Les Bleus battent l'Irlande au courage

Publié le par jack palmer

Vainqueur 22-25 des Verts, ce dimanche à Dublin, le Quinze de France ira défier l'Angleterre chez elle dans quinze jours, seule sélection toujours invaincue dans ce Tournoi des VI nations avec les Tricolores.

De notre envoyé spécial à Dublin (Irlande).

N’invitez surtout pas le Quinze de France à vos premières. Il les pourrit à coup sûr. Les Irlandais inauguraient hier leur nouveau stade dublinois en compétition officielle. Ils y ont été vaincus 22-25 par des Bleus qui avaient déjà mis le souk en 2007 au premier match des Verts dans l’antre des sports gaéliques de Croke Park. En 2000, le Millennium gallois avait subi pareille avanie.

Aux Français le tour d’honneur. Il récompensa leur ténacité à préserver jusqu’au bout leur court succès. Mais pour ce qui est de leur jeu, la grande parade n’était pas pour ce déplacement de Dublin. Peut-être le sera-t-elle dans quinze jours, quand les Tricolores iront défier à Twickenham des Anglais qui restent aussi en course pour le Grand chelem. Pour préparer ce grand choc, Marc Lièvremont pourra sortir à peu près la même et très longue liste des secteurs à améliorer qu’il avait brandie après l’Ecosse.  Touche, défense et placages, attaques placées, tout reste sur le métier. Surtout, les Tricolores ne parviennent toujours pas à « imposer leur jeu », comme demander par leur sélectionneur. La différence hier, ils l’ont faite grâce à leur roublardise et à leur gestion de l’événement.

Paradoxalement, ce sont les Irlandais qui ont bien failli imposer leur tempo. Ceux-là même qui avaient patiné en Italie la semaine précédente ont fait valoir leur cœur dès le début du match, avec cinq minutes de pilonnages récompensés d’un premier essai (McFadden, 5e, 7-0). Dans cette rencontre, les impacts et le sens du jeu ont été irlandais. Mais les fautes aussi. C’est grâce à elles que le Quinze de France est resté à flot (six pénalités inscrites par Parra puis Yachvili). En revanche, les offensives tricolores n’ont presque jamais franchi la ligne des 22 mètres adverse, faute de précision dans les soutiens, de rapidité dans les enchaînements. Si bien que quand les Irlandais remettent un coup d’accélérateur, le tracteur français calle (essai de O’Leary à la 37e, 15-12).

A une seule occasion, les Français ont aperçu ce que leur jeu peut produire, avec un peu de rapidité et de punch. Le puissant trois-quart centre Aurélien Rougerie envoie son vis-à-vis sur l’arrière train et son coéquipier Maxime Médard à l’essai (54e, 15-22). C’est bien mais c’est tout. Pas de quoi éteindre la flamme irlandaise qui s’offre un nouvel essai plein de coeur (essai de Heaslip à la 67e, 22-25). Mais les petits tas des Bleus enterrent le match. A eux la victoire. A eux aussi quinze jours de travail.

Stéphane Guérard

Publié dans On se parle

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