L'enquête qui secoue la gauche

Publié le par jack palmer

L'enquête qui secoue la gauche. Les idées libérales ne séduisent plus les Français Une enquête de la Fondation Gabriel-Péri révèle les évolutions idéologiques des Français sur une longue période à contre-courant des impératifs des marchés financiers et des choix sarkozystes dont la crise a accentué le rejet. Quoi de neuf en 2010 ? Ou plutôt : quelles sont les tendances profondes de l’évolution des représentations et des valeurs chez les Français ? Ou encore : comment interpréter le sens des transformations dans les comportements politiques ? La Sofres a réalisé un sondage sur ces thèmes, en juin dernier, au lendemain des élections régionales, pour nourrir l’enquête de la Fondation Gabriel-Péri, présidée par Robert Hue. Ses résultats éclairent le long terme. Ils sont aussi autant de clés pour mieux appréhender le contenu de la séquence sociale qui s’est développée depuis, et la nature du mouvement populaire constitué contre la réforme des retraites. Ils constituent en outre le cahier des charges à partir duquel la gauche devrait situer le niveau de l’alternative de la civilisation à la droite sarkozyste dans la perspective des futures échéances électorales. Réactions en chaîne Si la crise n’a pas bouleversé les évolutions antérieurement amorcées, en particulier liées au sentiment grandissant de « mal-vie », elle a sans doute fonctionné comme une validation de celles-ci jusqu’à précipiter la mise en contestation des concepts idéologiques. Il en est ainsi de l’inquiétude sur « la puissance sans contrôle des marchés financiers internationaux ». La réaction en chaîne, du coup, percute la notion même de « capitalisme » considéré selon la tendance comme étant « fondamentalement dans l’erreur », considération assortie de la conviction « d’un besoin d’un autre système économique ». La nécessité de « contrôle » l’emporte désormais sur la « liberté » des entreprises. Dans cette logique, l’idée de « nationalisation » devient majoritairement positive. Par ailleurs, contrairement aux choix xénophobes, sécuritaires ou identitaires du sarkozysme, on constate que la crise n’a pas endigué le reflux de l’hostilité aux immigrés ou la recherche de boucs émissaires. L’enquête soulève enfin un paradoxe qui doit interpeller l’offre politique actuelle. Alors que l’intérêt est des plus élevés, que la conscience d’appartenance de classes se refonde, un énorme discrédit frappe les dirigeants des partis et réinstalle, en particulier parmi les jeunes, un redoutable positionnement « ni gauche ni droite ». Fiche technique Sondage Sofres effectué pour la Fondation Gabriel-Péri. Il a été réalisé du 7 au 14 juin 2010, par téléphone, auprès d’un échantillon de 1 504 personnes représentatives de la population de nationalité française âgée de dix-huit ans et plus. La méthode est celle des quotas (sexe, âge, profession 
du chef de ménage, cathégorie socio-professionnelle) et stratification par région et catégorie d’agglomération. Dominique Bègles

Publié dans Politique

Commenter cet article