L'histoire du « grand Noir » qui vous a volé votre portable

Publié le par jack palmer

Dessin de Baudry

Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a annoncé vendredi une diminution de 2,1% de la délinquance globale en France en 2010, mais les violences aux personnes continuent d'augmenter (+2,5%).

Lors d'une réception à l'Elysée le 1er janvier, Nicolas Sarkozy avait attribué en partie cette hausse aux vols de téléphones portables de dernière génération dans les transports publics. Une augmentation de 40% dans les transports public parisiens.

Un tiers des vols avec violences de téléphone serait imaginaire

Ce vendredi matin, France Info a diffusé une enquête intéressante qui revient sur l'affirmation de policiers selon laquelle près d'un tiers des plaintes pour vols de portables avec violences sont de fausses déclarations.

La journaliste a fait ce que nombre d'entre nous avons déjà expérimenté : appeler une agence de son opérateur pour savoir quelle démarche suivre lorsqu'on s'est fait dérober son téléphone sans le savoir, sans avoir eu le temps de réagir, sans être sûr de ne pas l'avoir fait tomber ou l'avoir oublié.

Elodie Gueguen, la journaliste, explique aux vendeurs qu'elle s'est fait voler son mobile sur la table d'un café, sans aucune violence. Les dix personnes contactées lui conseillent d'aller porter plainte en racontant qu'elle s'est fait agresser :

« Vous dites : “J'ai pas bien, vu, il était grand, il était noir, il a couru vite, je serais même pas capable de le reconnaître…” Ils vont pas chercher, hein. » (Ecouter le son)

 

Le mieux étant d'y aller avec un témoin qui confirme la scène, précisent-ils. La plupart des assurances « vols » mobiles ne remboursent que si la victime « se fait frapper », est-il expliqué à l'abonné.

« Dites que c'est un grand Noir »

La journaliste demande si elle ne risque rien, rappelle qu'il s'agit d'une fausse déclaration. Les vendeurs la rassurent : « Ils n'ont aucun moyen de vérifier. »

Citant des sources policières, Elodie Gueguen explique au contraire que plusieurs personnes ont été confondues par les policiers, placées en garde à vue et poursuivies pour dénonciation de faits imaginaires.

Mais le plus stupéfiant dans ce reportage et qui n'est pas relevé par la radio (en tous cas pas dans le 7H/8H), c'est que les deux vendeurs que l'on entend conseillent à Elodie Gueguen de dire au policier que c'est »un grand Noir » qui l'a frappée pour lui dérober son smartphone.

 

Par Blandine Grosjean | Rue89 | 21/01/2011

 

Revoir le dessin qui introduit ce reportage de Blandine.

 

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Publié dans On se parle

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