Lutter ensemble, construire ensemble.

Publié le par jack palmer



Conseil national des 22 et 23 octobre

Lutter ensemble, construire ensemble.

Rapport de Bob Injey

 

Nous vivons une période importante dans l’histoire sociale et politique de notre pays. Là où un Sarkozy prétendait, avec arrogance, que plus personne ne se rendrait compte des grèves, nous avons un pays qui se mobilise sous des formes variées. Là où les préfectures ne voient que quelques milliers de manifestants, nous avons un mouvement qui ne cesse de se renforcer. Là où des ministres déclarent que la jeunesse est manipulée, nous avons des jeunes qui posent avec force la question de leur avenir. Sarkozy et son gouvernement, aveuglés par leur allégeance aux marchés financiers et à la bande du Fouquet’s, ne semblent pas se rendre compte de la profonde fracture qui existe dans notre pays. Fracture entre un Président au service des riches et des puissants et un peuple qui, tout au long de son histoire, s’est battu pour gagner des avancées sociales et marque aujourd’hui, avec force, sa détermination de se battre pour les conserver. Fracture entre l’arrogance et la violence d’un pouvoir et un peuple qui depuis des semaines, des mois fait la démonstration de son unité et de sa détermination.
La période que nous traversons n’est pas une simple réédition des grandes luttes sociales qui nourrissent notre histoire. Elle s’inscrit dans un moment où les forces libérales tentent de transformer radicalement notre civilisation et où une partie du peuple pose, à sa manière, la nécessité d’une alternative à la logique des marchés financiers. Cette situation est source d’enseignements et pointe des défis à relever dans les mois à venir. Avec notre Conseil national, il s’agit pour nous de bien appréhender cette réalité et de prendre les initiatives en conséquence.


Mieux appréhender cette réalité, en particulier autour de deux idées : D’une part, la mobilisation sociale en cours porte des évolutions dans la conscience politique populaire et des exigences fortes et nouvelles en terme de choix de société. Quelles possibilités ouvre cette évolution ?
D’autre part, et de manière contradictoire, le rejet de plus en plus massif de Sarkozy ne signifie pas pour autant l’adhésion à une alternative politique. Si la volonté de battre Sarkozy est très forte, l’absence d’une réelle perspective politique de changement à gauche l’est tout autant.


Quels sont les obstacles auxquels nous sommes confrontés ?
Face à cela, quelles initiatives politiques prendre pour que les exi- gences du mouvement social trouvent leur prolongement politique ? Relever ce défi, c’est-à-dire battre Sarkozy et la politique qu’il mène, mais aussi réussir à gauche, c’est le sens de nos choix de congrès. Avec notre Conseil national, c’est l’occasion de faire le point de la mise en œuvre de nos décisions et des initiatives que nous devons produire. En quelques mois, le mouvement contre le projet des retraites a pris une force conséquente. Un rejet qui progresse de plus de 20 points par rapport au début de l’été, une multiplication des mobilisations et des formes d’ac- tion, une détermination sans cesse réaffirmée au fur et à mesure des rassemblements. Un mouvement qui ne se limite plus à la question des retraites mais qui rejette la société de régression sociale que l’UMP et le Medef veulent nous imposer. Tout se mêle dans ce mouvement, la colère sourde qui s’amoncelle depuis des années face à l’arrogance du pouvoir et à sa connivence avec les forces de l’argent, le refus d’être méprisé et cantonné à une simple variable d’ajustement, la volonté de ne pas voir son avenir rimer avec « boulot-dodo-métro-caveau ».


Le gouvernement et ses relais utilisent toutes les ficelles pour tenter de détourner cette colère, d’enrayer cette mobilisation. Il y a le matraquage médiatique, à l’infini, avec le chantage à la faillite du système par répartition, ou bien la contrainte démographique, sans parler de la concurrence internationale. Il y a les énièmes tentatives de divisions des communautés entre elles, des salariés entre eux. Il y a l’attitude du gouvernement dans les assemblées visant à écourter au maximum le débat. Mais comme tout cela ne suffit pas, dans un climat où le pouvoir tente même de faire peser la menace terroriste, il y a ces jours-ci, et ces dernières heures, toute une série de provocations et de violences policières.
La droite est prête à tout, même dans les mensonges, mais cela ne trompe plus grand monde. Comment oser retarder le départ à la retraite quand le vécu quotidien pour des millions de femmes et d’hommes c’est le chômage et la grande précarité pour les jeunes, pour qui l’âge moyen d’accès à un emploi stable est à 27 ans. Le vécu quotidien de millions de femmes, c’est le temps partiel subi, c’est le chômage de longue durée pour celles et ceux qui, à plus de 50 ans, perdent leur emploi. Comment oser affirmer qu’il faut travailler plus longtemps parce que l’espérance de vie a augmenté, en oubliant un peu vite que si celle-ci a augmenté, la productivité, elle, a explosé. Comment oser prétendre que la retraite à 60 ans, c’est impossible ? Car après l’explosion de la crise financière, si quelque chose a progressé c’est bien la prise de conscience collective que l’argent existe. Un seul exemple, les 10 principales entreprises du CAC 40, à l’exclusion des groupes financiers, cumulent à ce jour 146 milliards d’euros de trésorerie. Commentaire d’un responsable de la Société générale sur l’utilisation de ce magot : « Il sera sans doute consacré aux actionnaires. »


La réforme des retraites est insupportable dans un contexte général où les riches le sont de plus en plus. Insupportable est la hausse des dividendes, le scandale des salaires des grands patrons défendus avec acharnement par des ministres. Insupportable est la collusion entre ce gouvernement et les puissances de l’argent, à l’image de la bande du Fouquet’s, de l’affaire Woerth–Bettencourt, de l’affaire du rachat, par une filiale de la Caisse des dépôts et consignations, de Quick, propriété d’un ami du Président, Albert Frère, pour 800 millions d’euros, largement au-dessus de sa valeur. Insupportable le dernier cadeau à Dassault avec une nouvelle commande de 11 Rafale, soit 800 millions d’euros. Un moyen sans doute pour aider un Dassault en difficulté non seulement à Corbeil-Essonnes mais aussi sur le marché de l’aviation. Cette connivence de tous les instants entre le Président, son équipe et les puissances de l’argent, l’arrogance des uns et des autres à l’égard de notre peuple sont de plus en plus insupportables.


Notre peuple aspire à retrouver espoir en l’avenir, ce mouvement en est l’expression. Et cette aspiration se télescope de plein fouet avec les exigences des marchés financiers et un gouvernement aux ordres de ces derniers. De manière de plus en plus forte, chacun perçoit qu’au travers de cette réforme, l’objectif n’est pas de répondre à la question démographique, ni de se préoccuper de l’avenir de la jeunesse, c’est uniquement et simplement de continuer à accroître au maximum les profits d’une petite minorité. Cette logique-là, une part importante de notre peuple ne veut plus la subir, et le mouvement social en cours porte cela. A l’image de la journée du 19 et de toutes les initiatives qui se sont tenues et se tiennent, la mobilisation et le soutien populaire à ce mouvement ne faiblissent pas.


Le mouvement s’enracine, prend des formes différentes, sans montrer à ce jour des signes d’essoufflement. Cette réalité, cette force du mouvement que renforce la totale intransigeance du gouvernement, favorisent le maintien d’un front syndical large, à l’image de la décision prise hier soir de deux nouvelles journées de mobilisation : jeudi 28 octobre et samedi 6 novembre. Cela ne faiblit pas et se renforce sur le fond en termes d’exigences. De la question des retraites nous passons avec force à celle de la société dans laquelle nous souhaitons vivre. Cette force du mouvement, ce rejet de la nature profondément inégalitaire du système, cette exigence de solidarité et de justice sont des atouts pour relever ce grand défi de la construction d’une véritable alternative. Nous devons continuer à tout mettre en œuvre pour qu’il se développe, pour en élargir l’assise populaire, pour participer à faire gagner le mouvement. Nous avons beaucoup contribué, au travers de nos députés, de nos sénatrices et sénateurs, avec l’Humanité qui en rend compte au quotidien et décrypte les enjeux. Nous sommes déterminés, dans le respect des décisions de l’intersyndicale, à poursuivre dans cette voie, en continuant à interpeller le pouvoir. C’est le sens de l’initiative que nous lançons avec nos partenaires du Front de gauche et l’ANECR avec un appel à tous les élus de gauche à se rassembler, mardi 26 octobre, devant les préfectures en province et à 12 heures à Paris en direction de l’Élysée. Nous sommes déterminés, alors que le mouvement s’inscrit dans la durée, à engager un élan de soutien et de solidarité financière avec les salariés en lutte. C’est le sens de l’appel lancé par Pierre Laurent, avec Jean-Luc Mélenchon et Christian Picquet du Front de gauche, de faire des 23 et 24 octobre un week-end de collecte nationale en solidarité avec les salariés dans l’action. A Paris, un point central sera organisé avec prise de parole demain à 15 heures sur le parvis Beaubourg.


Il y a quelques semaines, personne ne pouvait présager de la force qu’allait prendre ce mouvement. Mettre en échec la réforme des retraites semblait impossible, aujourd’hui la donne change, gagner devient possible, les communistes mettront tout en œuvre pour y contribuer. Il y a autre chose qui semblait impossible, il y a encore six mois, à savoir battre Sarkozy en 2012. Cette possibilité, à défaut d’être une certitude, constitue une priorité pour des millions de femmes et d’hommes. Mais si c’est une condition nécessaire, elle n’est pas suffisante pour changer la vie de nos concitoyens. Battre Sarkozy est une chose, changer de politique en est une autre. Au-delà du personnage, aujourd’hui ce qui frappe violemment les peuples, ce sont les politiques libérales qu’ils subissent. Et soyons lucides, celles et ceux qui mettent en œuvre ces politiques depuis des décennies n’ont pas changé d’objectifs.
Pour résumer cet aspect, regardons du côté de la commission de Jacques Attali et du rapport rendu ces jours-ci. C’est un état de la réflexion des « élites » libérales indiquant une feuille de route pour la France s’inscrivant dans les objectifs et les dogmes de la « concurrence libre et non faussée ». L’objectif est simple et Attali l’exposait dans une interview le 2 août dernier, je cite : « Nous voulons définir le programme commun minimum qui devra être appliqué, quoi qu’il arrive, sans interruption pendant les dix ans qui viennent et quelle que soit la couleur politique des présidents de la République. » Ignorant totalement les gâchis liés à la financiarisation de l’économie, il prône : le gel du salaire des fonctionnaires sur trois ans, l’extension aux collectivités locales de la règle du non-remplacement d’un départ en retraite sur deux, la baisse des concours financiers de l’Etat aux collectivités territoriales, l’instauration d’une participation financière des malades aujourd‘hui pris en charge à 100 %, le financement de la dépendance avec une assurance complémentaire obligatoire, la suppression de la
« clause générale de compétences pour les collectivités locales » ; il nous invite à rechercher une mise en œuvre « plus ambitieuse » de la RGPP. Il exprime le souhait d’un réexamen de la fiscalité sur le patrimoine ; mais là, les recommandations du rapport sont bien moins précises que l’énoncé des mesures d’austérité. Ce rapport relance la proposition d’une « TVA sociale » qui accom- pagne la baisse des cotisations sociales pour les employeurs. Et sur la retraite, la commission partage totalement le dogme « tra- vailler plus longtemps puisqu’on vit plus longtemps ». S’appuyant sur le constat que la réforme Sarkozy ne règle pas la question du financement, la commission préconise un « système par points », inspiré de la réforme suédoise. Réforme qui vient de provoquer la baisse des pensions en Suède de 4 % en 2011, après une baisse de 3 % en 2010. Attali et sa commission ne font d’ailleurs pas que rendre un avis. Ils sont bien décidés à entrer dans la bataille : «Nous allons nous employer à l’expliquer, le faire connaître, à interpeller les acteurs de la vie politique et sociale pour demander qu’il soit mis en œuvre. Vite et durablement. »  

Se soumettre ou se dégager des exigences libérales, c’est bien l’enjeu pour la gauche dans la période qui s’ouvre. Et en l’état actuel du débat et du rapport des forces, nous percevons le risque d’une gauche qui, certes, gagne face à Sarkozy, mais échoue ou renonce à changer véritablement de politique. Ce risque est réel et le débat sur les retraites l’illustre à sa manière. Prétendre aujourd’hui maintenir le départ à 60 ans tout en augmentant le nombre d’annuités, c’est tout simplement condamner celles et ceux qui n’ont que des salaires de misère à travailler au-delà de 60 ans. De la même manière, le débat sur la retraite à la carte écarte de fait toujours les mêmes, les salaires bas et moyens et les femmes, soumis pour une grande part au temps partiel imposé... S’engager dans ce renoncement, c’est à terme se diriger vers un nouvel échec, lourd de conséquences dans une période où l’absence de perspective et la déception peuvent mener au pire. Particulièrement au moment où la droite, pour faire passer ses réformes, cherche à diviser. Diviser entre public et privé, entre jeunes et vieux et, surtout, entre Français et étrangers, à l’image de la scandaleuse stigmatisation des Roms. Vieux procédé qui marque l’histoire de la lutte des classes, mais vieux procédé qui n’est pas sans conséquence. De la Suède à l’Autriche, en passant par les Pays-Bas, la poussée de l’extrême droite et son poids idéologique grandissant à droite nous interpellent.
Pour échapper à ce scénario, c’est d’une tout autre ambition dont notre peuple a besoin, c’est une tout autre ambition que doit porter la gauche. Celle d’une gauche qui ose s’engager sur des choix audacieux pour rompre avec les logiques libérales. Celle d’une gauche qui affronte la question des marchés financiers et qui porte une autre voix, d’autres exigences au sein de l’Europe. Porter une telle ambition est possible car le pays a pris conscience d’une chose : la société qu’ils nous préparent, nous sommes des millions à ne pas en vouloir ! Alors, si nous sommes des millions mobilisés contre la réforme des retraites, si nous sommes déterminés à résister, à mettre en échec cette politique, à la faire reculer d’ici 2012, à préparer la défaite de Nicolas Sarkozy et de sa majorité, c’est pour la remplacer par une politique qui en vaille la peine. Une politique qui redonne de l’espoir, qui ouvre vraiment une nouvelle ère sociale, démocratique, écologique.


C’est maintenant qu’il faut engager la construction des changements politiques qui permettront à la gauche de rompre réellement avec les logiques libérales du Medef, de la Commission européenne et du FMI.


Comment le faire ? C’est la grande question... Nous n’y parviendrons pas si celles et ceux qui luttent aujourd’hui se contentent de rester spectateurs du débat politique, quitte à choisir en 2012 des solutions par défaut. Il faut parvenir à ce que ces femmes et ces hommes, qui manifestent ou soutiennent le mouvement, s’en mêlent. C’est avec eux que nous devons décider de « ce que la gauche devra faire ! » A celles et ceux qui souhaitent ces changements, qui désespèrent, disons-leur très simplement et clairement : mêlez-vous en ! Invitons toutes celles et tous ceux qui, depuis des semaines, se battent contre la réforme des retraites, à mettre autant d’énergie pour s’emparer du débat politique. Ensemble, mettons en débat les grandes transformations dont la France a besoin. Imaginons ensemble les mesures prioritaires pour changer nos vies. Énonçons ensemble, avec clarté : « Voilà ce que la gauche devra faire si elle revient au pouvoir ! »
En ouvrant dans tout le pays le chantier d’un programme populaire et partagé, qu’elles porteront dans les élections de 2012, les forces du Front de gauche proposent à tous d’être partie prenante de cette construction. C’est le sens de l’initiative politique que nous avons prise lors de notre congrès de favoriser l’émergence d’un pacte d’union populaire fondé sur un projet, un programme co-élaboré, partagé et porté par celles et ceux qui veulent que la gauche réussisse. Pour dépasser les obstacles, pour créer les conditions d’une véritable alternative et favoriser une réappropriation citoyenne du champ politique, nous avons engagé cette démarche pour réussir le changement et donner un nouvel élan au Front de gauche.
Depuis le lancement de notre initiative à la Fête de l’Humanité, il y a eu quelques premières expériences, dans les Bouches-du- Rhône par exemple, mais nous n’avons pas encore véritablement déployé notre action pour la mettre en œuvre.


Plusieurs raisons à cela.

Première raison, liée aux circonstances, l’essentiel des efforts des militants communistes et des élus depuis la rentrée est très légitimement consacré au mouvement social. Je ne développe pas, mais à l’image de nos députés, de nos sénatrices et sénateurs, les communistes mettent tout en œuvre pour argumenter, mobiliser et gagner contre le projet Sarkozy.

Seconde raison plus profonde, c’est que notre initiative prend à contre-pied la pratique politique actuelle. Face à un système qui dépossède de plus en plus les citoyens à l’image de la réforme des collectivités territoriales, face à une délégation des pouvoirs renforcée, et à un spectacle hypermédiatisé, la démarche citoyenne n’est pas le premier réflexe.

Faire le choix de la réappropriation citoyenne de la politique, c’est faire un choix indispensable si nous voulons changer les choses, mais ce n’est pas le choix de la facilité. En même temps, il y a de l’attente, de la disponibilité, de la volonté à faire. La rencontre que nous aurons demain matin avec Maryse Dumas, Gérard Aschieri, Jean-Pierre Dubois, Mireille Flageul, Evelyne Sire-Martin et Serge Tarrassioux devrait, de ce point de vue, constituer un moment très important du Conseil national. Conseil national qui doit nous permettre de franchir une étape et d’entrer dans une phase active.


Pour y parvenir, une remarque et trois axes d’initiatives.

La remarque d’abord, avec la volonté de faire : il y a depuis plusieurs mois une profusion d’expressions qui tendent à rendre confuse la démarche. Pacte d’union populaire, programme partagé, conventions, rencontres nationales... la richesse des intitulés traduit tout à la fois la nécessité et la volonté d’aborder la question des contenus. Mais, à juste titre, des camarades font remarquer que cela n’aide pas toujours à la lisibilité. Alors, faisons simple. Notre ambition, celle que nous avons décidé à notre congrès, celle avec laquelle nous sommes en phase avec nos partenaires du Front de gauche et des milliers d’acteurs du mouvement social, c’est d’élaborer, ensemble, un programme populaire et partagé.

Pour y parvenir, nous nous engageons sur trois axes d’initiatives.

1) Ce processus doit être le plus public possible et au plus près de nos concitoyens, avec des initiatives au plus près des réalités locales. Pour cela, il faut faire connaître largement notre démarche. A l’occasion de la Fête de l’Humanité et lors des différentes manifestations, nous avons porté celle-ci à la connaissance d’un large public. Avec la publication du Cahier citoyen et du kit militant, nous voulons aller beaucoup plus loin dans la popularisation de cette démarche et permettre au plus grand nombre d’en être partie prenante. Concernant le cahier, tiré à 1,5 million d’exemplaires, l’objectif c’est qu’il soit un moyen d’engager le débat en pointant par exemple ce qui ne peut plus durer, ce qui doit changer, les questions qui font débat à gauche et celles que nous proposons de mettre en débat publiquement. Un matériel conçu aussi pour permettre la contribution. Un matériel dont la diffusion doit privilégier le contact individuel sur les points de rencontre, lors des porte à porte ou bien encore à l’occasion des initiatives publiques.
2) Ce processus, nous voulons le mener avec le plus grand nombre, à commencer par nos partenaires du Front de gauche, avec qui nous travaillons sur un programme d’initiatives et de forums dans plusieurs villes de France pour contribuer au déploiement populaire de notre démarche. Sept thèmes de travail et de débat ont été arrêtés : République, Europe, argent, écologie, travail, service public et politique internationale.
3) Ce processus, nous voulons y contribuer pleinement, pour le rendre le plus populaire possible mais aussi avec notre apport communiste. Bien évidemment - et cela sera déterminant - par la multiplication des prises d’initiatives sur le terrain, mais aussi des initiatives à dimension nationale.


Avec la tenue d’un meeting du Parti le 8 novembre à Paris pour, dans ce contexte de luttes sociales, marquer notre volonté d’entrer dans cette nouvelle phase avec une parole forte du Parti et de ses parlementaires.

Par la tenue, les 26, 27 et 28 novembre, d’une rencontre nationale du Projet, visant à rassembler 400 personnes, des res- ponsables et des élus, des communistes, des acteurs du mouvement social et des intellectuels. Avec qui nous visons à engager la mise en œuvre de cette élaboration partagée.

Enfin, la rencontre nationale des animateurs de section, le 8 janvier 2011, sera l’occasion de faire le point sur la mise en œuvre de cette démarche et des contours du programme populaire et partagé, pour lequel nous pouvons nous fixer l’objectif de le concrétiser à la fin du premier semestre 2011.

Dans le prolongement du mouvement social en cours, notre démarche pour construire un programme populaire et partagé s’insère dans une cohérence pour faire gagner la gauche et pour qu’elle réussisse. Cette démarche n’est pas déconnectée des échéances électorales à venir. Je pense aux cantonales et aux sénatoriales de 2011. Je pense aussi à toutes les élections partielles qui vont se tenir, en particulier celles de deux grandes villes : Corbeil-Essonnes et Noisy-le-Sec, avec nos camarades Bruno Piriou et Gilles Garnier. Des élections importantes, à l’image de Corbeil-Essonnes où les représentants de la bande du Fouquet’s s’opposeront à ceux d’un peuple en lutte pour sa dignité, ses droits et l’avenir de ses enfants. Il est des formules qui peuvent paraître de pure forme, mais aujourd’hui, dans le contexte social et politique que nous connaissons, nous avons, comme direction du PCF, une grande responsabilité.

Responsabilité pour, dans le respect des organisations syndicales, contribuer à élargir et faire gagner le mouvement en cours. Responsabilité pour créer les conditions d’une véritable alternative dans ce pays.



Publié dans Société Politique

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