Enquête judiciaire sur une école musulmane

Publié le par jack palmer

Le parquet de Créteil a ouvert une enquête contre le directeur d’une école musulmane de Boissy, pour abus de confiance et travail illégal. Le maire a été entendu hier comme témoin.

Boissy-Saint-Léger, hier. Soupçonné d’avoir détourné plusieurs milliers d’euros, l’Institut français des études et des sciences islamiques (Ifesi) fait l’objet d’une enquête par le parquet de Créteil.


Le directeur de l’Institut français des études et des sciences islamiques (Ifesi) est dans le collimateur de la justice. Le parquet de Créteil a ouvert une information judiciaire pour abus de confiance et travail illégal contre le responsable de cette école musulmane installée à Boissy-Saint-Léger depuis 2001. La justice le soupçonne d’avoir détourné plusieurs milliers d’euros.

 

Placé sous contrôle judiciaire depuis le mois de décembre 2010, Ahmed Abidi a été entendu mardi par le juge d’instruction chargé de l’enquête. Hier après-midi, c’est le maire socialiste de Boissy-Saint-Léger, Régis Charbonnier, qui a été convoqué comme témoin, au tribunal de Créteil. Le juge souhaitait notamment déterminer les relations que la mairie entretient avec la communauté musulmane de la commune.

Cette affaire fait suite à un signalement du 18 novembre 2010 par le rectorat de Créteil auprès du procureur de Créteil. « L’Ifesi ne s’était pas déclaré auprès de l’Education nationale comme il aurait normalement dû le faire, détaille une source proche du dossier. Et puis, il accueillait du public alors que toutes les conditions de sécurité n’étaient pas remplies. » Dans la foulée, le parquet de Créteil ouvre une enquête, et une perquisition est réalisée dans les locaux de l’école. Installé au deuxième étage d’un immeuble du 11, avenue du Général-de-Gaulle, l’institut y occupe plus de 600 m2. Moquette bleu gris, décoration d’inspiration islamique avec de la mosaïque, l’ambiance est cosy. L’établissement dispose de plusieurs salles de cours, de petits amphis, d’une bibliothèque et d’une salle de prière. Lors de leur perquisition, les policiers récupèrent des documents qui mettent à jour des mouvements de fonds suspects. « C’est complètement faux, se défend Ahmed Abidi. J’ai fourni toutes les précisions au juge. Quant au travail illégal, il s’agit simplement de bénévoles qui aident l’école, rien d’autre… » Selon le directeur, l’Ifesi accueille un peu plus de 200 élèves, uniquement le week-end. « Tant qu’il n’y a pas de cours la semaine, nous n’avions pas à nous déclarer, assure Ahmed Abidi. Quant aux problèmes de sécurité, c’est ridicule. Nous disposons de huit sorties de secours. C’est de l’acharnement. Cela participe au mouvement général contre les musulmans. » Du côté de son avocat, Me Antoine Alexiev, on dénonce une « cabale » : « Le dossier est vide », insiste-t-il.

Publié dans Boissy

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