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Une autre sécurité routière est possible

Publié le par jack palmer

 

Analyse Sécurité Routière, un point global


Par Marc Bertrand, Chargé de Mission Sécurité Routière FFMC - Mai 2011

 

Une autre sécurité routière est possible

« Sécurité routière, changeons », proclamait un slogan de la Sécurité routière il y a quelques années. Le problème, avec la Direction de la Sécurité et de la Circulation Routière (DSCR) dirigée par la préfète Michèle Merli, déléguée interministérielle à la Sécurité Routière, c’est que rien ne change ! Les récentes mesures prononcées le 11 mai dernier à l’issue du Conseil interministériel à la Sécurité routière (CISR) démontrent à nouveau que la seule méthode employée, c’est la répression à l’encontre des usagers.

Une répression aveugle menée sans aucun discernement, sans réelle prise en compte des causes et des connaissances de l’accidentalité, causes qui sont pourtant bien identifiées par tous les acteurs de la sécurité routière en Europe.

Pour justifier le nouveau tour de vis répressif, le gouvernement s’alarme des « mauvais chiffres » du printemps 2011… chiffres qui indiquent une remontée des tués par rapport à une année 2010 qui avait enregistrée le plus faible nombre de morts dans les accidents de la circulation depuis quarante ans. En 2010, 3 994 personnes ont perdu la vie sur la route, soit une baisse de 6,5% par rapport à 2009, selon l’association Prévention routière (1). En distinguant les catégories de véhicules, l’Observatoire Interministériel de la Sécurité Routière (ONISR) nous apprend (2) qu’au premier semestre 2010, la mortalité a baissé de 3% chez les piétons, 6% pour les autos, 12% pour les cyclomoteurs et 29% pour les motos ! En revanche, la mortalité augmente du côté des poids-lourds avec +16% de tués et des cyclistes avec +2%. Rappelons également que l’année 2010 n’avait pas très bien commencé, la baisse n’ayant été remarquable qu’au dernier trimestre… forcément, octobre a été perturbée par les grèves qui ont touché les réseaux de distribution de carburant et la circulation en décembre a été très réduite en raison des chutes de neige et du verglas qui ont paralysé une bonne partie du pays durant quatre semaines.
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Accidentalité du printemps 2011

Que s’est-il passé en ce début d’année 2011 ? La charge a commencé avec la comparaison de la mortalité routière de mars 2010 (300 personnes décédées) et mars 2011 (308 personnes décédées). Huit morts sur des millions de personnes qui circulent ! Huit morts de trop, certes, mais enfin… C’est un peu comme si on disait que si en mars 2010 il y a eu un cambriolage en Lozère et deux cambriolages en mars 2011, ça fait 200 % d’évolution de la criminalité dans ce département pourtant paisible !

Rebelote avec le « baromètre de la sécurité routière » d’avril : 296 tués en avril 2010 contre 355 tués en avril 2011, soit une différence de 59 décès survenus sur les 5 748 accidents enregistrés en avril 2011 par rapport aux 5 864 accidents d’avril 2010. Il y a donc eu moins d’accidents en avril 2011 qu’un an plus tôt, mais ces accidents ont été plus graves : par exemple, le 16 avril à Chelles (77), un automobiliste ivre et sans permis fauche trois personnes dans un abri bus… le lendemain, deux hommes sur une même moto sont tués par une voiture doublant sans visibilité en plein virage, sur la RD10 près de Miramas (13). Le conducteur vient d'être interpellé : il roulait sans permis et sous l'emprise de l'alcool… Le 23 avril dans l’Ain, trois jeunes en voiture trouvent la mort dans la nuit…Le même jour, quatre autres jeunes décèdent dans un accident de voiture sur l’A450 près de Brignais (69)… Le lendemain, deux personnes sont tuées à cause du non-respect d’un panneau de stop à Narcy, dans la Nièvre… Et le 28 avril, près de Bordeaux, un minibus entre en collision avec un camion couché sur la chaussée sur l’A10 : sept morts !

Les causes ? Manque de vigilance, manque d’expérience, des jeunes qui n’ont pas pensé qu’un accident pouvaient arriver et qui n’ont pas adopté une conduite préventive, un suivi social et judiciaire qui n’a pas été efficace dans les cas des accidents de Chelles et de Miramas… dans ces accidents, la vitesse a sans nul doute contribué à la gravité des blessures fatales, mais elle n’est pas principalement la cause de ces drames. Car les causes d’accidents sont multifactorielles, ce que confirment tous les spécialistes et chercheurs en sécurité routière.

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Des mesures inadaptées, mais spectaculaires

Or, que fait le gouvernement ? Quelles mesures prend-il ? Il renforce un arsenal législatif déjà très lourd en terme de peines punissant les infractions routières et en incriminant encore et toujours la vitesse comme cause numéro 1, il proclame l’installation de mille radars supplémentaires, fait enlever les panneaux qui les signalent et envisage d’interdire les appareils avertisseurs de radars… Sur ce point, le résultat risque d’être contre-productif : non seulement on peut redouter que des conducteurs, même roulant à la vitesse autorisée, donnent des coups de frein en étant surpris par la présence d’un radar aperçu au dernier moment, mais en plus, la suppression des panneaux et l’interdiction des boîtiers avertisseurs de radars va entraîner une recrudescence de la conduite « sous oreillette », car les gens vont rester connectés en permanence avec leurs appareils de téléphonie moderne qui intègrent, via le système GPS, des alertes radars sous d’autres formes que les boîtiers avertisseurs qui deviendraient interdits. Et l’on sait combien l’attention du conducteur est détournée par les systèmes en kit « mains libre », tout aussi dangereux en conduisant qu’un téléphone tenu à la main.

Bref, ces mesures sont inefficaces quant aux causes des accidents d’avril. Le conducteur ivre et sans permis qui a endeuillé une famille à Chelles, est-ce la crainte de perdre plus de points ou l’abaissement du taux d’alcoolémie qui l’aurait empêché de commettre son accident ? L’ado qui fait l’imbécile sans casque au guidon d’un scooter emprunté dans son quartier et qui se fracasse le crâne en perdant le contrôle de son engin, est-ce une plus grande plaque d’immatriculation qui va lui éviter d’être rappelé douloureusement à la réalité ? Est-ce que le port d’un gilet rétroréflechissant dit « de sécurité » rendra le motard plus visible pour l’automobiliste qui fait subitement demi-tour sur une bande blanche pour pendre la place libre de stationnement de l’autre côté de la rue alors qu’il tourne en vain dans le quartier depuis dix minutes pour se garer ? Car le problème de visibilité des 2RM, ce n’est pas qu’ils sont invisibles (ils roulent avec le phare allumé), c’est qu’il y a des conducteurs qui ne regardent pas autour d’eux quand ils changent de direction, surtout quand ils sont préoccupés par autre-chose que leur conduite ! Par contre, s'il faut parler de visibilité, pourquoi l'État supprime l'éclairage nocturne sur les voies rapides d'Île-de-France comme c'est la cas depuis un an sur les autoroutes A1, A15 et A86 ? Incompréhensible quand on sait qu'une chaussé bien éclairée permet de mieux anticiper les changements de situation du trafic, de mieux "lire" la route...
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Une concertation qui ne débouche sur rien

Les causes des accidents en deux-roues motorisés (2RM), par exemple, parlons-en ! Lancée en juin 2009 sous la houlette de Michèle Merli, une concertation sur la sécurité routière des 2RM a réuni près de 80 acteurs concernés : fonctionnaires de l’équipement des routes et du ministère des transports, chercheurs de l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux (IFSTTAR, ex-INRETS), les représentants des assureurs, des syndicats professionnels d’équipementiers des routes, des importateurs et commerçants du secteur du motocycle, des associations d’usagers (au premier rang desquelles la FFMC et ses partenaires), des enseignants de l’éducation routière, la FFM (fédération sportive de moto)… bref tout les experts sur la question. Durant deux ans, au cours d’une cinquantaine de réunions en « groupes de travail » et huit réunions plénières présidées par Michèle Merli, analyses et propositions pour l’amélioration de la sécurité routière ont été profondément débattues.

De l’avis de tous, il en est ressorti la nécessité de mieux former l’ensemble des usagers et les représentants des pouvoirs publics à une meilleure prise en compte des spécificités de circulation des 2RM. Il a été confirmé que la majorité des accidents dont sont victimes les conducteurs casqués est due aux carences en connaissance sur ce mode de transport, dont la part dans la circulation a augmenté de 60% ces dix dernières années sans bénéficier d’une attention particulière. Il a été établi que dans 84% des cas*, les automobilistes impliqués dans des accidents avec un 2RM n’avaient pas intégré sa présence dans leur champ de proximité… de la même manière que l’on a appris que les automobilistes titulaires du permis moto ou bénéficiant d’une expérience de la conduite d’un 2RM sont les automobilistes les moins impliqués dans les accidents contre un 2RM. La plupart des participants à cette concertation admettent qu’on ne conduit pas un 2RM comme une automobile, qu’on ne se place pas au même endroit sur la chaussée, particulièrement en cas d’embouteillages… Il a été reconnu que d’importants progrès restaient à accomplir dans la formation des conducteurs et dans la sensibilisation des adolescents au risque routier, particulièrement à l’âge où la conduite d’un cyclomoteur devient possible. Tout le monde a été d’accord pour dire que les moyens à mettre en œuvre pour réduire la sinistralité du 2RM n’avaient pas été engagés eu égard à l’enjeu, les conducteurs de 2RM représentant le quart des victimes de l’ensemble des conducteurs… et tous s’accordent à dire que ce n’est pas par la stigmatisation outrancière d’une catégorie de conducteurs, mais bien en accentuant l’idée du « partage de la route » que la sécurité routière progressera.
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Et que ressort-il du CISR du 11 mai 2011 ?

Que de la répression ! Concernant les 2RM, le gouvernement se prononce pour un agrandissement de la taille de la plaque d’immatriculation et le port d’un gilet rétro-réfléchissant (ou d’un vêtement équipé de tels dispositifs, sans apporter de précisions sur leur taille et leur positionnement). Et pourquoi limiter la lutte contre le téléphone au volant uniquement à l’appareil tenu en main et ne pas l’avoir étendue à son usage en kit « mains-libres » puisque que toutes les études sur la question en confirment la dangerosité et que les usagers en 2RM se plaignent des automobilistes qui téléphonent en conduisant ?

Quant à la formation des conducteurs que tous les spécialistes estiment prédominante, elle n’est pas renforcée pour les automobilistes, mais par contre, il vient d’être décrété que les titulaires du permis A (motos de +125 cm3) devront repasser en formation après une interruption de conduite de cinq pour ce type de véhicule… Pourquoi les motocyclistes et pourquoi pas les automobilistes alors que l’on sait que la majorité des accidents de motos sont causés par une erreur de l’automobiliste ? Et comment prouver son expérience de conduite d’un deux-roues si on n’est pas assuré soi-même (prêt, location, véhicule d’entreprise, pratique sportive…) ?

Quid des propositions exprimées durant cette fameuse (fumeuse ?) concertation nationale sur les enjeux de sécurité routière pour les 2RM ?

  • L’incitation à porter en toutes circonstances un équipement protecteur à-minima tel que des vêtements solides couvrant les membres, des gants, des chaussures montantes ou des bottes en plus du casque, seul équipement obligatoire ? Option non retenue !
  • Un abaissement de la TVA ou autre incitation fiscale sur les équipements de protection spécifiquement conçus pour la moto ? Option non retenue !
  • Un peu de temps derrière la selle d’un moniteur de moto-école et dans la cabine d'un poids-lourd lors de la formation initiale au permis auto pour sensibiliser les futurs automobilistes aux spécificités de conduite des autres usagers ? Option non retenue !
  • Obliger les élus locaux à respecter les recommandations du Centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les constructions (CERTU) pour l’aménagement de dispositifs moins dangereux sur la voirie pour les 2RM ? Option discutée… mais non retenue. Un guide sur ces recommandations est en cours de réédition, mais il n’a qu’un objectif d’information, sans plus.
  • Reconnaitre juridiquement la circulation en décalé entre les files en cas d’embouteillages afin de pouvoir l’encadrer et l’enseigner à tous les conducteurs ? Option non retenue… une étude de la circulation en inter-files a été confiée aux chercheurs de l’IFSTTAR et aux fonctionnaires du CERTU.
  • Une communication massive sur le respect des distances de sécurité, cause primaire d’accidents graves ? Pas vu !


motard va voter

 

Une sécurité routière instrumentalisée à des fins électorales

Et maintenant, suite à la bronca suscitée par les dernières annonces gouvernementales sur la sécurité routière, le gouvernement parle de mission d’enquête parlementaire, de concertation sur la question… Merci ! A la FFMC, nous en sortons tout juste pour un bien piètre résultat ! Une des clés pour comprendre cette agitation médiatique est en fait révélée par les annonces du Président de la République qui a inscrit la réduction des victimes de la route, à la fois dans son programme et dans son bilan. Et l’astuce consiste à fabriquer artificiellement un résultat prévu d’avance.

La recette est simple : en dépit d’une légère hausse de la mortalité routière en ce printemps 2011 (hausse tout à fait comparable à chaque printemps), nous avons une sinistralité routière générale qui ne cesse de baisser… En effet, du début des années 1970 à 2000, le nombre de victimes est passé de 16 000 à 8 000 morts, soit 50% de baisse. De 2 000 à 2010, ce nombre a encore baissé de 50% pour atteindre environ 4000 tués. Les gains en vies ont été obtenus par les formidables progrès en sécurité (passive et active) réalisés en automobile, par le port de la ceinture pour tous les occupants d’une voiture, par les aménagements réalisés sur les zones d’accumulations d’accidents et par une prise en compte progressive des enjeux de sécurité routière dans la population. Un plus strict respect des vitesses autorisées à également contribué à réduire la gravité des accidents. Mais il semblerait que nous soyons arrivés à un seuil difficile à franchir. Il faudrait désormais agir sur les comportements asociaux d’une minorité de conducteurs sur lesquels ni les conseils de prudence, ni la répression n’ont de prise et qui sont les conducteurs les plus impliqués dans les accidents graves. Cette action doit être mise en œuvre par les services sociaux, éducatifs, judiciaires et policiers, domaines de l’État s’il en est. Mais les moyens humains et financiers restent sous-dimensionnés… et surtout, c’est un travail de longue haleine. Trop long en termes de temps électoral. Alors pour donner l’illusion d’une action forte, le gouvernement commence par communiquer sur un état catastrophique de la sécurité routière pour marquer l’Opinion publique. Ceci étant fait, il annonce une série de mesures « fortes » et très spectaculaires, essentiellement basées sur la pénalisation et la criminalisation des conducteurs… Ces mesures font aussitôt réagir la population et ses élus et le gouvernement invoque le « courage politique » pour les maintenir contre vents et marées.

Avons-nous pour autant entendu un début de réflexion sur le fait que si la courbe des accidents s’avère effectivement stagnante alors que les moyens répressifs sont sans cesse renforcés, cela voudrait dire que cette politique répressive ne serait pas aussi efficace que ce que l’on voudrait nous faire croire ? Non… au contraire, le gouvernement augmente la pression sur l’ensemble des conducteurs. Les pouvoirs publics ne cessent de répéter que « le nombre de morts a baissé grâce aux radars »… et quand le nombre de morts ne baisse pas assez vite ? « C’est parce qu’il n’y a pas assez de radars ! ». Mouais… sauf que les radars qui ne contrôlent que la vitesse où le franchissement d’un feu rouge ne peuvent pas repérer celui qui conduit sous l’emprise de l’alcool ou autres psychotropes (seulement 1,4% des infractions constatés ayant entraîné un retrait de points, mais deuxième cause d’accidents sur autoroute, après l'hypovigilance)… le radar ne peut rien faire contre les défauts de priorité, le non-respect de signal de stop (seulement 1,6% des infractions constatés ayant entraîné un retrait de points**). Déléguer la surveillance des routes à des machines plutôt que de renforcer la présence d’agents des forces de l’ordre aux endroits dangereux, ça ne fait pas une politique de sécurité routière digne de ce nom. En revanche, cela permet de quantifier précisément la numérisation des sanctions appliquées en guise d’arguments pour justifier l’action…

Il ne peut y avoir d’acceptation de règles quelles qu’elles soient sans pédagogie… Or, où est la pédagogie dans un système de contrôle automatisé qui met sur le même plan celui qui commet une faute d’inattention qui ne conduira pas forcément à un accident et celui qui transgresse outrageusement une règle édictée au départ pour la protection de tous ? Où est la pédagogie dans un système qui punit plus sévèrement celui qui commet brièvement un excès de vitesse sur une route dégagée que celui qui roule à vitesse réglementaire sans respecter les inter-distances de sécurité, qui consulte son smartphone ou qui ne ralentit pas en présence de piétons ?

En « fabriquant » plus de conducteurs sans permis à cause de points perdus sur des infractions mineures (bientôt non-port de gilet rétro-réfléchissant en 2RM, non conformité stricto-sensu d’un véhicule ou de ses accessoires ou petits excès de vitesse inférieurs à 10 km/h sur voies rapides), n’est-on pas en train d’allumer la mèche d’une bombe à retardement ? Car ces conducteurs sans permis (estimés à un million) se retrouvent également sans assurance et ne sont plus « contraints » par les limites légales puisqu’ils les ont déjà dépassé. Ils se retrouvent également hors du champ social.

D’ici les prochaines élections présidentielles, attendons-nous au printemps prochain à des annonces démontrant que la sinistralité routière aura baissé, quitte à interpréter favorablement des statistiques recueillies sur plusieurs mois pour démontrer que les mesures impopulaires d’aujourd’hui porteront leurs fruits demain… et ceci alors que les courbes de la sinistralité routière sont orientées à la baisse depuis ces quarante dernières années. Joli coup, monsieur Garcimore !

Reste qu’une politique durable de sécurité routière doit s’envisager AVEC les citoyens… et non CONTRE eux.

Alors pour la sécurité routière, oui : changeons !


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(1) http://www.preventionroutiere.asso.fr/Nos-publications/Statistiques-d-accidents?gclid=CIix1YXZgqkCFYINfAodWW8BRw (2) http://www.securite-routiere.gouv.fr/IMG/pdf/la_securite_routiere_en_france_-_premiers_chiffres_29_07_10_cle0ff3bc.pdf

-* source Rapport Guyot, 2008 -** source : bilan permis à point du Ministère de l’Intérieur pour 2008

 

 

Ce qui divise le gouvernement rassemble les citoyens : création de l’Union des Usagers de la Route.

Appel du 18 Juin.

Commentaires

1. Le vendredi 27 mai 2011, 10:38 par otovon

Démonstration limpide s'il en est, de l'écart entre démarche humaniste et calcul politicien...

2. Le vendredi 27 mai 2011, 11:14 par MKL36

Bonjour,

Existe t-il une courbe de l'évolution du nombre d'accidents sur les 10 dernières années (au minimum). On ne voit que celle de l'évolution du nombre de mort dont "on" attribue la baisse à la mise en place des radars (baisse qui avait débuté bien avant leur mise en place mais bon les stats on leur fait dire ce qu'on veut !) Je serai curieux de voir celle des accidents, voir si elle baisse autant.
La généralisation des airbags, le port de la ceinture à l'arrière... par exemple ne joueraient ils pas dans la baisse du nombre de tués ??? chut...

Sinon félicitation pour votre action, vous avez au moins le mérite d'avoir essayé et si vous avez pu faire passer quelques idées c'est déjà énorme, mais avec ce gouvernement autiste...

V

Bonjour,
pour les courbes d'accidentalité routière, vous pouvez consulter celles de l'ONISR sur le site officiel de la Sécurité routière... Faut bien les éplucher, mais c'est très instructif : elles confirment ce que nous disons depuis des années.

Quant aux gouvernements, ça va ça vient... ça se gère aussi par un p'tit passage à l'isoloir et y'en a de prévu en 2012.

3. Le vendredi 27 mai 2011, 11:15 par FERDINAND

Excellente analyse, excellent article que vous devriez faire connaitre dans toute la presse nationale. Sous quelle forme, je n'en sais rien, mais il est fort dommage qu'une telle analyse ne reste connue que des seuls motards...

Pour le reste, nous avons à faire à un Ministre de l'Interieur aux idées surannées. Pourtant, lui et ses collègues du Gouvernement ne se gênent pas de dépasser régulièrement la vitesse limite lors de leurs déplacements ( j'ai eu à les escorter) mais là c'est une autre histoire.

Cette critique est valable autant pour les gouvernements de droite que de gauche, cela provient peut-être de leur formation à l'E.N.A ?!

4. Le vendredi 27 mai 2011, 14:12 par Pierrot

Très intéressant en effet cette analyse. J'y ajouterai juste que cette politique d'insécurité routière n'est là que pour masquer les défaillances du gouvernement et du système qu'il défend. Prenons l'exemple des personnels dans les DDE, dont les effectifs diminuent pour raison de productivité et pour répondre aux critères de Maastricht et aux traités de Nice ou de Lisbonne. Par voie de conséquence, les routes sont de moins en moins bien entretenues, d'où une accidentologie en hausse. La solution ? Fréquenter les autoroutes... privatisées par Sarkozy et le tour est joué. Autre aspect, mais toujours sur les mêmes critères : l'absence de police de proximité. Cette défaillance du service public génère un stationnement de plus en plus sauvage, donc dangereux et plus du tout éducatif pour les jeunes. En bas de chez moi, à Pantin (Seine Saint Denis), le boulanger et ses clients se garent de façon sauvage à deux pas d'un collège. Si bien que les collégiens - futurs citoyens et automobilistes ou motards - sont obligés de faire du slalom à leurs risques et périls pour aller à l'école. Pourquoi dès lors obéiraient-ils à leur prof ? Pourquoi respecteraient-ils les lieux et les personnes puisque l'impunité a façade sur rue ? Et quand la police passe devant la boulangerie, elle ne s'arrête même pas. Ou alors, elle ressort de la boulangerie les bras chargés de croissants !
Pierre

Publié dans liberté

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