C’est un scandale !
C’est un scandale ! Gare au créneau et à l’amende, vous êtes filmés !
Plusieurs villes s’appuient sur la vidéosurveillance pour verbaliser les automobilistes. a quoi sert la vidéosurveillance ? À protéger bien sûr ! À repérer l’arracheur de sac à main ou le dealer du coin de la rue.
Les récents événements qui ont conduit à faire passer cinq pompiers catalans pour cinq membres d’ETA sur la foi d’images de caméras de surveillance devraient déjà suffire à en montrer les limites. Mais au-delà de leur fiabilité, c’est la présence même de ces caméras qui chagrine certaines associations, ou de simples citoyens, soucieux de la préservation des libertés publiques, et inquiets de cette surenchère technologique aux visées mal définies.
Pour atteindre l’objectif fixé au ministère de l’Intérieur de 60 000 caméras dans les villes de France d’ici à 2011, le budget qui y est consacré a été doublé pour 2010, passant à 30 millions d’euros. Alors, pour tenter de faire avaler la pilule aux plus réticents, l’expression consacrée Place Bauveau est désormais celle de vidéoprotection.
Plusieurs villes, sans doute en avance sur leur époque, ont choisi d’« optimiser » ce nouvel outil – donnant ainsi en partie raison aux associations, qui redoutent un recours à la vidéosurveillance dans des contextes, de plus en plus éloignés de l’objectif initial.
Ainsi Draguignan, qui a franchi le cap il y a plusieurs années déjà, en inaugurant les premières contraventions par caméras interposées pour les véhicules en double file. Et Var Matin de relayer ce record établi par la mairie en 2008 : « Pas moins de 792 procès-verbaux en quatre mois (l’équivalent du travail de cinq policiers en faction, 24 heures sur 24 !) ». En lieu et place, un officier de police, seul derrière son écran, « zoomant » pour mieux noter la plaque d’immatriculation du fautif, immédiatement relayée à la préfecture.
Un exemple suivi à Valenciennes et dans plusieurs autres villes du Sud-Est.
Ainsi à Cagnes-sur-Mer, le sénateur maire (UMP) Louis Nègrese se réjouit :
« Avant, la police passait et ça ne servait à rien. Dès qu’elle avait le dos tourné, les stationnements en double file recommençaient »,
commentait-il dans le Figaro, qui relève qu’il a quand même fallu 2 000 vidéocontraventions pour que la mesure se montre efficace.
D’autres villes sont en train de se convertir… comme Nice, jamais à la traîne en matière sécuritaire.
Pour la Ligue des droits de l’homme, qui tente de mobiliser des citoyens contaminés par le « je ne crains rien, je n’ai rien à me reprocher », l’événement est significatif des dérives du recours systématique à la vidéosurveillance. « Avant que les fumeurs et les propriétaires de chiens ne “ respectant pas le caniveau ” ne soient à leur tour l’objet de pareille sollicitude sécuritaire, la LDH tient à alerter les citoyens sur le rythme effréné de la contamination de certains élus locaux par le virus de la surveillance généralisée », commentait ainsi l’association dans un communiqué paru hier. Anne Roy
Plusieurs villes s’appuient sur la vidéosurveillance pour verbaliser les automobilistes. a quoi sert la vidéosurveillance ? À protéger bien sûr ! À repérer l’arracheur de sac à main ou le dealer du coin de la rue.
Les récents événements qui ont conduit à faire passer cinq pompiers catalans pour cinq membres d’ETA sur la foi d’images de caméras de surveillance devraient déjà suffire à en montrer les limites. Mais au-delà de leur fiabilité, c’est la présence même de ces caméras qui chagrine certaines associations, ou de simples citoyens, soucieux de la préservation des libertés publiques, et inquiets de cette surenchère technologique aux visées mal définies.
Pour atteindre l’objectif fixé au ministère de l’Intérieur de 60 000 caméras dans les villes de France d’ici à 2011, le budget qui y est consacré a été doublé pour 2010, passant à 30 millions d’euros. Alors, pour tenter de faire avaler la pilule aux plus réticents, l’expression consacrée Place Bauveau est désormais celle de vidéoprotection.
Plusieurs villes, sans doute en avance sur leur époque, ont choisi d’« optimiser » ce nouvel outil – donnant ainsi en partie raison aux associations, qui redoutent un recours à la vidéosurveillance dans des contextes, de plus en plus éloignés de l’objectif initial.
Ainsi Draguignan, qui a franchi le cap il y a plusieurs années déjà, en inaugurant les premières contraventions par caméras interposées pour les véhicules en double file. Et Var Matin de relayer ce record établi par la mairie en 2008 : « Pas moins de 792 procès-verbaux en quatre mois (l’équivalent du travail de cinq policiers en faction, 24 heures sur 24 !) ». En lieu et place, un officier de police, seul derrière son écran, « zoomant » pour mieux noter la plaque d’immatriculation du fautif, immédiatement relayée à la préfecture.
Un exemple suivi à Valenciennes et dans plusieurs autres villes du Sud-Est.
Ainsi à Cagnes-sur-Mer, le sénateur maire (UMP) Louis Nègrese se réjouit :
« Avant, la police passait et ça ne servait à rien. Dès qu’elle avait le dos tourné, les stationnements en double file recommençaient »,
commentait-il dans le Figaro, qui relève qu’il a quand même fallu 2 000 vidéocontraventions pour que la mesure se montre efficace.
D’autres villes sont en train de se convertir… comme Nice, jamais à la traîne en matière sécuritaire.
Pour la Ligue des droits de l’homme, qui tente de mobiliser des citoyens contaminés par le « je ne crains rien, je n’ai rien à me reprocher », l’événement est significatif des dérives du recours systématique à la vidéosurveillance. « Avant que les fumeurs et les propriétaires de chiens ne “ respectant pas le caniveau ” ne soient à leur tour l’objet de pareille sollicitude sécuritaire, la LDH tient à alerter les citoyens sur le rythme effréné de la contamination de certains élus locaux par le virus de la surveillance généralisée », commentait ainsi l’association dans un communiqué paru hier. Anne Roy
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