Retraites: l'intersyndicale à la recherche de nouvelles formes de mobilisations

Publié le par jack palmer

Par Anne-Pascale REBOUL


Les syndicats s'accordent à dire que s'ouvre une "nouvelle séquence", du fait de l'adoption de la loi. La participation en reflux les y contraint aussi, avec samedi, pour la huitième journée depuis la rentrée, entre 375.000 personnes (police) et 1,2 million (CGT) dans les rues.

Dès jeudi soir, l'intersyndicale avait fixé un nouveau "rendez-vous" de mobilisation dans la semaine du 22 au 26 novembre, dont les modalités doivent être définies lundi soir.

FO, qui se tient à l'écart de l'intersyndicale à sept (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FSU, Solidaires, Unsa), a ouvertement évoqué des "dissensions", qui "existent depuis le début" entre des organisations aux principes souvent opposés. Deux tendances émergent, entre ceux favorables à la poursuite du mouvement et ceux voulant tourner la page et passer à d'autres sujets.

Ainsi, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, déterminé à "continuer de contester la loi même si elle est promulguée", veut fin novembre une "journée interprofessionnelle". Reste à voir s'il est prêt à appeler à des grèves.

A l'adresse de sa base et de deux fédérations (cheminots et agroalimentaire) qui poussent à une mobilisation plus rapide, autour du 16 novembre, M. Thibault a soutenu samedi que "c'est par un feu continu d'initiatives locales, professionnelles, que nous entretiendrons le rapport de forces et contraindrons le gouvernement à rediscuter, tôt ou tard".

De son côté, le numéro un de la CFDT François Chérèque a aussi envoyé samedi un message fort, assurant que sa confédération "sera toujours" dans "ce mouvement unitaire" et "participera" à une "nouvelle journée d'action fin novembre". La veille pourtant, le leader réformiste avait paru faire un pas de côté, voyant le sujet des retraites "s'éloigner" et renvoyant à l'élection présidentielle de 2012.

A côté des deux grandes centrales, l'éventail de positions est encore large. A la pointe, FSU et Solidaires veulent encore marquer le coup fin novembre. La première propose "une manifestation nationale" à Paris, formule qui n'a pas été utilisée jusqu'alors. La seconde est aussi attachée aux manifestations: "c'est la visibilité, les liens interprofessionnels, intergénérationnels", souligne la porte-parole Annick Coupé.

De son côté, FO refuse une "stratégie d'épuisement" avec des "manifs jusqu'à Noël" et déplore qu'il n'y ait pas eu d'appel à la grève générale comme elle le réclame depuis le début.

Pour leur part, CFTC, Unsa et CFE-CGC appellent à davantage "d'imagination" sur les formes de mobilisation et lancent un appel du pied au patronat pour renouer le dialogue social.

Dès avant l'ouverture des discussions lundi, qui devraient s'achever tard dans la soirée, un élément semble acquis entre organisations syndicales, celui de revenir, au-delà du sujet des retraites, aux revendications sur l'emploi, les salaires et les conditions de travail.

Et si la CGT devait mettre à exécution sa menace de faire cavalier seul dans la poursuite de la "bataille sur les retraites", ce ne serait "pas la première fois" qu'elle se distinguerait, d'après Jacques Voisin (CFTC), qui relativise la discorde: "cela ne voudrait pas dire que l'intersyndicale serait morte".

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