Sécurité routière : 240 CRS pourraient être privés de moto

Ce vendredi 23 janvier, l’Unsa-police, premier syndicat des gardiens de la paix, dénonce dans un communiqué l’éventuelle suppression de « 240 policiers motocyclistes en charge de la sécurité routière au sein des Compagnies républicaines de sécurité ».
C’est un audit de l’inspection générale de la police nationale qui propose ces suppressions. Selon l’Unsa-police, les syndicats n’en auraient pris connaissance que lundi, lors d’une réunion au ministère de l’Intérieur.
Si ces suppressions avaient lieu, cela correspondrait à « 36 % des effectifs motocyclistes des CRS », selon le syndicat qui s’élève contre la proposition.
L’Unsa-police relève un paradoxe avec la volonté de lutte contre l’insécurité routière, claironnée depuis des années, rappelant que « l’objectif de moins de 3.000 tués d’ici 2012 est un priorité du gouvernement ».
Pour l’organisation syndicale, « la diminution des effectifs de policiers nationaux dévolus à ces missions va donc à l’encontre des engagements des plus hautes autorités de l’État dans le domaine de la lutte contre l’insécurité routière ».
Récemment Dominique Bussereau, secrétaire d’État aux transports, assurait que la recette des radars automatiques en 2008 (447 millions d’euros) sera « intégralement dévolue à la sécurité routière », notamment pour la prévention. De son côté Michèle Alliot-Marie a, elle, déclaré que multiplier les radars, c’est « faire de la prévention ».
Contrairement à l’homme, fut-il des forces de l’ordre, un radar automatique peut potentiellement être opérationnel 24h sur 24, ne fait preuve d’aucune indulgence et son activité est rapidement et facilement quantifiable. Que des avantages, à une époque où le « résultat » chiffré est si apprécié…
Alors que les policiers se rassurent, l’objectif de lutte contre l’insécurité routière semble bien rester une priorité du gouvernement. Juste que les dernières mesures et propositions — comme la « procédure VE », pour ne citer qu’elle — tendent à confirmer que la politique en la matière n’est pas près de quitter le chemin, bordé de grands discours, de la contrainte et de la répression.
Rappelons enfin que, fin 2006, les mêmes motards CRS affiliés à l’Unsa-police avaient fait la « grève des PV », s’insurgeant notamment de leur rôle devenu essentiellement répressif (voir liens). Avec cette menace de suppression, les motards en uniforme paieraient-ils entre autres le prix de leur colère ?
Grégoire Acerra - 23/01/2009