Réforme des retraites : « La bataille n'est pas inutile »

Publié le par jack palmer

Réforme des retraites : « La bataille n'aura pas été inutile »

 

Des syndicalistes de la raffinerie Grandpuits, le 22 octobre 2010 (Benoît Tessier/Reuters).

Le Sénat a adopté la réforme des retraites, et les syndicats ne croient pas vraiment à un recul de dernière minute de Nicolas Sarkozy. Pourtant, ils ont prévu deux nouvelles journées de mobilisation. Pour ne pas perdre la face ou pour préparer l'avenir ?

Déjà adopté par l'Assemblée nationale, le texte a été voté ce vendredi soir au Sénat. L'affaire devrait être définitivement bouclée dans les jours qui viennent :

  • Lundi 25 octobre : réunion de la commission mixte paritaire, qui harmonisera les versions adoptées par le Sénat et par l'Assemblée nationale.
  • Mardi 26 ou mercredi 27 : adoption définitive du texte par les deux assemblées ; la loi devra ensuite être promulguée par le président de la République.
  • Jeudi 28 octobre et samedi 6 novembre : nouvelles grèves et manifestations à l'appel des syndicats.

« On ne veut pas s'arrêter, même si la loi est votée », expliquait déjà Jean-Claude Mailly jeudi sur LCI. Le secrétaire général de Force ouvrière espérait même « redonner du souffle au mouvement ».

« Ça aura permis aux gens de prendre conscience des inégalités »

La CFDT, elle, ne croit pas que Nicolas Sarkozy renoncera à la réforme qui doit marquer
son quinquennat. Contacté par Eco89, Jean-Louis Malys, secrétaire national du syndicat, en charge du dossier des retraites, estime que l'adoption du texte n'empêche pas de poursuivre la contestation :

« On a une démocratie avec des règles, la loi s'imposera. Mais est-ce
que ça veut dire que cette loi aura un avenir ? »

L'essentiel, désormais, ce serait en effet l'avenir. Un amendement adopté par le Sénat prévoit déjà un vaste débat sur une nouvelle réforme, à partir du premier semestre 2013. Un débat portant notamment sur l'instauration d'une retraite à points, un système proposé justement par la CFDT.

« Ce débat de société est justement ce qui manque aujourd'hui », explique Jean-Louis Malys. En assurant, cependant, que cette concession du Sénat ne poussera pas la CFDT à briser l'union syndicale. Selon lui, même s'il n'empêche pas la promulgation de la loi, le mouvement est utile :

« Indépendamment du vote de la loi, ça aura permis aux gens de prendre conscience des inégalités, que ce soit pour les retraites ou l'emploi des jeunes. De toute façon, la bataille n'aura pas été inutile. »

Photo : des syndicalistes de la raffinerie Grandpuits, le 22 octobre 2010 (Benoît Tessier/Reuters).

 

Par François Krug | Eco89 | 22/10/2010 | 21H39

Publié dans Retraites

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