Grand Paris, la parole est donnée aux Franciliens
L’une des questions qui fut au cœur des enjeux des dernières élections régionales en Île-de-France, celle des transports collectifs, est au centre d’un vaste débat public, qui s’est engagé la semaine dernière et pour quatre mois jusqu’en janvier 2011, sur deux projets. Celui porté par le conseil régional de gauche et le Syndicat des transports d’Île-de-France (Stif) avec un métro en rocade en proche banlieue baptisé Arc Express et visant des dessertes de proximités. Celui porté par le gouvernement dans le cadre du Grand Paris avec un métro automatique en double boucle, Grand Huit, et visant d’abord la liaison entre les neuf grands pôles économiques.
L’enjeu, faciliter les déplacements dans une région ou les transports collectifs, qui concernent 12 millions de Franciliens, sont engorgés. Alors pourquoi deux projets, peuvent se demander des usagers ? Essentiellement parce qu’alors que la région avait travaillé, dans le cadre d’un plan de mobilisation des transports pour améliorer les conditions de déplacements, à son projet Arc Express, le gouvernement, voulant prendre la main sur l’avenir de la région capitale, construisait sans réelle concertation son projet de « double boucle ». Résultat, deux projets. Sont-ils compatibles ? Pour Jean-Paul Huchon, président (PS) du conseil régional, ils n’ont pas la même vocation : « Nous avons construit un projet de transports, pas seulement un projet de développement économique. » Cependant, le débat public devrait permettre d’y voir plus clair sur l’avenir de ces deux projets. Pour Gabriel Massou, conseiller régional (PCF) et responsable du groupe Front de gauche, « nous savons que ces deux projets s’opposent, se superposent ou peuvent d’additionner. Nous entendons peser sur le meilleur projet d’ensemble possible, à partir des besoins des territoires ».
Autre question épineuse, celle du financement. La région entend investir 18 milliards d’euros dans son plan transport dont 6 pour Arc Express avec une contribution promise par l’État. Pour le projet de double boucle, qui coûte 22,7 milliards d’euros, l’État s’est engagé à donner 4 milliards à la Société du Grand Paris (SGP). Seulement cette somme n’est toujours pas inscrite dans la loi de finance 2011. Pour le reste, la SGP devra emprunter et développer la spéculation foncière autour des futures gares pour dégager de la plus-value et rembourser. Ce que refusent les élus de gauche qui souhaitent que les collectivités locales gardent la maîtrise de leur foncier. Élus qui demandent que les entreprises participent plus fortement avec une augmentation du versement transport, que l’État s’engage avec, en outre, le remboursement à la région du fonds d’aménagement régional (Farif). Face à ces enjeux, le débat public prend tout son sens.