« Le maillot 94, c’est pour ne pas oublier d’où je viens »

Publié le par jack palmer

Jérémy Menez, l’attaquant qui joue ce soir avec l’équipe de France, porte dans son club de l’AS Rome le n° 94. Et y tient.

Se promener sur les rives du Tibre, s’émerveiller devant le Colisée, déguster un tiramisu place d’Espagne… L’attaquant de l’AS Roma, , 23 ans, a tout le loisir de se délecter des charmes de la capitale italienne. Mais son truc à lui, c’est plutôt kebab sur les bords de la N 7 et soirée PlayStation chez ses potes d’enfance, dans le quartier du Moulin-Vert, à Vitry-sur-Seine.

« C’est quelqu’un de très simple, répètent ses amis Christopher et Douga. Il vient ici dès qu’il le peut. Et quand il débarque, c’est dans la Peugeot 206 de sa mère. »

Ce n’est pas seulement pour fuir le tumulte de Rome que Jérémy Menez, qui jouera pour la seconde fois en bleu, ce soir contre la Biélorussie, retourne si souvent sur les terres de son enfance. Le gamin du Moulin-Vert a le 94 et Vitry dans la peau. Et il le prouve : il y a quelques mois, il a souhaité s’afficher dans le avec le 94 griffé dans le dos.

« C’est une manière de ne pas oublier d’où je viens, lâche-t-il d’une voix caverneuse alors qu’il émerge d’une sieste digestive au centre d’entraînement de Clairefontaine. C’est aussi une forme de clin d’œil pour mes potes. Mais bon, au début, le club s’était trompé, il m’avait fait un maillot 93. » Le blasphème est vite oublié.

Natif de Longjumeau (91), Jérémy est arrivé à Vitry à l’âge de 2 ans. Puis il a quitté le Val-de-Marne pour le centre de formation de Sochaux quatorze ans plus tard. Ces années vitriotes sont celles de l’innocence, avant que son exigeante carrière professionnelle ne le fasse passer plus vite que les autres à l’âge adulte. « J’ai grandi ici, poursuit le jeune international. Je suis d’ici. Les délires avec mes potes me manquent parfois. C’est pour cela que je reviens le plus possible. Entre six et sept fois par an. »

Quand il retourne à Vitry, pas de chichis : soirées entre amis, sandwichs grecs avalés sur le pouce et parties de PlayStation. « C’est encore moi le meilleur sur PES (Pro Evolution Soccer, un jeu de foot sur console) », plaisante-t-il. Dans la petite cité du Moulin-Vert, à deux pas de la N 7, tout le monde le connaît. Ou s’en vante.

En ce début d’après-midi, Stéphane et Jérémy passent le temps près d’un abribus. « On le voit de temps en temps, assurent-ils. Mais un peu moins depuis que sa mère n’habite plus ici. »

Il y a encore un mois, Madame Menez vivait toujours dans le quartier. « Elle a voulu se rapprocher de sa famille en Bretagne », explique son fils. Mais ses amis, eux, sont toujours là. Et lorsqu’il appelle son plus proche compère, Christopher, il ne manque jamais de prendre des nouvelles du quartier. Ses habitants le lui rendent bien. Ce soir, le quartier du Moulin-Vert va vibrer pour son bleu.

Le Parisien

LUCAS BRETONNIER ET LOUIS MOULIN | 03.09.2010

Publié dans 94

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