La parité, victime collatérale de la réforme territoriale

Publié le par jack palmer

La réforme territoriale, voulue par le gouvernement et définitivement adoptée par le Parlement, ne fait pas davantage de place aux femmes. Alors que le scrutin de liste pour les élections régionales avait contraint les partis politique à la parité, cette réforme prévoit que les conseillers territoriaux, qui remplaceront en 2014 les conseillers généraux et régionaux, seront élus selon un scrutin uninominal à deux tours. Un mode de scrutin qui demeure un obstacle à une représentation équilibrée entre les femmes et les hommes. Le choix de ce mode de scrutin a suscité un tollé au sein de plusieurs partis.

Le PCF, comme le Front national ou le MoDem considèrent que l'abandon de la proportionnelle vise à favoriser les plus gros partis, et plus particulièrement l'UMP. Selon ces formations, l'objectif est de mettre un frein à la constante érosion de la présence du parti présidentiel dans les conseils régionaux et généraux. "En changeant les règles de représentativité des collectivités territoriales dans un but politique, Nicolas Sarkozy remet en cause les règles de la parité, regrette Hermeline Malherbe, présidente du conseil général des Pyrénées-Orientales (divers gauche). Ce n'était probablement pas la volonté initiale de ceux qui ont pensé cette loi, mais cela sera une des conséquences de ce choix."

PÉNALITÉS FINANCIÈRES OU PARITÉ

Si le principe de parité hors d'une obligation législative ou réglementaire ne s'impose pas pour de nombreux décideurs politiques, "il faut donc contraindre par la loi et imposer aux partis qui ne jouent pas le jeu des pénalités financières plus dissuasives", estime Marie-Françoise Pérol-Dumont, présidente socialiste du département de la Haute-Vienne. Une contrainte qui ne handicapera pas les formations les plus riches, selon Hermeline Malherbe : "Les pénalités financières pèsent surtout sur les petits partis sans grands moyens, alors que l'UMP et le PS paieront les amendes comme ils l'entendront."

Reste à savoir si la réforme territoriale de l'exécutif actuel ne sera pas elle-même réformée. François Hollande comme Arnaud Montebourg, tous deux présidents de conseil général et candidats socialistes potentiels à la présidence de la République, se déclarent favorables à une abrogation du texte et à son remplacement par un renforcement de l'indépendance des territoires. La question de la parité réelle sera encore discutée.

Eric Nunès

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