne sommes pas au bout de la
démarche engagée avec le Front de Gauche.
Et ce soir, en votre nom à tous permettez moi de féliciter Laurence Cohen et
Sylvie Altman pour leur réélection au Conseil régional.
Je veux également remercier nos amis Alain Girard et Malika Zediri qui ont
exercé jusqu’à mars dernier le mandat de conseiller régional pour notre
département et ont contribué au sein du groupe Communiste, alternative
citoyenne et du parti de gauche aux avancées obtenues pour nos concitoyens.
Des avancées, des droits nouveaux, il va nous falloir maintenant continuer de
nous mobiliser pour en conquérir.
En effet, au-delà du bon résultat que je viens d’évoquer, je suis convaincu qu’il
va nous falloir rester unis et rassemblés pour résister aux mauvais coups que
Sarkozy et la droite au pouvoir ont décidé de mettre en oeuvre, je pense
notamment à la réforme des retraites, à celle des collectivités locales, aux
suppressions de postes dans l’éducation et dans les hôpitaux.
Car chacun peut aujourd’hui le constater, malgré la sanction très sévère que
nos concitoyens viennent d’infliger à la droite, celle-ci a bien décidé de rester
droit dans ses bottes et de mener au bout, coûte que coûte, ses dangereuses
réformes…
Car franchement, sauf à considérer que la méthode Coué tient désormais lieu
de méthode de gouvernement, il faut que Sarkozy et son gouvernement soient
particulièrement sourds pour prétendre avoir entendu lors des régionales, nos
concitoyens réclamer la poursuite de ces politiques injustes et souhaiter
l’accélération des mauvais coups…
C’est le monde à l’envers et le summum de la mauvaise foi ! Mais c’est
pourtant le discours qu’ils tiennent !
Pour minimiser sa défaite, le gouvernement a également évoqué l’abstention.
En gros, les électeurs qui n’ont pas été voté auraient voulu dire au Président de
la République : « continuez comme cela, voire, rajoutez un coup de barre
encore plus à droite ! »
Enfin qui peut sérieusement croire cela ?
Oui l’abstention est inquiétante, elle révèle la détresse de nombreux citoyens,
elle révèle également le sentiment d’impuissance, d’abandon et une forme de
rejet de la politique.
L’abstention a été très forte dans les quartiers populaires, elle a souvent
dépassé les 3 électeurs sur quatre.
C’est un signe qui doit d’abord interpeller le pouvoir, mais je viens de l’évoquer,
visiblement le pouvoir n’a pas décidé d’entendre quoi que ce soit.
L’abstention est également un signe auquel les hommes et les femmes qui
veulent changer la société ne peuvent rester insensibles.
Il y a en effet, dans l’abstention populaire, un doute sur la possibilité de faire
autrement, sur l’utilité de la démocratie pour changer les choses…
Or, c’est justement ce que la droite cherche. Elle veut démobiliser, isoler celles
et ceux qui sont les plus victimes de sa politique.
Il y a là un terrain politique, humain, à reconquérir, des dialogues, des
rencontres à initier, des liens à renouer… et surtout des actes concrets à
produire, une considération et une attention permanente à développer en
direction de tous ceux que les politiques de la droite, en cette période de crise,
tendent à exclure encore plus.
En même temps, c’est dans les quartiers populaires que la droite a le plus été
rejetée. C’est aussi dans ces quartiers que le Front de Gauche a réalisé ses
meilleurs résultats.
A nous tous donc de contribuer à redonner sens au débat public, à tous les
niveaux et tout particulièrement là où les inégalités sociales sont les plus
criantes.
Mais pas question de donner corps au mensonge selon lequel celles et ceux qui
n’auraient pas été voter auraient voulu marquer leur attachement aux réformes
et leur attente d’une politique encore plus à droite …
Pour ma part, tout au long de cette campagne, je n’ai pas rencontré un seul
électeur, qui m’ait interpellé en souhaitant que l’on maintienne le bouclier
fiscal.
J’ai plutôt entendu parler de bouclier social, d’une soif de justice, du ras le bol
des inégalités…
Je n’ai donc entendu personne réclamer que l’on continue à demander toujours
plus d’efforts aux plus modestes pour financer les cadeaux fiscaux offerts aux
plus riches.
Je n’ai entendu personne estimer qu’il fallait désormais travailler jusqu’à 65 ans
voire plus pour toucher une retraite en diminution.
Je n’ai pas entendu un val-de-marnais me dire qu’il fallait continuer de réduire
les services publics, de supprimer des postes d’enseignants, d’infirmières, de
policiers, de cheminots…
Je n’ai pas non plus entendu nos concitoyens souhaiter la disparition des
collectivités locales, leur asphyxie financière, comme veut le faire le pouvoir
avec le Grand Paris ou la réforme des collectivités locales.
Non, à aucun moment nous n’avons entendu les val-de-marnais demander plus
d’injustices ou plus de droite.
C’est même l’exact contraire que nous avons entendu lors de cette campagne,
une très vive exaspération vis à vis de la droite et une très forte attente à
gauche, bien à gauche !
D’ailleurs les chiffres ne peuvent mentir. Dans notre département, comme en
Ile-de-France ou au plan national ils sont sans appel. La droite a enregistré le
21 mars son plus mauvais résultat à des élections régionales !
Moins de 39 % en Val-de-Marne, 43 % en Ile-de-France et 35 % au niveau
national…
Voilà la vérité ! Aux élections régionales, la droite a subi une défaite sans
appel !
Nos concitoyens n’en peuvent plus des mensonges, des réformes injustes qui
ne profitent qu’aux puissants, aux grandes entreprises et aux grandes fortunes.
Ils n’en peuvent plus des petites combines politiciennes à mille lieues de leurs
préoccupations comme ce remaniement au lendemain des régionales qui ne
change absolument rien à la vie des français.
Ils n’en peuvent plus de cette « politique people », qui ressemble plus à un
mauvais feuilleton qu’à l’exercice des responsabilités au service de l’intérêt
général.
Non, si très majoritairement nos concitoyens ont voté pour les listes de gauche
c’est qu’ils attendent une toute autre politique, juste, humaine, généreuse,
solidaire, en rupture avec le libéralisme, et ce, à l’échelle locale comme à
l’échelle nationale.
Je crois donc qu’une part importante de la dynamique que nous avons
commencé à enclencher avec la démarche du Front de Gauche, s’est nourri de
l’aspiration au changement et à contribuer à la renforcer.
Nous n’avons cessé de le dire lors de la campagne, avec nous pas de
compromis avec la droite, pas question non plus de transiger sur les attentes et
les besoins de nos concitoyens en matière d’emploi, de transport, de logement,
d’environnement…
La démarche du Front de Gauche, c’est une nouvelle façon de concevoir la
politique, en prise directe avec la vie des populations, c’est aussi un nouvel
espoir pour changer vraiment, pour faire prévaloir des choix en rupture avec le
capitalisme, des choix justes, solidaires et humains.
De vrais choix de gauche en fait !
Je me félicite ainsi, que certaines des propositions que nous avons avancées
lors de la campagne, je pense au tarif unique pour le pass de transport Navigo,
aient commencé à être prises en compte par Jean-Paul Huchon.
Bien sûr, il nous faudra continuer de nous mobiliser mais la dynamique est là, à
nous de la démultiplier.
Cette dynamique du Front de Gauche constitue un bel enseignement pour
l’avenir.
Car au moment où le gouvernement accélère ses réformes dangereuses,
s’attaque à l’Hôpital, aux retraites, aux collectivités locales, nous avons plus
que jamais besoin de nous rassembler pour riposter à ces mauvais coups.
Nous avons besoin de nous rassembler dans l’action, dans les luttes pour faire
obstacle à ces projets et engager la riposte.
Nous avons aussi besoin de nous rassembler dans la construction politique,
pour donner corps à ce nouvel espoir que nous voulons porter à gauche.
Or, la vie ne s’arrête pas au soir d’une élection.
Les dégâts causés par la droite continuent de faire mal et donc pour nous, pas
question d’attendre le prochain scrutin pour agir.
Par exemple sur la réforme des collectivités, nous allons continuer d’exiger son
abandon.
Je vous propose donc à toutes et à tous de vous joindre, si vous le pouvez, le
20 mai prochain à la délégation représentative de la diversité du Val-de-Marne
qui ira remettre au premier ministre les 36.000 cartes pétition « le Val-de-
Marne j’y tiens ! ».
De même, il va nous falloir ensemble continuer de nous mobiliser contre les
expulsions qui ont repris depuis début avril et la fin de la trêve.
Il va nous falloir agir et lutter pied à pied pour empêcher la réforme de l’hôpital
et les restrictions à l’AP/HP de dégrader les soins et la santé de nos
concitoyens.
Il va nous falloir continuer à agir contre la scandaleuse politique d’immigration
de Sarkozy et Besson en exigeant la régularisation de tous les travailleurs sans
papiers.
Il va nous falloir nous mobiliser également contre la réforme de la SNCF et ses
conséquences en Val-de-Marne, je pense notamment aux très graves menaces
qui pèsent sur l’avenir du fret au triage de Villeneuve-Saint-Georges.
Enfin, au moment où le Sénat achève l’examen du projet de loi sur le Grand
Paris, je veux vous dire toute mon inquiétude sur ce texte.
Au lieu d’une démarche partant des besoins des habitants et des territoires,
recherchant à réduire les injustices et les inégalités en matière de transport, de
logement, de richesse, d’emploi, d’activité… dans un équilibre métropolitain, le
projet du gouvernement organise l’avenir de la région capitale à travers un
nombre limité de pôles qui concentreront tous les investissements.
Pour cela il prévoit la réalisation d’une ligne de métro de 130 km autour de
Paris, le double 8.
Pourquoi pas si cela permet d’irriguer tous les territoires qui aujourd’hui
souffrent de ne pas être suffisamment reliés les uns aux autres.
Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit, ce projet exclut les gens, il prévoit des
gares espacées de 4 à 5 km.
Bref un métro où l’on passera plus de temps à rejoindre la gare depuis son
domicile ou son entreprise que dans le métro lui même.
Vous le savez, nous portons en Val-de-Marne avec Orbival, le projet d’une ligne
de métro qui traverse notre département et relie toutes les lignes déjà
existantes et les territoires fortement urbanisés. Ce projet passe notamment ici
par Vitry…
Le tracé que nous défendons, avec tous les maires, avec les acteurs
économiques et sociaux, avec près de 60.000 val-de-marnais, est peu ou prou
repris à la fois par le projet Blanc de grand 8 mais aussi par le projet arc
express porté par le STIF, responsable des transports en Ile de France et par la
Région.
Le projet arc express est prêt à faire l’objet d’un débat public.
Or, le gouvernement vient de faire passer un amendement au projet de loi
« Grand Paris », décidant d’annuler purement et simplement ce débat public, et
de tout renvoyer au débat public qui aura lieu beaucoup plus tard sur le grand 8.
C’est assurément au moins un an de perdu !
Ce sera un débat public tronqué, dans des délais très serrés…
C’est le pire signe qui puisse être donné de la volonté d’avancer vite, comme
les franciliens viennent de l’exprimer aux élections régionales…
Là également le gouvernement refuse d’entendre…
Il va donc falloir nous exprimer avec beaucoup de force pour obtenir vite la
réalisation d’Orbival et l’amélioration des transports en Val-de-Marne.
Sur tous les sujets, je vous propose donc de rester à l’offensive, de ne rien
laisser passer…
C’est cette attitude, rebelle, responsable et innovante, qu’attendent nos
concitoyens.
C’est aussi cela que peut leur apporter la démarche du Front de Gauche, pour
faire front ensemble et pas seulement lors des élections.
Parce que si la gauche veut gagner, que ce soit lors des scrutins locaux ou
nationaux et construire des réponses innovantes, sociales, solidaires, elle aura
besoin de s’appuyer sur celles et ceux qui incarnent la gauche de
transformation sociale, et ne transigent ni avec la droite, ni avec le libéralisme
ni avec le medef.
Alors chers amis, chers camarades, ensemble, continuons à avancer et à
donner corps, patiemment et résolument, à ce nouvel espoir à gauche que
nous avons commencé à porter en Val-de-Marne lors de ce scrutin régional.
Merci encore à toutes et à tous pour votre présence et votre investissement en
faveur de notre liste. Merci à André Deluchat et Pascal Savoldelli qui ont été les
chevilles ouvrières de cette campagne.
Merci encore à tous mes amis qui composaient cette liste et ont enrichi notre
démarche de leur créativité, de leur personnalité et de leur diversité.
A très bientôt pour de nouveaux combats.
Bonne soirée et bon spectacle avec Agnès Bihl.