Pourquoi la grande bourgeoisie ne cède pas pour l’instant?

Publié le par jack palmer

Ce samedi matin , avant la manif habituelle, nous avons débattu en conférence de section sur la situation politique en France et dans le monde.

Malgré un mouvement d’ampleur des salariés et des jeunes qui a mobilisé plus qu’en 1995 , 2003 et 2006 où la bourgeoisie avait reculé sur ses projets de casse de la sécurité sociale (Juppé), de la retraite avec le compromis de Chérèque (loi Fillon), du contrat 1ère embauche non promulgué (Villepin), nous nous apercevons que le pouvoir ne recule pas et joue sur la pseudo légalité de la loi votée par la droite parlementaire et sur "l’épuisement" futur du mouvement social. Nous nous posons la question , malgré un rapport de forces jamais atteint (65 à 70% de français soutenant le mouvement), de ce non recul de la grande bourgeoisie et du Medef par l’intermédiaire de la bande à sarko complètement délégitimée?

Un camarade , très compétent , nous a expliqué que face à la crise permanente du capitalisme le taux de profit a profondément diminué, particulièrement dans la zone occidentale du capitalisme, et que nos exploiteurs n’ont plus de grain à moudre face à la concurrence asiatique, indienne et aussi sud-américaine . Pour retrouver leurs marges ils doivent impérativement diminuer les "avantages sociaux" des travailleurs américains et européens en les alignant sur les coûts de production de leurs concurrents,d’où la politique d’austérité globale mise en place dans les pays européens et la poursuite des délocalisations vers les pays à bas coût sociaux .

Ce constat "économique" oblige le mouvement ouvrier à augmenter très fortement le rapport de forces en mobilisant des millions de salariés pour faire reculer nos bourgeois et même renverser la société capitaliste avec ses dirigeants. Dans la phase finale du capitalisme,avec sa mondialisation financière et ses spéculateurs voraces de tous ordres, nous sommes obligés de poser devant le peuple le changement de société par un mouvement de masse incommensurable en pleine effervescence révolutionnaire. Nous sommes conscients du défi qui se pose devant nous. Mais nous sommes obligés d’y faire face sinon la bourgeoisie encouragera l’option extrème-doite autoritaire et même dictatoriale comme elle l’a toujours fait dans les moments difficiles de crise économique de son système. D’ailleurs des signes électoraux sont à l’oeuvre déjà dans tous les pays occidentaux , la France n’est pas épargné avec le Front National et la politique de Sarkozy qui s’oriente vers un autoritarisme renforcé proche du Pétainisme.

Les réformistes qui dominent encore "électoralement" les révolutionnaires sont mis au pied du mur car ils n’ont plus de sparadrap social pour calmer le mal capitaliste sans le remettre en cause comme nous le voyons en Grèce, au Portugal ou en Espagne. L’illusion de faire reculer le patronat, comme Chérèque le pense, sur le chômage , la jeunesse ou les seniors est un leurre tendu par Parisot pour gagner du temps et fractionner le mouvement social unitaire. Nos bourgeois expatriés et malades des paradis fiscaux ou ils entassent leurs profits ne veulent rien perdre face à la crise financière du dollar en décrépitude et le déclin des Etats-UNis plombés par leur budget militaire qui ne leur permet pas de résoudre les graves problèmes de santé,d’éducation,de logement, de chômage de la future ex puissance mondiale.

Cette crise majeure du capitalisme doit être exploitée par les révolutionnaires et les progressistes militants pour proposer une alternative vraiment socialiste aux peuples. La grève insurrectionnelle trace ses sillons chaque jour malgré les obstacles mis en place par les gouvernements à la solde des multinationales. Il faut enfoncer le clou patiemment et avec créativité pour que le peuple renverse le capitalisme et construise la nouvelle société de nos rêves. Les travailleurs français montrent l’exemple en cette fin d’année et notre bourgeoisie cherche par tous les moyens à sa disposition à freiner le mouvement social en le dépouillant progressivement des acquis qu’il a gagné de haute lutte précèdemment. Tous les économistes marxistes doivent nous aider à bien comprendre la situation actuelle du système capitaliste pour que nous adaptions nos moyens de lutte à la hauteur nécessaire pour gagner. Nous ne pouvons laisser la dictature s’installer et pourrir nos vies. L’histoire à démontrer que la passivité, l’indifférence, la délégation de pouvoir permet à nos exploiteurs de nous entraîner dans des aventures dramatiques qui font régresser l’humanité comme trop de conflits guerriers l’ont démontré et le démontrent encore .

Comme l’affirment certains managers capitalistes nous avons le devoir de résultats . Nous devons changer le monde et nous devons démontrer que nous le pouvons .

Cela étant dit , poursuivons le combat ....

Bernard SARTON , section d’Aubagne

Publié dans On se parle

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