DSK ne dit rien, mais le dit quand même

Publié le par jack palmer

Politique - le 20 Février 2011

Le peut-être/peut-être pas candidat à la primaire du Parti socialiste en vue de la présidentielle de 2012 poursuit son plan communication. Ce dimanche soir, sur France 2, Dominique Strauss-Kahn n'a rien dit. Pas plus demain, dans un entretien accordé à un quotidien.

Dominique Strauss-Kahn est entré dans la danse ce dimanche soir. Après avoir fait parler son épouse Anne Sinclair et ses lieutenants du Parti socialiste, le toujours directeur général du Fonds monétaire international (FMI) a alimenté lui-même le suspens sur sa possible candidature aux primaires du Parti socialiste, en vue des élections présidentielles de 2012.

Invité vedette du journal télévisé de France 2, DSK a donc dit des choses aussi essentielles que "aujourd'hui, c'est au FMI que je travaille" ou "je suis un homme libre". Il a expliqué que "la rencontre avec les Français et mes compatriotes" lui manquait à Washington, siège du FMI, tout en expliquant "je m'occupe des problèmes des gens" au FMI. Au sujet de son épouse, qui a glissé dans un entretien il y a dix jours qu'elle ne souhaitait pas que son mari effectue un deuxième mandat au Fonds, il a dit aussi: "Ce qu'elle dit a beaucoup d'importance pour moi. Quoi que  je fasse, son avis comptera". Enfin, il a rétorqué aux critiques venues de la droite par un « si les élus voulaient bien passer plus de temps à faire ce pour quoi ils ont été élus et non pas à tenter de savoir qui va gagner la prochaine élection, le monde se porterait mieux. » Puis s'en est allé.

Fin de l'opération marketing demain avec la publication de sa rencontre avec des lecteurs du Parisien. Pas de suspens. Humanite.fr peut vous révéler en avant-première que le mari d'Anne Sinclair... ne dira rien. Pour preuve la vidéo mise en ligne par le Parisien - encadrée par deux publicités pour une banque française! - dans laquelle on lui demande"vu de Washington, la France et notamment Sarcelles ça vous manque ?", et dans laquelle il répond: "Oui bien sûr ça me manque. Ca me manque parce que votre pays vous manque toujours, d'abord vous y avez des tas d'amis, de la famille, des habitudes, des goûts, une culture... Je pense que tout individu qui travaille à l'étranger par moment a un peu le blues du pays."

Dominique Strauss-Kahn a mandaté l'agence de communication Euro-RSCG pour alimenter régulièrement la chronique et les médias. Sa venue vendredi et samedi à Paris dans le cadre d'une réunion des ministres des Finances du G20 a constitué une étape importante dans son plan com'. Samedi, lors du point presse clôturant la réunion, face à une journaliste bravant les consignes de s'en tenir au sujet G20, il a à nouveau botté en touche et répété n'avoir "rien d'autre à l'esprit" que son travail au FMI, une tâche qui l'occupe "plus qu'à plein temps".

Ses lieutenants au Partis socialiste ont ensuite été chargé d'occuper le terrain. Il y a dans le pays "un désir de Dominique Strauss-Kahn au-delà de la bulle médiatique et de l'excitation que nous avons ce week-end", a dit sur RTL le député de Paris Jean-Marie Le Guen. Et pour lui la réciprocité existe car DSK "a une envie de France". "Je pense qu'il comprend aujourd'hui combien notre pays a besoin sans doute d'être gouverné autrement". Jean-Christophe Cambadélis, autre député strauss-kahnien, s'en est pris de son côté à la phrase de Nicolas Sarkozy sur le nécessaire renforcement du rôle du FMI: "C'est bien joli de vouloir rehausser le rôle du FMI, mais Nicolas Sarkozy devrait d'abord rehausser le rôle de la France (...) La droite a peur car aujourd'hui la gauche peut ouvrir, soit avec DSK, soit avec Martine Aubry, le chemin de l'alternance politique."

A lire: La droite sarkozyste booste la candidature de DSK

Publié dans Société Politique

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