Politique sécuritaire: des milliers de manifestants partout en France

Publié le par jack palmer

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont défilé samedi dans quelque 130 villes de l'Hexagone, ainsi que devant des ambassades françaises de plusieurs pays de l'Union européenne, contre la politique sécuritaire de la jugée «xénophobe», notamment à l'égard des Roms visés par des mesures massives de reconduite à la frontière.

 
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La sérénade de Birkin et Régine sous les fenêtres de Besson
 

A , la mobilisation a été lancée dans la matinée en chanson devant les fenêtres du ministre de l'Immigration Eric Besson. Jane Birkin, Jeanne Cherhal ou encore Agnès Jaoui, sont venues interpréter «Les Petits Papiers», de Serge Gainsbourg. Une délégation a ensuite été reçue par le cabinet d' pour «une discussion de sourds», a résumé Richard Moyon, du Réseau éducation sans frontières (RESF).

«C'est un vrai sursaut citoyen»

Les artistes ont ensuite rejoint le cortège parisien, ouvert symboliquement, vers 14 h 30 par les familles Roms de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), dont le campement a été rasé le 12 août. Derrière eux, de nombreux responsables d'associations (LDH, Emmaüs, Dal, Attac,  Mrap, etc.), de syndicats (CGT, CFDT, FSU) et de partis politiques de gauche marchant au coude à coude sur des airs de musique tsiganes. Le cortège a rassemblé 12 000 personnes, selon la police, 50 000 selon les organisateurs.

«C'est un vrai sursaut citoyen», s'est réjouit Cécile Duflot, la secrétaire nationale des Verts, qui a qualifié le discours sécuritaire du chef de l'Etat à Grenoble de «délinquance politique». «A un certain moment dans l'histoire, il faut défendre ce qui est essentiel: les valeurs de la République qui sont aujourd'hui bafouée», a de son côté affirmé Corinne Lepage, eurodéputée et présidente de Cap2. «Quand on voit des bulldozers démonter des camps, c'est inadmissible», s'est emporté Olivier Besancenot, du NPA.

«Politique délibérée de stigmatisation»

Pour Mouloud Aounit, le président du Mrap, «il y a une urgence absolue» face à une «politique délibérée de stigmatisation qui libère la parole raciste et qui est menée au plus haut niveau de l'Etat, qui peut faire craindre des passages à l'acte d'agressions racistes». Quant à Jean-Pierre Dubois, le président de la Ligue des Droits de l'Homme, il estime que «depuis fin juillet, un flot de discours reprend l'essentiel du programme de Le Pen en 2002 construit sur le rapprochement entre immigration et délinquance».

D'autres cortèges étaient prévus dans toute la France.  Côte à côte, Roms et gens du voyage ont ouvert le cortège à Nantes qui a rassemblé entre 5 000 et 10 000 personnes (selon la police et les organisateurs). «Nous sommes tous des auvergnats», «où sont les délinquants? au gouvernement ! Expulsion Woerth et Sarkozy», scandaient les manifestants, entre 2 500 et 10 000, sur le Vieux Port de Marseille.

A Rome, Londres, Bruxelles, Madrid

A Bordeaux entre 1 200 et 3 500 manifestants on défilé derrière une large banderole où l'on pouvait lire : «Halte au racisme, liberté, égalité, fraternité en danger». A Grenoble, secoué par des violences urbaines en juillet dernier, ils étaient entre 2000 et 5000, à Montpellier, entre 500 et 1 000, quelque 2 000 à Rennes et entre 1 000 et 3 000 à Toulouse, marchant au son de slogans tels que «Auvergnat, Maghrébins, nous somme citoyens». D'autres cortèges ont été recensés à Perpignan (entre 400 et 800 personnes), Rodez (200), Auch (300 à 400 personnes), agen (350) ou encore Mantes-la Jolie (100).

A Rome, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées  à proximité de l'ambassade de France pour protester contre les «déportations» de Roms mais aussi contre la politique italienne à leur égard. A Londres, une vingtaine de personnes ont brandi des pancartes à l'effigie de Nicolas Sarkozy sous laquelle on pouvait lire : «Derrière le sourire, la culpabilité». A Bruxelles, une centaine de personnes, dont des Roms portaient des banderoles disant «Sarkozy: Voulez-vous acheter un Rom ? 300 euros l'adulte, 100 euros l'enfant», en référence aux montants de «l'aide au retour». En Espagne, à Madrid et Barcelone, de petits comités ont lu une lettre qui sera envoyée à l'ambassadeur de France pour demander le respect des droits de l'Homme.

 

04.09.2010, 16h09 | Mise à jour : 18h11

Publié dans liberté

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