Témoignages à Gaza : "Ici c'est l'enfer"

Publié le par jack palmer

Raids israéliens à Gaza
Rassemblements dans toute la France

UN NOUVEAU BATEAU PART POUR GAZA AUJOURD’HUI    : APPEL URGENT A MEDECINS ET PHARMACIENS FRANCAIS

C’est sous le choc, durant les obsèques de deux de ses cousins tués samedi, que Ziad Medoukh nous a confié son témoignage.

Israël a mis ses menaces à exécution, huit jours après l’expiration de la trêve avec le Hamas, en menant samedi dans la bande de Gaza des bombardements aériens qui ont fait au moins 280 morts et 700 blessés. Tel-Aviv se prépare à une intervention terrestre.

Ziad Medoukh est professeur de français à l’université de Gaza. Il a été empêché par les autorités israéliennes de se rendre en France alors qu’il bénéficie d’une bourse de l’État français. Joint par téléphone, l’universitaire, qui assistait aux obsèques de deux de ses cousins et de trois voisins tués par les bombardements israéliens, était sous le choc : « Ce n’étaient pas des militants ni même des sympathisants du Hamas, dit-il d’un ton ému. Je peux témoigner que pour la première fois depuis 1967 les habitants de Gaza sont en train de subir de tels bombardements. Cette fois, c’est dur, dur, plus dur que ce qu’on a vécu jusque-là. Samedi à 11 h 30 (heure locale), les frappes ont débuté et ont duré près d’une demi-heure ; les bombardements ont ensuite repris à la tombée de la nuit, à 18 heures, et durant presque toute la nuit… Depuis, on ne connaît pas de répit : un missile ou des bombes largués par avion ou hélicoptère tombent sur Gaza pratiquement toutes les cinq à dix minutes. Ici, c’est l’enfer, la désolation, il y a des cadavres et des corps déchiquetés dans la rue. Du fait des coupures électriques (quatre par jour à cause du blocus), on n’a pas beaucoup d’information, on ne sait pas ce qui se passe vraiment. Il n’y a que le téléphone portable pour s’informer. À Gaza, Israël bombarde ce qui a été bombardé la veille. Il essaie de tout raser », précise-t-il.

« À travers une campagne médiatique relayée y compris par certains médias arabes, Israël a réussi à convaincre les pays arabes dit modérés, l’UE et de nombreux pays que ses frappes ne ciblent que le Hamas. Or, sur les 300 morts, hormis le chef de la police, il n’y a aucun responsable du Hamas ou des brigades Al-Qassam (milice armée du Hamas). Certes, 180 policiers qu’Israël assimile à des combattants ont été tués, mais il y a eu 120 civils, dont une majorité d’enfants et de femmes, qui ont péri », dit-il sur un ton excédé. « De plus, poursuit-il, tout le monde le sait : Gaza est une région étroite, surpeuplée, où plus d’un million et demi de personnes, entassées les unes sur les autres, vivent sur 360 km2. Les postes de police, les bureaux du Hamas y côtoient forcément les habitations et quand on vise l’un de ces bureaux ou poste de police, on tue forcément des civils ! Or les Israéliens savent très bien où se trouvent les bases militaires du Hamas. L’Union européenne, les États-Unis, qui ont appelé au boycott du Hamas après avoir forcé le Fatah à organiser les élections législatives remportées par les islamistes, savent que ce sont des civils qui sont ciblés… ce n’est rien d’autre que des bombardements aveugles. Sinon, pourquoi cibler et détruire des écoles, des usines qui, du fait du blocus, ne fonctionnent qu’à moins de 50 % de leurs capacités, des mosquées, des habitations, des commerces, des dépôts d’approvisionnements ? J’appelle cela une politique de terreur. Pourquoi avoir imposé le blocus à Gaza durant deux ans alors que les gens du Hamas ne sont pas affectés par ce blocus ? Et Israël connaît parfaitement cette situation. Pourquoi Israël empêche-t-il des malades de se faire soigner en Cisjordanie alors qu’ils ne sont pas membres du Hamas, pourquoi empêche-t-il l’entrée des vivres et des médicaments à Gaza ? En fait, il y a une logique à cela : Israël veut punir la population civile palestinienne. »

Pour Ziad Medoukh, il ne fait aucun doute que « l’opération israélienne va participer à la montée du Hamas. C’est peut-être le but de cette nouvelle guerre ? Or, ici à Gaza, le vrai poids du Hamas est de moins de 30 %. Plus de 50 % des habitants ne sont pas pour lui. Beaucoup de gens s’y opposent. Mais les bombardements israéliens vont à coup sûr renforcer le mouvement islamiste. Il apparaît comme la seule force de résistance à l’occupation sur laquelle Israël prétend s’acharner. À la longue, je dirais que le Hamas est en train de gagner. Car au-delà des sensibilités des uns et des autres, ces bombardements vont souder la population de Gaza autour des islamistes. » 

Propos recueillis par Hassane Zerrouky


Les journalistes n'ont pas "droit de cité" à Gaza, tous les témoignages écrits ou images et vidéos sont transmis par les collaborateurs gazaouis de la presse internationale. Ci dessous, un commentaire très éclairé de ce qui se passe, et pourquoi.


Posté le lundi 29 décembre 2008 par Alain
État de guerre à Gaza
La responsabilité historique de ce conflit qui ensanglante cette région du Monde est sans équivoque celle de l'Etat d'Israël. La continuation de la colonisation des "territoires palestiniens", les spoliations de terre, la "main mise" sur tous les leviers économiques de la région (notamment l'eau et sa distribution), les blocus économiques à Gaza et en Cisjordanie, les humiliations journalières aux ckeek point et bien ailleurs, ….etc …. tout cela existe et est le véritable visage des gouvernements successifs Israëliens. C'est clair, c'est net ! La disproportion de la "riposte" aux tirs de roquettes ou missiles du Hamas sur le Sud du territoire Israëlien quand à sa brutalité est innaceptable (près de 300 morts à aujourd'hui !). Mais est innacceptable également la politique du Hamas, comme vient de le dire le Président de l'Autorité Palestinienne "le Hamas aurait pu éviter les attaques Israëliennes en cessant les tirs de roquettes et en prolongeant la tréve" ! A ce que je sache Mamoud Abbas n'est pas un "vilain sioniste" ! En effet ces provocations (car à mon avis c'est de la provocation et non de la résistance quand on voit l'efficacité et la nature des cibles visées par ces tirs) ne servent qu'à "justifier" auprès de l'opinion internationale et israëlienne les positions et actes des responsables Israëliens. Il y a quelques mois les palestiniens s'entretuaient chez eux à Gaza "devant les yeux du monde entier" ! Ce qui est regrettable c'est que le Hamas ai pris le pouvoir à Gaza. Et pourquoi ? La responsabilité de l'Autorité Palestinienne est largement engagée face à ce fiasco (corruption entre autre). Comme dans tout conflit, … on ne fait la paix qu'avec son adversaire ! Des concessions douloureuses devront être faites de part et d'autre. L'opinion publique israëlienne doit être gagnée majoritairement à la cause de la paix et à la coexistence des deux Etats. C'est à cela qu'il faut travailler. Israël n'est pas l'Afrique du Sud , même si à son déshonneur, Tel Aviv a entretenu des relations étroites avec le régime raciste de Johannesburg.
Rappelons nous les "Unes" de l'Humanité en 1948 au moment de la création de l'Etat d'Israë ! Mais je termine en renouvellant mon opposition totale à la politique Israëlienne qui, comme le dit cet ancien Président de la Knesset Avraham Burg dans son excellent livre "Vaincre Hitler", se radicalise de plus en plus et "prend un virage de plus en plus nationaliste et ethnique" et en assurant le peuple palestinien de mon entier soutien.

Ouradour-sur-Gaza  : combien de morts encore pour parler de massacre ?

Bruxelles à la traîne ou complice ?



Publicité

Publié dans Palestine

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article