la copie et l’original

Publié le par jack palmer


La copie servant les intérêts de l’original, l’opération de séduction et de surenchère
de Nicolas Sarkozy sur les idées de l’extrême droite apporte aussi ses fruits au Front national.

Marine Le Pen a été élue haut la main à la tête du Front national, dont elle veut faire un tremplin pour la présidentielle de 2012. Contrairement à son père, qui se dit satis­fait d’avoir joué un rôle de « tribun du peuple », Marine Le Pen, 42 ans, vise le pouvoir à la manière de la Ligue du Nord en Italie.

22% des Français se disent d’accord avec les idées défendues par le Front national, un chiffre en hausse de 4 points par rap­port à l’an dernier, selon un sondage qui note une forte progression de l’image du FN chez les sympathisants UMP. Nicolas Sarkozy a dû se résoudre à ranger sa médaille d’enterrement du Front national, qu’il arborait dans les médias et les réu­nions internationales. Une médaille auto octroyée après son élection en 2007, avec les applaudissements de son camp et certains crédules.

Le président de la République a trans­formé certaines idées de Jean-Marie Le Pen en pratiques d’État, en faisant adopter des lois ou en en aggravant les décrets d’application, ou encore en prononçant des discours auxquels le leader frontiste n’aurait pas changé une ligne. Il s’ima­ginait ainsi déposséder le César d’extrême droite de ce que lui appartient : son terri­toire politique. Revers de la médaille : un libéralisme reaganien sauvage, emprunt de xénophobie et de chauvinisme.

Cette percée de l’ancien ministre de l’Intérieur dans le territoire de Jean-Marie Le Pen a estompé la ligne de démarcation entre la droite classique et le FN. D’où le constat de hausse de l’adhésion aux idées du Front national, notamment chez les sympathisants UMP (+12 points par rap­port à l’an dernier).

Avec ce démarquage, Nicolas Sarkozy a pu consolider son emprise sur le socle dur de la droite, mais, revers de la médaille, il a rétréci son champ d’influence au centre de l’échiquier politique, et a même pro­fondément affaibli les formations centris­tes inféodées à l’UMP.

Mais un président sortant qui n’est pas capable de remobiliser les troupes  qui l’ont amené à la victoire devra inévitable­ment trouver de nouveaux alliés pour la prochaine bataille…

Publié dans Politique

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