SOS PS, le FN va me tuer !

Publié le par jack palmer

Y a t-il un pilote dans l'avion à la sauce PS

Y a t-il un pilote dans l'avion à la sauce PS | Montage Le Post

Tout d’abord, il y a ce sondage Ipsos, tombé il y a quelques jours, où les bonnes intentions en faveur de Marine Le Pen affichent 27%. Pour ce qui me concerne, rien de surprenant sous l’air Sarko, c’est juste le résultat d’un match à deux formations politiques pour savoir qui jouera le diable mieux que l’autre.

Quant au PS, trop préoccupé par sa danse d’égo, il passe en boucle sa musique interne dont le son n’entraîne que les déhanchements de ceux qui participent à la fiesta des primaires Socialistes !

Et puis, il y a cet échange, jeudi 9 décembre, sur France 2, dans l'émission « À vous de juger » entre Marine le Pen et Rachida Dati.

Dans son premier couplet, Rachida Dati évoque sa formidable et laborieuse dilution dans la société française en se citant comme exemple, avec, je crois, un peu d’émotion dans les yeux.

En politique, il faut savoir prendre de la distance avec son histoire pour s’inscrire dans celle des Français car si sa carrière peut recouvrir un aspect thérapeutique, les mandats que l’on se voit confier n’ont pas vocation à entretenir ces soins même si l’engagement peut améliorer son état psychique.

En guise de réponse, Marine le Pen sort donc son artillerie lourde.

« Mais Madame Dati cessez ce refrain que l’on nous sert depuis 40 ans ! Si tous les immigrés étaient comme vous, le Front National ne parlerait plus d’immigration » a-t-elle lancé en première charge.

Ensuite, c’est l’escalade d’une vérité que nous vomit Madame le Pen ; celle qui anime mes plumes, celle des cités, des banlieues, de la p’tite racaille qui fait régulièrement la Une des foyers, des bistrots parce qu’ils le cherchent bien et des médias, parce qu’ils le relaient bien aussi !

Et là, Rachida Dati explique le courage et la formidable volonté de son géniteur politique, Nicolas Sarkozy, qui justement s’attaque depuis des années à l’insécurité.

« Le discours de Sarkozy est clair » nous dit Madame Dati en ajoutant « qu’il répond bien aux préoccupations du FN ».

On y est ! Rachida nous a expliqué que Sarkozy est pratiquement sur la même longueur d’onde que le FN. Mais cela n’est pas un scoop car ce n’est pas le parfum des plats du Fouquet’s qui plane sur notre République mais celui de la cuisine frontiste ! Et quand deux chefs de ce genre sont au fourneau, ça donne de l’appétit à un grand nombre de citoyens.

Alors, comme la banlieue s’islamise, que les cités se communautarisent par la grâce ou à cause de la généreuse République qui, pour le coup, en perd sa franchouillardise, Marine le Pen n’a plus qu’à se baisser pour se servir !

Et se servir dans mes tribunes aussi, où je dénonce l’insupportable escalade de violences dans certaines de nos banlieues !

Faut-il alors continuer de dénoncer même si cela sert en grande partie à une destruction massive du vivre ensemble ?
C’est à se demander si « dire » n’est pas finalement « participer » à détruire !

Mais voilà, le Front national a trouvé quelques bons compléments d'arguments pour nourrir sa conquête de l'Élysée. À l'immigration, s'ajoutent la racaille, les cités, l'islamisation et la crise économique !

Silence, on attend l'apocalypse pour 2012 car si aujourd'hui, alors que la campagne n'est pas commencée, le FN caracole à 27%%, j'imagine que, lorsque la machine va s'emballer les frontistes et un paquet de Français vont tendrement se rouler des pelles !

Tous les intellectuels, spécialistes, et savants docteurs politiques pourraient nous tourner ce type de constat avec les analyses les plus savantes, devant les micros d’émissions les plus prestigieuses pour nous raconter à nous, peuple de gauche, à moi, que le Front National n’est qu’une grenade qu’aucun Français n’osera dégoupiller ; je leur réponds qu’ils aillent se rouler dans le peuple et ils verront bien l’odeur nauséabonde qui suinte des paliers. Sans compter ce que recense la toile de propos les plus xénophobes, en particulier dans les forums et en général sous couvert de pseudo.

Alors quand on connaît le nombre de ceux qui ont trahi la banlieue,
Ceux qui la trahissent encore,
Ceux qui s’en servent pour se servir,
Ceux qui jettent des allumettes à la première flaque d'essence,
Ceux qui promettent la fin des ghettos mais qui ne détruiront pas leur fonds de commerce,
Ceux qui en viennent et qui deviennent amnésiques,
Ceux qui y pensent et nous la racontent comme des contes,
Ceux qui y vivent et nourrissent les frontistes,
Ceux qui la fantasment comme un champ de guerre peuplé par des sauvages,
Ceux qui l’idéalisent comme un bout de république où la peau mâte, les frisettes et quelques couplets de Rap enchantent leurs soirées, leurs colloques, leurs bouquins ou leurs documentaires.

On se dit que la banlieue, si elle sait faire oublier nos campagnes, sert avant tout à meubler les campagnes… électorales celles-là !

Enfin, la P’tite Racaille des cités a eu ma lettre (publiée en septembre dernier par Libération) et comme c'est le temps du Père Noël qui malheureusement n'existe pas, voici celle que j’adresse aux Socialistes, qui pour le moment n'existent pas non plus. Mais en insistant bien, peut-être que le traîneau de la poste arrivera jusqu'à Solferino, pour porter ce « SOP PS, le FN va me tuer !»

Chers camarades et Amis Socialistes,

La musique que nous balance votre appareil et dont le son arrive jusqu'au média, en passant par les citoyens, donne un concert politique des plus désespérants.

Alors que j'aimerais vous dire de monter le son pour que j’entende par quelle opération, moi, Citoyenne et Socialiste, vais-je être délivrée de la machine UMP, j’en suis réduite à vous demander de baisser d'abord le son de vos ambitions personnelles.

Comment vous, responsables politiques, élus pour la plupart et détenant tous les pouvoirs de l’appareil, au fait de l’actualité, proches, d’après vous, des citoyens qui souffrent, pouvez-vous encore, une fois de plus, vous tirer une balle dans le pied qui ricochera sans nul doute, dans l’espoir du peuple de gauche ?

Je n’ose à peine y croire ! L’humiliation de 2002 n’aura rien fait et l’irresponsabilité de 2007 encore moins. Comme si à chaque échec, le volant de votre machine s'emballait vers un champ de mines où au final, nous explosons tous !

Alors, il n’est plus supportable, plus acceptable qu’une poignée de dirigeants dans lesquels je fonde, nous fondons (militants Socialistes) nos espoirs d’un autre projet de société, se plaisent à, non seulement nous faire peur, mais en plus s’occupent de tout, sauf ce pour quoi nous les attendons : gagner 2012.

Votre responsabilité est grande, immense et je ne peux imaginer que dans vos rangs, vous qui prétendez être prêts et capables de gouverner, vous minoriez, méprisiez, mettiez en second plan le danger qui nous guette !

Pourtant, contrairement à l’armée mexicaine de l’UMP où les ministres s’improvisent dans tout et où la communication fait office de gouvernance et carrément de projet politique, il y a, dans vos rangs, des personnalités brillantes, intelligentes dont les propos sont pertinents et ne demandent qu’à trouver vie grâce au pouvoir. Il est vrai, je vous l’accorde, que la mauvaise foi est tentante de ne retenir que vos guerres internes au détriment de vos messages politiques. Malheureusement, la presse préfère s’exposer dans le négatif pour exploser en positif !

Les sondages d’aujourd’hui ne font pas le résultat de demain. Et le désamour d’un Président en place n’est pas définitif non plus.

L’attente est forte et je sais combien la différence entre un projet de gauche et de droite est de taille, même si le citoyen a encore du mal à percevoir ce qui vous distinguerait de la droite.

Pendant ce temps, vous savez que le pull tricoté par Sarkozy s’effiloche et l’attaque pour le réduire à une vulgaire pelote vient de partout : les citoyens de droite qui ne se reconnaissent plus dans ses excès, le FN qui lui aussi s’est attaqué à un bout ; et de l’autre côté, des fidèles officiels (qui ne le sont peut-être pas officieusement) qui tentent de re tricoter le pull comme ils le peuvent avec la laine piquée sur le dos du FN !

Mais lorsque deux formations politiques crient ensemble les mêmes slogans sécuritaires, que leurs chasses visent les mêmes populations, qu’ils ont les mêmes coupables, il y a de fortes chances pour que le peuple finisse par succomber à choisir ces deux formations dès le premier tour.

Mais si je n’ai pas le pouvoir, à moi seule, de vous faire élire en 2012, je n’ai pas non plus celui de vous rassembler, ni celui de vous mettre au travail, encore moins celui d’établir un projet pertinent, visible, lisible, faisable et utile pour notre société.

Ce travail est entre vos mains, au travers de textes que vous élaborez seuls dans une concertation et calendrier si serré que les militants n’ont guère le loisir d’y mettre leur patte. Mais là n’est pas le problème, pourvu que mes et nos espoirs se reflètent dans vos propositions.

L'heure n'est donc plus à s'éclater sur la piste politique pour savoir qui d'entre vous se déhanche le mieux, à le plus beau look ou encore la meilleure prose verbale. La France a besoin d’autre chose !

Parce que j’ai l’intime conviction que le Parti socialiste est capable d’un autre projet de société,

Parce que je mesure l’accélération possible des violentes réformes qui nous guettent si la droite restait au pouvoir,

Parce que mon engagement mérite aussi une reconnaissance qui est celle de voir triompher mes idéaux.

Parce que je ne veux pas que notre pays vienne grossir le bataillon des pays qui connaissent l’installation officielle de l’extrême droite,

Parce que j’ai besoin d’espoir pour mes enfants, de solidarité pour nos aînés, de protection pour les plus fragiles,

Je vous exhorte,
Vous Socialistes en haute responsabilité,
d’entrer dans la piste pour une danse collective qui nous mènera à vous rejoindre, dans les rues en 2012, pour une grande fiesta du peuple de gauche !

Publié dans Présidentielle 2012

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