La défaite aux cantonales accroît les tensions à l'UMP

Publié le par jack palmer

Déjà illustrées par le psychodrame entre les deux tours des cantonales autour de la question de l'attitude à adopter face au FN, les tensions internes à l'UMP semblent aller en s'aggravant. Lundi 28 mars, Nicolas Sarkozy en personne a dû recadrer ses troupes, en proie au désarroi quant à la stratégie de "droitisation" choisie par l'Elysée.

"Ceux qui mettent en cause la famille politique sont ceux qui ne se battent pas pour elle, et ceux qui voudraient mettre en cause l'unité de notre famille ne le feront pas avec notre complicité", a lancé le chef de l'Etat. Une allusion claire à Jean-Louis Borloo, tête de pont de la fronde des centristes et radicaux de l'UMP qui souhaitent reprendre leur indépendance pour créer un "deuxième pôle" dans la majorité.

Les ambitions de M. Borloo ont été confirmées, dès dimanche, par son bras droit, Laurent Hénart, pour qui les résultats décevants de l'UMP devaient inciter à "constituer une force politique nouvelle".

ESTROSI ÉVOQUE "LA MACHINE À PERDRE"

Mais dimanche 27 mars, les critiques qui ont fusé contre la stratégie du tout sécuritaire ne venaient pas toutes du camp centriste. C'est ainsi que Christian Estrosi, pourtant fidèle du chef de l'Etat, s'est publiquement interrogé : "Quand on veut ouvrir un débat tous les jours, le premier à ouvrir c'est comment mettre un terme à la machine à perdre. Interrogé sur sa crainte de perdre en 2012, l'élu a confirmé : "Oui je le crains, en continuant sur cette voie, moi je veux inverser la voie."

 

L'accusation de M. Estrosi était destinée à Jean-François Copé. Mais il est clair pour tout le monde à l'UMP que le premier instigateur de ce débat sur l'islam et la laïcité est bien Nicolas Sarkozy."Il y a toujours des coups de pied de l'âne", a réagi ce dernier devant les responsables de la majorité.

BAROIN SÉVÈREMENT RECADRÉ

Le chef de l'Etat a d'ailleurs dû insister une nouvelle fois pour que ce débat ait lieu. Lundi 28 mars, en effet, le porte-parole du gouvernement, François Baroin, avait ouvertement appelé à "mettre un terme à tous ces débats" comme celui sur la laïcité et l'islam. Il a également appelé l'UMP à revenir à des valeurs "profondément républicaines" au lendemain de la poussée du FN aux cantonales. Une critique en creux de la "droitisation" de l'UMP, orchestrée de l'Elysée.

 

La réponse de Nicolas Sarkozy ne s'est pas fait attendre. "Si le parti ne discutait pas, ne débattait pas, à quoi servirait-il ?" "Quel est son rôle ? Débattre, proposer, soutenir. Le gouvernement, lui, doit agir", a insisté le chef de l'Etat.

Quelques minutes après cette sortie, des sources au sein de l'UMP, parlant d'un "malentendu", annonçaient que François Baroin allait prochainement rectifier ses propos. Mais cette cacophonie, qui rappelle beaucoup les atermoiements du parti présidentiel sur les consignes de vote face au FN dans l'entre-deux-tours, montre bien la confusion et la panique qui se sont emparées d'une partie de la majorité.

Lundi après-midi, la confusion a continué avec le député UMP Etienne Pinte. Réputé proche de François Fillon, ce dernier a affirmé que le premier ministre était "très mal à l'aise" avec le débat sur la laïcité, "pas sur la même longueur d'ondes sur ces sujets que le président Nicolas Sarkozy". M. Pinte s'est dit "totalement d'accord" avec François Baroin, et estimé qu'il n'était "pas le seul" parlementaire sur cette ligne.

Pour le député, "il y a aujourd'hui un rejet de l'UMP, c'est évident". "Dans les Yvelines comme dans d'autres départements, chaque fois qu'il y avait deux candidats se réclamant de la droite, c'est le sans étiquette, le non-UMP qui l'a emporté".

Le Monde.fr

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Publié dans Cantonales 2011

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