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Publié le par jack palmer

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Sondage

L'état d'esprit des Français. Baromètre Ifop/Ouest France. 55% des personnes interrogées déclarent être optimistes quant à leur avenir et celui de leurs enfants (un score identique à celui mesuré en septembre, et en progression de 16 points par rapport à décembre 2008). Cependant, en dépit de cette stabilité, la part des personnes interrogées se déclarent « très optimistes » diminue (5%, contre 7% en septembre), et se maintient à un niveau relativement faible, ce qui atteste de la fragilité de cet optimisme. De plus, les personnes se déclarant « très pessimistes » se montrent légèrement plus nombreuses (11%, +1 point après une baisse substantielle de 7 points au mois de septembre). Ce degré d'optimisme est très hétérogène. L'optimisme reste très fortement lié à l'âge : les jeunes (75% chez les moins de 25 ans et 66% chez les personnes âgées de 25 à 34 ans) font part, en cette fin d'année, d'un état d'esprit plus positif que leurs aînés (48% chez les plus de 35 ans). Le clivage politique agit également de manière importante sur l'état d'esprit des Français quant à leur avenir : 68% des sympathisants UMP se disent ainsi optimistes, alors que ce sentiment n’est partagé que par 51% des sympathisants du Parti Socialiste et 26% de ceux du Front de Gauche. Enfin, les différences en fonction des catégories socioprofessionnelles semblent s'atténuer : les cadres, d'ordinaire plus optimistes, le sont autant que les employés (60%) et moins que les personnes exerçant une profession intermédiaire (63%). Les personnes les plus marquées par le pessimisme demeurent les commerçants (47%) et surtout les retraités (55%). Les Français ne font confiance en leur gouvernement que dans un unique domaine : la protection de l'environnement (55%), qui subit tout de même une baisse de 5 points par rapport à septembre dernier. Le niveau de confiance en ce qui concerne la lutte contre l'insécurité, qui accuse un recul de 6 points par rapport à septembre, pâtit pour la première fois depuis l'élection présidentielle de 2007 d'un score minoritaire (49%, soit -29 points depuis la première mesure réalisée après la prise de fonction du Président en août 2007).

L'action du Ministre en charge de l'Immigration, sujette à de nombreuses polémiques ces derniers mois, suscite de plus en plus de méfiance : seuls 34% des Français ont confiance dans le Gouvernement pour l'intégration des personnes issues de l'immigration, soit une baisse de 7 points par rapport à septembre et de 22 points par rapport à août 2007.

L'action sociale de l'exécutif en direction de la population, à l'image de la lutte contre le chômage (28%, -4 points) et de la lutte contre la pauvreté et l'exclusion (26%, -6 points), connait également un net recul de confiance. Enfin, en cette période de tension économique, l'action gouvernementale sur les grands dossiers économiques suscite la plus grande appréhension de la part des Français : seul un quart de la population accorde sa confiance au Gouvernement dans le domaine de la baisse des impôts (26%, -5 points) et 21% dans celui de l'augmentation du pouvoir d'achat (-2 points).

La popularité de Sarkozy

Les voeux du chef de l'Etat ont suscité de nombreux commentaires le plus souvent dubitatifs voir inquiets quant a sa capacité a rebondir.

« Alarme sociale » titre ainsi Le Monde et l'éditorial observe « Même si la reprise attendue cette année est plus forte que prévu, l'ambition annoncée de " faire reculer le chômage et l'exclusion ", aussi légitime soit-elle, pourrait bien se révéler chimérique. La progression du nombre de demandeurs d'emploi n'est pas en voie de s'arrêter. La précarité, l'exclusion, et même la pauvreté ne régresseront pas, loin s'en faut. Alarme sociale donc. Le chef de l'Etat en semble conscient. En d'autres termes, il lui faut éviter de connaître en 2010 la crise sociale qu'il redoutait en 2009, et à laquelle il a échappé. ». Cécile Cornudet aux Echos relève pour sa part que « le chef de l'Etat ne s'est pas étendu sur le calendrier de l'année et sur ses textes prioritaires. Alors qu'Alain Minc, qu'il consulte souvent, le presse de faire de la réforme des retraites l'étendard de sa capacité à réformer, Nicolas Sarkozy ne s'est pas avancé sur ce dossier. En revanche, Nicolas Sarkozy s'est une nouvelle fois félicité du train de textes adopté en 2009 (loi de Finances, Hadopi, publicité à la télévision) et de la rapidité avec laquelle ils sont entrés en vigueur. Mais l'essentiel, hier, était de remobiliser ses troupes à l'aube d'une année encore incertaine sur le plan économique. Nicolas Sarkozy commence la cuvée 2010 sur un mode consensuel et prudent, sans annonce spectaculaire, à l'opposé des deux années précédentes : l'économie française est encore trop fragile pour tourner la page de la crise ; et seules les élections régionales permettront de jauger des marges de manoeuvres politiques pour engager les nouvelles réformes. »

Interrogé par Les Echos, Dominique Reynié estime que le sujet du débat sur l'identité nationale, « c'est la place de la France dans la mondialisation. Il y a une inquiétude nationale. Mais c'est une erreur de l'analyser par le prisme de l'identité nationale. Il eut mieux fallu avoir pour ambition de définir un projet d'avenir. Nicolas Sarkozy n'est pas si impopulaire que cela. Il a toujours un socle solide de soutien. Même si son électorat a été quelque peu désorienté par son positionnement sur certaines questions et par le cycle qui va de Roman Polanski à l'Epad en passant par Frédéric Mitterrand, il conserve un socle de soutien représentant environ un tiers des personnes interrogées. Le chef de l'Etat a pourtant décidé de s'impliquer pleinement dans ce scrutin. C'est un risque. Il en a pris un autre : la stratégie des listes uniques à droite, qu'il a imposée, est à mes yeux une erreur. Si la majorité ne dépasse pas 35 % des voix au premier tour, elle sera sans réserve pour le second tour. A côté des listes UMP, il aurait, selon moi, fallu des listes centristes pour capter les électeurs de droite déçus ou mécontents de la politique du président et qui vont se réfugier dans l'abstention. Il semble désormais prisonnier d'une communication trop souvent anxiogène, dominée par le réchauffement climatique, la grippe H1N1 ou la crise économique. Lors de son élection, il avait instillé de l'espoir, dessiné une vision pour le pays, démontré une vraie vitalité. Il doit absolument revenir à cette attitude positive, constructive, inventive. Il faut qu'il indique aux Français la direction vers laquelle ils vont, qu'il dise comment la France va réussir dans la mondialisation. La société française a besoin d'un projet mobilisateur. »

Les élections régionales

Les Echos a consacré la chronique d' Eric Dupin au scrutin régional. Selon lui « il s'installe péniblement dans le paysage électoral français. La région est certes appréciée des Français. Pas moins de 86 % d'entre eux se disent « attachés » à la leur d'après TNS. Mais ils mesurent mal l'enjeu politique que représente sa gestion. Le manque d'incarnation des régions sanctionne cette faible lisibilité démocratique. Les électeurs ne se détermineront guère, en mars, d'après des politiques régionales qu'ils peinent à juger. C'est « la situation économique et sociale » (45 %) qui s'annonce comme le déterminant majeur du prochain scrutin. Le poids de ce vote de crise, a priori peu favorable aux gouvernants, est particulièrement lourd chez les jeunes et dans les catégories populaires. » Il avertit cependant « Les électeurs les plus désemparés par le morose contexte économique et social ne se précipiteront pas forcément aux urnes au printemps. Le scrutin régional de 2010 souffre de plusieurs handicaps. Il risque d'être victime de la fatigue d'un corps électoral convoqué pour la quatrième année consécutive dans les bureaux de vote. Pour la première fois, les élections régionales ne seront pas couplées avec un autre scrutin. Une fois encore, le contexte national devrait surdéterminer la compétition régionale. Loin d'exprimer la diversité des enjeux régionaux, les quatre élections de ce type ont toutes été dominées par le rapport de forces politique global. Sur fond d'impopularité de Nicolas Sarkozy, considéré par l'opinion comme le véritable chef de l'exécutif, la bataille régionale de 2010 s'annonce périlleuse pour la droite. L'issue des joutes régionales dépendra généralement plus de l'architecture électorale que du mérite de l'exécutif sortant. »

Le débat sur l'identité nationale

Le débat sur l'identité nationale est encore très loin de faire l'unanimité au sein même de la majorité. Au contraire, les sondages défavorables (à peine un Français sur trois, selon le CSA, souhaitait avant Noël que le débat se poursuive) et une série de dérapages verbaux semblent avoir sensiblement renforcé le nombre de ses détracteurs à droite. Malgré les efforts de François Fillon, qui a tenté de ramener le calme en défendant une conception d'abord patrimoniale de l'identité nationale, nombre d'élus se disent « choqués » de la tournure prise par le débat. Les plus nombreux déplorent que ce débat ait surtout permis aux crispations à l'égard de l'Islam de s'exprimer. Et craignent que la polémique, alimentée par la question de la burqa et le référendum suisse sur l'interdiction des minarets, ne profite surtout au Front national aux régionales de mars. Mais tous les députés, loin s'en faut, ne sont pas opposés ni indifférents au débat. Certains le jugent au contraire « utile ». Parce que c'est une « promesse de la campagne » de 2007.

Le débat sur la fin de la crise

Les débuts d'année sont propices aux panoramas sur l'avenir. La fin de la crise y trouve une bonne place. Ainsi l'éditorial de La Tribune s'intitule « L'année du défi ». Erik Izraelewicz y relève « De nombreux signes témoignent d'une amélioration. On peut en souligner au moins trois. D'abord, le secteur financier semble retrouver ses esprits, même si la situation est encore très contrastée d'un pays à l'autre. D'autant que ce mouvement s'accompagne d'une expansion plus robuste dans les pays émergents. Reste à savoir si ce rebond constitue une base solide. Le doute est plus que permis, puisque l'amélioration en cours n'a pas grand-chose de spontané. En clair, l'ensemble du système vit sous assistance respiratoire. Et on ne sait toujours pas si le patient peut respirer seul. Car les injections de fonds publics financées à coups d'emprunts massifs par des Etats déjà surendettés vont devoir être réduites dans des délais rapprochés. Le principal défi de l'année qui s'ouvre sera donc de débrancher ces perfusions publiques avec doigté et coordination. »

Selon le flash Natixis (2/12), dirigé par P. Artus, les inégalités s'étaient creusées entre les salariés avant la crise; depuis, elles vont se creuser entre les salaires et les profits, avec l'évolution du chômage, les délocalisations et la désindustrialisation et le maintien d'une exigence élevée de rentabilité du capital. La crise va faire réapparaître un conflit de répartition pour le partage des revenus entre salaires et profits, avec la hausse du revenu et de la richesse des actionnaires au détriment des salariés. Le conflit traditionnel salariés-actionnaires va s'amplifier.

Pour F. Chérèque, « le discours politique sur la reprise, trop optimiste, alimente les attentes sur le pouvoir d'achat chez des salariés qui ont consenti beaucoup de sacrifices en 2009. Les négociations seront d'autant plus tendues que, avec la hausse à minima du SMIC au 1er janvier, le gouvernement a incité les entreprises à la modération. ».

Dans une tribune dans le Monde, le philosophe M. Serres estime « Je soutiens depuis longtemps que l'économie n'est qu'un paramètre parmi d'autres. Et que la crise financière qui bouleverse aujourd'hui le casino de la banque n'est que le révélateur de ruptures autrement plus profondes, pour lesquelles les termes de " relance " ou de " réforme " sont hors de propos. Il y a une chose qui n'a pas changé, ce sont nos institutions. Et vous voudriez que cela n'explose pas ? Avec des instances gouvernementales prévues pour un milliard d'habitants quand nous sommes six milliards et demi ; pour des paysans quand nous sommes tous dans la ville ; pour des gens qui mouraient à 30 ans quand nous devenons centenaires ? »

Dans Le Figaro, le philosophe M. Lecourt regrette que l’idée de progrès ait aujourd’hui perdu sa force d’attraction en Occident. Il remarque « Cette idée semble avoir perdu l’essentiel de sa force d’attraction dans les pays occidentaux. Le progrès y apparaît même comme une menace d’aliénation radicale. Les sciences et les techniques sont diabolisées. Aux pays qui n’ont pas bénéficié des progrès économiques et sociaux réalisés pendant les deux siècles de l’âge industriel, cette crise idéologique apparaît comme une manoeuvre hypocrite pour les maintenir dans la dépendance. Notre temps n’est-il pas celui où, conscients des risques, nous avons la possibilité d’inventer de nouvelles formes de vie humaine, qu’il s’agisse du travail, de la recherche, de la médecine et du soin autant que des relations affectives? Bref, nous avons la chance de pouvoir et de devoir redonner sens au progrès. C’est une chance, car, sans le sens du progrès, il n’y a pas d’humanité qui vaille. »

Selon un sondage BVA, la France est, sur le plan économique , l’un des pays les plus pessimistes au monde. Pour la moitié des Français, 2010 sera pire que 2009. « Il existe un décalage entre la situation réelle de l’économie française et la perception qu’en ont les Français qui semblent structurellement plus pessimistes que d’autres », observe Céline Bracq, directrice adjointe de BVA Opinion. Conséquence, la peur du chômage est plus forte en France qu’ailleurs.

Un autre sondage, Harris commandé par le Financial Times montre que les Français se montrent plus pessimiste que leurs voisins européens. 44 % pensent que leur niveau de vie va se réduire. 75 % prévoient que le gouvernement va réduire son aide étatique dans la prochaine décennie. Selon le FT, « Une raison du pessimisme est que beaucoup de Français ont peur de la façon font N. Sarkozy conduit ses réformes » notamment dans les systèmes de protection sociale.

Publié dans On se parle

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