Le sarkozysme met la droite aux bords de l’implosion

Publié le par jack palmer

L’absence de réponses aux problèmes des Français comme la course après les thèmes du FN provoquent un vent de panique qui se traduit désormais par une confrontation au sein de l’UMP mais aussi parmi les conseillers de l’Élysée.

Panique à l’Élysée ? Les sondages successifs montrant en instantané une forte poussée du Front national et la possibilité d’une élimination du candidat Sarkozy en 2012 dès le premier tour n’enflamment pas la droite : ils attisent simplement le feu qui couve sous la cendre depuis plusieurs mois. Au point que l’occupant actuel de l’Élysée est contraint à des compromis, voire des reculs.

L’incertitude, qui était jusque-là perceptible dans les déclarations contradictoires des leaders de l’UMP, atteint désormais les cabinets présidentiels. Sous la pression des caciques de l’UMP, le plus souvent rendus individuellement inquiets par l’approche des échéances électorales, on s’interroge en haut lieu sur la stratégie à suivre pour tenter de remonter la pente.

les discours de sarkozy imprégnés d’indécision

Doit-on continuer à chercher à capter, comme en 2007, les électeurs de l’extrême droite ? Si la réponse est positive, Nicolas Sarkozy multiplierait les déclarations faisant de la sécurité, de l’immigration, ou de la peur de l’islam, l’ossature de ses initiatives. Quitte à accentuer les poussées centrifuges, en particulier parmi les centristes et les néogaullistes. Dans le cas contraire, les thèmes seront calqués sur les postures testées par les régimes autoritaires des pays arabes : le rassemblement derrière le meilleur garant face à l’extrême droite. Ou l’islam. Les discours du chef de l’État sont imprégnés de cette indécision. Elle se traduit par une confrontation entre ses deux principales plumes, les conseillers Patrick Buisson, convaincu de la pertinence de la première hypothèse, et Henri Guaino, plutôt attiré par la seconde. Le pire sans doute étant que Nicolas Sarkozy ne saura choisir entre l’une et l’autre, affichant tantôt l’une ou tantôt l’autre, mais préférant dans un continuum psychorigide nettement la première. Le tout dans un gloubiboulga désespérant chacune des sensibilités de la droite sarkozyste. Le FN, facteur d’explosion du sarkozysme ? Pathétique, Nicolas Sarkozy préférait s’interroger, mardi, sur le combat pour l’égalité hommes-femmes. Ou gloser sur le mode de l’autosatisfaction : « J’ai connu des hauts et des bas, mais j’y suis arrivé .» Où ? L’ambiguïté traverse les positionnements au sein de l’UMP. En témoignent les réactions à la saillie de Chantal Brunel, députée de Seine-et-Marne, seul département où la droite peut espérer l’emporter aux cantonales à condition que l’électorat ne soit pas tenté
par le FN.

Celle-ci avait préconisé de renvoyer les immigrés dans leur bateau, le jour même où était publié le sondage ravageur sur la montée de la droite extrême. Nathalie Kosciusko-Morizet a choisi. « Il faut avoir des principes clairs. S’il y a un second tour FN-PS aux cantonales, on vote PS. » Patrick Devedjan : « Ce n’est pas une bonne idée de courir après le FN. On lui donne une légitimité. » Philippe Vigier (UMP-Nouveau Centre) : « Cela dégage la route du FN sur le terrain de la division et de la polémique. » Bernard Debré (UMP) : « Il faut, nous l’UMP, qu’on regarde. Cela ne cadre pas avec ce qu’attendent les Français. » Pour l’heure, Nicolas Sarkozy, face aux risques d’implosion, mange son chapeau. À l’Assemblée nationale, mardi, les centristes affiliés à l’UMP, en tentative de distanciation sous la double surenchère de Jean-Louis Borloo et d’Hervé Morin, ont infligé un camouflet à l’Élysée en retoquant son projet de déchéance de nationalité (voir ci-dessous), Claude Guéant assurant le repli stratégique : « Il ne faut pas prendre le risque de diviser la majorité. » Laquelle travaille déjà la question de l’efficacité de plusieurs candidatures en 2012. Et aussi celle du meilleur candidat de la droite.

Vote républicain : Copé pas net 

Le patron de l’UMP tergiverse : entre l’extrême droite et le vote républicain pour lui faire barrage, il serait urgent de ne pas 
prendre parti. « Il n’y a pas lieu d’avoir une position. » 
Ajoutant : « Ici ou là, les Français peuvent exprimer des déceptions ou quelques regrets par rapport à la manière dont nous faisons les choses. » Difficile de faire mieux en matière de banalisation des idées frontistes. Pour autant, afin de tenir compte de sa base inquiète des dérives extrémistes du parti présidentiel, il a indiqué qu’à l’occasion de la série de conventions qui se tiendront 
en avril, « la stratégie de politique économique au service 
de l’emploi » sera sur la table. Pas de quoi réjouir les Français : 
il vise la suppression totale des 35 heures...

Dominique Bègles

Publié dans Présidentielle 2012

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