Un autre scandale d’État

Publié le par jack palmer

Il n’y a pas de vacances pour les commis aux basses œuvres de l’Élysée. Hier, c’était au tour du porte-parole de l’UMP d’emboîter le pas aux Besson, Hortefeux et autres Ciotti dans la campagne nauséabonde initiée au plus haut sommet de l’État : « La délinquance, chacun sait qu’il y a des liens avec l’immigration. » Le parti majoritaire a décidé de se lancer dans une stratégie de pompier pyromane pour remobiliser son électorat traditionnel et celui de l’extrême droite. Cette droite a recours aux pires moyens pour casser le mouvement populaire qui se dessine sur les retraites, comme pour effacer la conséquence, désastreuse pour sa responsabilité dans la crise, des révélations de l’été sur les liens de classe entre financement du parti présidentiel, gouvernement et grands milieux d’affaires.

La « rigueur » chère à ces gens-là est à géométrie variable… La lecture du rapport de la commission sénatoriale d’enquête sur la gestion de la grippe A est éclairant à bien des égards. Ce texte, dont l’Humanité publie de larges extraits, est bien moins « indulgent » que celui rendu public par l’Assemblée début juillet, qui permettait à la ministre de la Santé de pavoiser : « Le gouvernement a fait son travail. » En un sens, c’est vrai. La gestion par l’OMS de la pandémie qu’elle avait déclarée, 
les questions sur les liens, au plan mondial, avec l’industrie pharmaceutique ont nourri les débats 
de la commission d’enquête du Conseil de l’Europe, dont notre journal s’est fait largement l’écho. Au plan national, le travail présidé par le sénateur du Parti de gauche François Autain met en cause des contrats signés avec les labos, qui « se caractérisent par leur remarquable déséquilibre et par la légalité douteuse de leurs clauses ». Le coût pour les dépenses publiques de la campagne 
et du remboursement aux labos des doses « annulées » flirte avec les 400 millions d’euros. Les bénéficiaires de cet argent public ont pour nom GSK ou encore Sanofi…

Qui est l’actionnaire de référence de Sanofi, 
y disposant de droits de vote du double du nombre de ses actions ? L’Oréal, de la très chère Mme Bettencourt, dont le PDG veille à la défense des intérêts jusqu’au sein du conseil d’administration de la multinationale 
du médicament ! La générosité de l’État ne s’est pas arrêtée là. Ajoutons 607 millions d’euros versés au titre du crédit d’impôt recherche, quand le groupe a prévu de liquider l’emploi de 4 000 personnes d’ici à 2013 et de fermer quatre centres de recherche en France. Tout cela 
a permis à Sanofi-Aventis d’afficher une progression de ses profits de 49 % au premier trimestre et de distribuer, pour 2009, des dividendes progressant de près de 10 % quand son chiffre d’affaires n’a augmenté « que » de 4 %.

« STOPPONS LA GRIPPE cApitaliste », proclamait le tee-shirt édité par le PCF, qui s’est arraché lors 
de la dernière Fête de l’Humanité. La prochaine, les 10, 11 et 12 septembre, sera plus que jamais le lieu fraternel 
ou résonnera la voix de tous ceux qui refusent la guerre qui est déclarée au peuple et aspirent à construire un autre monde face à un tel système qui menace République, société et civilisation.

Par Michel Guilloux

Publié dans Plan de relance du PCF

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