«L'appel révolutionnaire» de Cantona affole le Web... et les banques

Publié le par jack palmer

 
 A.L. | 02.12.2010, 19h58 | Mise à jour : 03.12.2010, 00h5

Eric Cantona va-t-il réellement retirer tout son argent à la banque, le 7 décembre au matin ? Selon Libé.fr, l'ancien footballeur ne se dégonfle pas. «Je constate comme tout le monde cette étrange solidarité qui est en train de naître, alors, oui, le 7 décembre, je serai à la banque».

 Le buzz du «bank run» (traduire : panique bancaire) a pris une ampleur phénoménale sur le Web. Via les réseaux sociaux, plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont donné rendez-vous pour vider leur compte le jour J. Sur Facebook, ce jeudi soir, pas moins de 30 000 personnes s'étaient engagées à le faire.   

Au point que des membres du gouvernement et les dirigeants du secteur sont montés au créneau, qualifiant cet appel de «tragi-comique» voire d'«insécuritaire». Le directeur général de BNP Paribas Baudouin Prot, resté longtemps silencieux, a d'ailleurs déclaré que l'idée était «complètement contraire à ce qui peut assurer le fonctionnement de l'économie».

A l'origine de la page Facebook, intitulée «Révolution. Le 7 décembre, on va tous retirer notre argent des banques», «Canto» avait lâché, début octobre lors d'un entretien au journal Presse Océan, que la seule manière de se faire entendre du pouvoir, c'était de s'en prendre aux banques. La séquence, filmée, fait aussitôt le tour de la Toile. «Au lieu d'aller dans les rues faire des kilomètres pour manifester, tu vas à la banque de ton village et tu retires ton argent», propose l'ex-star du ballon rond reconvertie dans le cinéma. 

30 000 personnes acceptent de participer à l'événement

Doctement, Cantona expose sa théorie. «S'il y a 20 millions de gens qui retirent leur argent, le système s'écroule. La révolution se fait par les banques. Pour parler de la révolution, on va pas prendre les armes, on va pas aller tuer des gens. Le système est bâti sur le pouvoir des banques. Donc il peut être détruit par les banques». 

Très vite, des internautes relayent l'information, postant la vidéo sur Youtube et Dailymotion. Un groupe Facebook voit le jour et décide de fixer une date à cette opération bancaire d'envergure. Ce sera le 7 décembre. En à peine un mois, 30 000 personnes acceptent de participer à l'événement. Le «bank run» est en marche.    

Le but «n'est pas de tout casser, mais de tout reconstruire»

Pour les deux fondateurs de la page Facebook, Géraldine Feuillien et Yann Sarfati, le but du mouvement «n'est pas de tout casser, mais de tout reconstruire». «Si ça ne se plante pas le 7, cela se plantera de toutes façons», affirment-ils, réfutant en bloc l'étiquette d'anarchistes. Pour eux, cet appel doit «permettre l'émergence de nouvelles banques, où l'on peut déposer son argent tout en ayant la conscience tranquille», argument-ils.

Alors faut-il craindre sérieusement ou non un «bank run» en France, le 7 décembre au soir ? Pas vraiment, d'après les experts du secteur bancaire. Le président de la Fédération bancaire française (FBF), François Pérol, a affirmé que l'impact du mouvement ne constitue pas de réelle menace. Les deux seuls exemples de retraits brusques et massifs remontent à 2008 avec les banques Northern Rock au Royaume-Uni et celle d'IndyMac aux Etats-Unis... alors plongées en pleine crise financière. La santé des banques françaises n'est évidemment pas comparable avec celle des autres banques américaines en 2008.


leparisien.fr

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