Le Pen vante le nazisme devant de futurs journalistes

Publié le par jack palmer

Invité à rencontrer les étudiants du Centre de formation des journalistes, à Paris, le président du Front national a tranquillement « déroulé sa propagande ». Au nom du « pluralisme », bien sûr...

Le Centre de formation des journalistes (CFJ), école fondée par des résistants, accueillait donc jeudi un multirécidiviste du propos révisionniste. Confortablement installé, le « conducator », comme le qualifie le SNJ-CGT, attendait en souriant les questions d’un étudiant « à la main qui tremble en tenant son papier », rapportait Europe 1. Et ce qui devait arriver arriva : devant un parterre inexpérimenté, « Jean-Marie Le Pen se sert des questions pour dérouler sa propagande », souligne la journaliste de la radio.

Il a tout d’abord sidéré l’auditoire en abordant son thème de prédilection, l’immigration, prétendant que « 5 % des immigrés viennent en tant que travailleurs, 95 % comme demandeurs sociaux », ou qu’il y a « 80 % d’immigrés ou de Français d’origine immigrée en prison ». Une seule voix a réussi à lui couper la parole : « Vous les tirez d’où, ces chiffres ?» Pas de réponse précise. « Il a une faculté étonnante pour éluder les questions et mentir », expliquait à l’AFP Alexandre Devecchio, étudiant en première année, à l’issue de la rencontre.

Mis en confiance, le fondateur du FN s’est autorisé à revenir sur des propos qui lui ont valu condamnation sur « l’occupation pas particulièrement inhumaine » de l’armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Sans plus de réaction que, quand, interrogé sur un sondage montrant que 10 % la population allemande souhaitait être dirigée par « la main ferme » d’un « fürher », il a déclaré que « dans le national-socialisme, il y avait un contenu socialiste considérable qui a transformé la société 
allemande plus qu’aucune force politique ne l’avait fait  ».

En voie de banalisation dans les médias, le discours de haine du FN doit-il intégrer la boîte à outils du journaliste dès sa formation, fût-ce dans l’école dirigée par un ancien journaliste politique du très à droite hebdomadaire le Point  ? La polémique suscitée montre que la question mérite d’être posée. Mais sans doute, le temps que les étudiants en journalisme aient fini leur cursus, le rapprochement entre UMP et FN, auquel œuvre la droite populaire, passerelle de la majorité, sera-t-il effectif. Il n’y aura plus alors de problème de « pluralisme » : le discours lepéniste sera pleinement légitimé.

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Grégory Marin

Publié dans Société Politique

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