Bernard Thibault fustige « les héritiers du Comité des forges », quand les Français ne sont pas dupes sur la caisse noire de l'UIMM
Comme le dit Claude Cabannes "on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre"

A chacun son public (Lyon 18/03/2008).
Alors que le président de l'UIMM réunit aujourd'hui les patrons de la métallurgie pour des états généraux au Pavillon d'Armenonville, dans le bois de Boulogne, le leader cégétiste était hier dans la ville des canuts pour participer au congrès des « métallos » de la CGT. Interpellant le patronat et le gouvernement, Bernard Thibault a saisi l'occasion pour se livrer à un violent réquisitoire contre les « héritiers du Comité des forges (...) aux prises avec un scandale patronal sans précédent », dont il craint qu'il ne soit « enterré ». Exigeant que « l'argent qui a été détourné du travail des métallurgistes revienne aux métallurgistes », il a affirmé que l'indemnité de départ de Denis Gautier-Sauvagnac confirmait l'existence d'un « système de financement opaque assumé collectivement » et non de la responsabilité de quelques-uns. Un système sur lequel « la CGT doit contribuer à faire la lumière et à briser l'omerta ». « Face à ce qui était considéré comme le «péril rouge», par anticommunisme et anti-cégétisme, c'est une forme d'impôt contre-révolutionnaire qui était prélevé », a-t-il affirmé, rappelant notamment
les pratiques antisyndicales en vigueur longtemps dans l'automobile.
Extrait de l'intervention au congrés CGT de la métallurgie à Lyon, le 18mars;
"Nous exigeons la fin de l'omerta sur l'argent de l'UIMM"
La CSL, la CFT, ces organisations fascisantes, cela a existé, il y a ici des témoins et des victimes de leurs agissements.
Les organisations de barbouzes dans les entreprises financées par le patronat, cela a existé. Ce n’est pas un scoop. C’est presque écrit dans les manuels d’histoire des étudiants ! D’autres témoins pourront sans doute utilement éclairer sur « l’accompagnement » de certaines campagnes électorales et « l’accompagnement » du travail parlementaire.
Si le nouveau Président de l’UIMM, la Présidente du MEDEF, le Ministre du travail, voire le Président de la république, que l’on connaît en général plus réactif sur l’actualité, veulent en savoir plus, ainsi que les journalistes qui s’intéressent au sujet, je leur conseille la lecture d’un ouvrage parmi d’autres: le livre de Marcel CAILLE qui date de 1977 « les truands du patronat » le voici ! Preuves à l’appui,il décrit toutes les méthodes.
Oui, la mise en fiches, le « flicage » des militants, l’infiltration des syndicats, cela a existé. SIMCA, BERLIET, CITROEN …, autant de noms d’entreprises qui résonnent de ces pratiques.
Le patronat est tenté aujourd’hui de jeter un voile pudique sur ces méthodes, mais nous ne laisserons pas faire.
Et que l’on ne nous dise pas qu’il s’agit d’histoires anciennes ! Les principaux acteurs patronaux de ces scandales ont eux-mêmes confirmé que ces pratiques s’étaient encore développées dans l’après 68, il y a tout juste 40 ans. Les victimes sont toujours là, et certaines sont encore en activité ! Apres tout, c’est peut-être ce qu’il faut comprendre lorsqu’on entend qu’il faudrait « liquider 68 ».
Enfin, est-on bien sûr que tout cela relève du passé, fût-il récent ? La répression syndicale, le licenciement des délégués syndicaux, les entraves à l’exercice du droit de grève, cela existe toujours et pas uniquement dans la métallurgie.
Je vous le dis : cela ne peut plus durer.
Jugeant manifestement insuffisantes les ouvertures de l'UIMM sur la représentativité syndicale (lire ci-dessous), il a expliqué aussi être « obligé de constater dans la négociation en cours que l'UIMM et trois syndicats se rejoignent pour freiner toute évolution en profondeur ». Il s'est gardé de nommer les organisations de salariés visées, mais FO, la CFTC et la CGC se seront évidemment reconnues... Le leader de la CGT a par ailleurs estimé que « l'expression qui se dégage à l'issue des élections municipales, qui sont par définition des scrutins locaux, c'est à l'évidence un message explicite à entendre les revendications sociales » et a appelé à « créer les conditions de vastes mobilisations syndicales sur les lieux de travail »« lutter plus pour gagner plus » pour .L. DE C.
Le patronat de la métallurgie est prêt à renoncer aux accords signés par des syndicats minoritaires
Le pésident de l'UIMM, Frédéric Saint-Geours, fait une ouverture notable sur la réforme de la représentativité syndicale en envisageant la validation des seuls accords sociaux signés par des syndicats représentant une majorité de salariés.
Est-ce un simple signe de bonne volonté vis-à-vis du Medef ou la marque d'un changement de cap du patronat de la métallurgie ? En tout cas, le nouveau président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) a fait hier une ouverture importante sur la représentativité syndicale, sujet sur lequel les partenaires sociaux doivent entrer dans le vif des négociations demain. Jusqu'à présent, les patrons de la métallurgie s'arc-boutaient sur le statu quo (« Les Echos » du 28 février). Une interview de Frédéric Saint-Geours, hier, au « Figaro », marque un changement de ton.
Certes, le successeur de Denis Gautier-Sauvagnac, mis en examen dans l'affaire des valises de billets de l'UIMM, redit que l'élection doit être « un critère de représentativité (...) parmi d'autres ». Mais il affirme aussi que « l'accord majoritaire doit être l'objectif », alors que son organisation campait jusque-là sur le maintien du droit d'opposition, instauré par la loi du 4 mai 2004 tirée de la position commune sur la négociation collective négociée par Denis Gautier-Sauvagnac en 2001. En outre, il propose de réformer d'ici là les règles de validation des accords au niveau de la branche et de l'interprofession, pour les caler sur ce qui existe déjà dans les entreprises. Jusqu'à présent, il y faut une majorité de syndicats en nombre pour s'opposer à un texte. Frédéric Saint-Geours propose que l'on « passe (...) au droit d'opposition en nombre de voix » aux élections professionnelles. Il est donc prêt à remettre en question la pratique contractuelle historique de l'UIMM, qui s'appuie sur FO, la CFTC et la CGC, majoritaires en nombre à coup sûr, mais pas en audience dans la branche.
Voilà qui va faciliter la tâche de Patrick Bernasconi, chef de file de la délégation patronale sur la représentativité, puisque cela ouvre la voie à un compromis au sein du Medef. La réunion patronale de ce matin, qui doit arbitrer définitivement sur un nouveau projet de texte à soumettre aux syndicats demain, devrait être moins tendue que les précédentes. D'autant que la présidente du Mouvement des entreprises de France, Laurence Parisot, s'est engagée hier à « parler de la représentativité patronale » comme le réclame l'UPA, même si ce n'est que dans un « deuxième temps », une fois la négociation sur la représentativité syndicale bouclée. Une négociation qui doit en principe s'achever le 31 mars, mais pour laquelle elle n'a « pas exclu de demander un délai supplémentaire ». LEÏLA DE COMARMON
A lire aussi, ce sondage exclusif du journal l' humanité sur l'argent occulte de l'UIMM: les français ne sont pas dupes