Marseille, le Front de gauche construit son programme

Publié le par jack palmer

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, participait, jeudi, au premier débat portant sur la protection sociale, en vue de l’élaboration d’un programme partagé du Front de gauche. Correspondance particulière.

«La protection sociale, c’est défendre des droits et en créer de nouveaux. » Face à une salle comble et après avoir rendu une visite de soutien aux grévistes des dépôts pétroliers de Fos-sur-Mer, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a inauguré, jeudi, à Marseille, la première des réunions du projet partagé du Front de gauche.

Après Pierre Dharréville, dirigeant départemental du PCF, appelant à se mettre à la hauteur du mouvement social, des témoins se sont succédé pour affirmer les principes de solidarité qui fondent la protection sociale française, aujourd’hui taillés en pièces par le gouvernement. « On veut confier au secteur marchand et assurantiel l’ensemble de la protection sociale », explique Anne-Marie Meynard, assistante sociale à la CAF et membre de la CGT, qui ajoute : « Dans le secteur social, la gestion de type productiviste augmente la souffrance au travail et diminue la qualité du service rendu. » Président de l’Unef d’Aix-Marseille et partisan d’une allocation d’autonomie unique, Albin Faure a rappelé qu’aujourd’hui 24 % des jeunes renoncent à des soins faute de moyens et qu’un étudiant sur deux doit travailler pour financer ses études. Administratrice CGT de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille, l’infirmière Danielle Ceccaldi s’est souvenue qu’il y avait 13 établissements dans le département au début de sa carrière et qu’il n’y en a plus que trois à Marseille aujourd’hui. « La santé coûte ce qu’elle doit coûter, mais il faut y mettre le paquet. » Sur le même thème, Nicole Allais, présidente du grand conseil de la mutualité, a témoigné du glissement des termes de « mutuelle complémentaire » vers « assurance ». Pour l’économiste Fabrice Aubert, « la santé ou la retraite ne sont pas des coûts, mais des investissements que la société fait pour elle-même », pendant qu’Alain Barthe, salarié de la Sécu, appelait « à passer d’une logique de résistance à une logique de reconquête ». Le financement, les droits des femmes, la protection sociale de l’enfance et la dépendance ont été autant de sujets abordés. « On est au cœur des enjeux de notre société », a conclu Pierre Laurent. « L’objectif va être désormais de construire ce projet alternatif en faisant en sorte que les gens qui manifestent investissent le débat politique. »

Marc Bussone

Publié dans On se parle

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