Leo Ferre pourrait il sauver ou nous donner de la force

Un jour, dans dix mille ans ?
Marre d’écouter les déclarations des députés, des sénateurs, des ministres, des conseillers du Prince et l’incapacité de leur opposition à nous proposer un autre avenir que des caméras vidéos ou des prisons toujours plus pleines (alors que des enfants de 13 ans y séjourneront peut être un jour).
Las de savoir qu’on aura remis à flot des incompétents ou filous de financiers alors qu’au patronat on demande l’abaissement des cotisations et une diminution de la durée des allocations chômage. Honte de savoir qu’il y a de plus en plus de gens qui sont obligés de "mendier" pour pouvoir nourrir leurs enfants. En colère d’apprendre qu’on trouve normal de faire travailler des gens le plus longtemps possible car "ça diminuera la durée de paiement des pensions" et que le possible "droit" de refuser le travail du dimanche soit assimilé par une dirigeante patronale comme une régression sociale.
Frustration de savoir qu’on ne peut rien faire et qu’en fin de compte, qu’il n’y ait plus rien qui compte. Il n’y a plus rien, tiens, c’est justement le texte d’une des merveilles que nous a légué Léo FERRE en 1973. Vous savez, un des magicien de la chanson française qu’on ne vous passe jamais sur les radios et que vous ne risquez pas de voir dans les nombreuses émissions rétrospectives dont le seul but est de vous prouver que "c’était mieux avant".
1973, c’est en plein dans les "Trente glorieuses". Que n’a t-on raconté comme sottises sur l’insouciance des années 70. On a inventé la consommation et qualifié les classes moyennes de "triomphantes".
On essaye de montrer aux salariés d’aujourd’hui que leur situation est due à ces "rentiers" des "belles années" en oubliant que chaque petite parcelle d’avantage social était arrachée par des mouvements sociaux d’ampleur ... En bref on essaye de fourguer aux gens d’aujourd’hui de l’imagerie de bazar destinée à leur faire avaler les couleuvres d’une crise, qu’un système (pérennise par des politiciens imbus de leurs prérogatives) au bout du rouleau nous invite à partager ... entre nous.
En 1973, la majorité était à 21 ans. Moi, j’avais 21 ans et je militais dans mon coin ou avec des francs tireurs dans mon genre qui refusaient le système dans sa globalité. De Gaullle semblait loin et on ne savait pas encore que le futur Président de la République serait Giscard et son accordéon. Giscard dont la politique se résumerait à s’inviter pour dîner chez des français ou offrir le petit déjeuner aux éboueurs. Le même dont le premier ministre nationalisera et indemnisera grassement les "maîtres de forges". Le tout sur fonds de média cherchant à s’attirer les bonnes grâces du pouvoir.
Mais en 1973, le Président c’était Pompidou. Selon ses mots, il entendait à l’époque : "Moderniser la France". Cette modernisation qui prise dans le chaos du premier choc pétrolier se heurtait à de nombreux conflits sociaux méprisés bien entendu par l’exécutif. Que voulez-vous, Mai 68 était aussi loin que les accords de Grenelle (les vrais ceux là !!!) et il fallait "recadrer" les salariés.
Modernisation ça voulait dire développement de l’automobile au détriment des autres modes de transport. Il déclarait à ce propos en 1971 : « Il faut adapter la ville à l’automobile ». Le nombre de cyclistes régresse et le nombre d’automobilistes augmente significativement. Dans bon nombre de villes beaucoup de vieux quartiers sont détruits pour faire place à des voies express ou élargir certains axes comme à Lyon avec le tunnel de Fourvière. Georges Pompidou a fait partie de la classe politique ayant fermé de nombreux réseaux de chemins de fer secondaires au nom de la modernité. En outre, Il a favorisé le développement de l’agriculture intensive et de l’agro-industrie par la mécanisation et l’utilisation d’engrais et de pesticides.
J’en vois qui trouvent que ça ressemble bigrement à ce qu’ils vivent. C’est vrai que l’histoire prend parfois le temps de bégayer. La seule vraie différence entre ces deux époques, c’est le nombre de grands compositeurs interprètes qui vivaient dans les années 70 comme Léo FERRE que j’ai évoqué plus haut. Léo qu’on peut entendre une fois par an au maximum parce qu’une radio de grande écoute va proposer 4 à 5 de ses chansons les moins engagées comme "C’est extra".
En 1973, Léo FERRE chantait sur scène l’un des titres qui a le plus marqué ma génération : "Il n’y a plus rien" Le texte est un coup de poing dans la gueule et semble avoir été écrit la semaine dernière. Pour les amoureux de beaux textes, les fans de Léo et les tous jeunes qui s’intéressent au Slam, nous vous donnons ci-dessous des extraits et une vidéo complète(13’34)
Ecoutez, ré écoutez et vous ne serez plus jamais le même.
A vous, à nous d’en décider !!!