Sans lecteurs, pas de presse
Elles représentent - ensemble environ 40 000 lecteurs attachés à leur journal ou amis, soutiens soucieux du pluralisme de la presse, de sa diversité. La Société des lecteurs de Libération (5 000 membres), la Société des lectrices et lecteurs de l’Humanité (14 400), la Société des Amis de l’Humanité (1 050), l’Association des lecteurs d’Alternatives économiques, la Société des lecteurs du Monde (12 000), l’association pour Politis, les Amis de la Vie, les Amis du Monde diplomatique viennent de rendre public un texte commun adressé à l’organisation des États généraux de la presse. Une démarche initiée par la Société des lecteurs de Libération que préside Zina Rouabah, démarche à laquelle - participe Charles Silvestre, secrétaire des Amis de l’Humanité - association que président Édmonde Charles Roux et Henri Malberg, par ailleurs président de la Société des lecteurs de l’Humanité. Les associations et sociétés des lectrices, lecteurs et amis de la presse ont décidé « d’interpeller collectivement l’organisation des États généraux de la presse » pour que leur « point de vue soit immédiatement pris en considération ». « Acteurs et principaux intéressés, indique le texte, nous sommes surpris qu’une telle manifestation puisse être conçue et mise en route sans que ne soit spécifiée la place, pourtant centrale, de celles et ceux à qui la presse se destine. Sans lectrice, ni lecteur, il n’y pas de presse », poursuit le texte.
« Refusant le seul rôle de consommateurs, soulignent-elles, acheteurs et source de profit, nous souhaitons être associés à cette manifestation pour porter la voix de celles et ceux qui chaque jour en lisant participent à la vie démocratique. Lectrices et lecteurs de notre temps, nous utilisons tantôt le support imprimé, tantôt l’écran, nous lisons et réagissons. Soucieux de notre pouvoir d’achat, nous nous inquiétons de la montée des prix des journaux liée à l’augmentation des coûts, sans pour - autant souhaiter vendre les "minutes disponibles de nos - cerveaux". Mobiles ou pas, branchés ou pas, urbains ou pas, nous sommes demandeurs d’une diffusion la plus large et la mieux organisée possible. Acteurs et citoyens, nous sommes profondément attachés à l’existence et au rayonnement d’une presse écrite pluraliste et indépendante des pouvoirs politiques et économiques, accessible aux divers publics et aux nouvelles générations. Convaincus que qualité de la presse et lectorat sont liés, nous sommes attachés au dynamisme d’une presse d’opinion pérenne pour laquelle les pouvoirs publics exercent leurs pleines responsabilités constitutionnelles. »
Et le texte de conclure : « La presse n’est assurément pas une industrie comme une autre et l’absence du lectorat "tiers état" à ses États généraux constituerait un signal inquiétant pour son développement à venir et celui de la démocratie qu’elle fait vivre. »
« Les sociétés vont demander à Émmanuelle Mignon (conseillère auprès de Nicolas Sarkozy chargée des États généraux de la presse - NDLR) qu’une délégation représentative soit reçue pour faire entendre ensemble notre point de vue », indique Zina Rouabah abondant dans le sens d’une proposition de Charles Silvestre.
Claude Baudry