Débat sur la laïcité : les défections s'enchaînent à droite

Publié le par jack palmer

Politique - le 31 Mars 2011

Après le Premier ministre François Fillon, la ministre des Solidarités Roselyne Bachelot et le président du Sénat Gérard Larcher ont annoncé ce jeudi qu'ils ne participeraient pas à la convention de l'UMP sur la laïcité promue par Jean-François Copé avec l'appui de Nicolas Sarkozy.

Neuf ministres, dont le porte-parole du gouvernement François Baroin et le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, chargé des cultes, ont en revanche annoncé qu'ils seraient présents. Et encore, du bout des lèvres. Pour minimiser le rendez-vous du 5 avril prochain, le ministre du Budget a expliqué que ce débat ne déboucherait sur rien. "On ne touche pas à la loi de 1905". Selon lui, cette loi est "tellement intelligente dans sa rédaction qu'elle nous donne aujourd'hui encore, un siècle plus tard, les moyens de répondre à tous les problèmes qui se posent" "Toutes les problématiques, des minarets jusqu'à la prière dans la rue ou d'autres sujets qui parfois animent l'opinion peuvent être traités par nos textes. On n'a pas besoin de textes nouveaux." Quant à Claude Guéant, il a carrément affirmé: "Pour ce qui me concerne, je serai obligé de participer à ce débat, et quand je dis obligé, ce n'est pas une résignation parce que je trouve que c'est un sujet qui est important puisque aussi bien, après le débat, le gouvernement prendra des décisions, des positions, et cela me reviendra."

Le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, qui ne participera pas aux débats, a résumé à sa façon la situation: "Le débat voulu par la direction de l'UMP sur la laïcité s'apparente de plus en plus à un mauvais moment à passer". Et d'ajouter: "Il est temps de mettre un terme aux débats secondaires qui ont démontré leur vacuité et de s'engager avec courage dans le combat sur l'essentiel", a-t-il encore jugé. Il recommande de plutôt privilégier "l'emploi", "le pouvoir d'achat", "la sécurité intérieure", "la fiscalité équitable" et "la reconstruction de notre outil de production".

Mercredi soir, l'entourage de François Fillon expliquait que "cette décision a été prise il y a plusieurs jours (le 17 mars, ndlr), en accord avec le président de la République...", qu'il s'agissait "d'un débat du parti auquel le gouvernement était attentif". Un peu plus tôt ce matin, Roselyne Bachelot a elle aussi indiquée qu'elle ne participerait pas à la rencontre du 5 avril, précisant "préférer se concentrer sur les problèmes concrets des Français".

Tentant de faire bonne figure, le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, organisateur de ce débat, a déclaré qu'il n'y avait "aucun problème" sur ce point, puisque M. Fillon n'avait "pas non plus assisté à la convention UMP consacrée à l'application des peines". Les conventions de l'UMP sont à l'initiative du parti et visent à déboucher sur des "propositions concrètes". "Ensuite, il revient au gouvernement de les mettre ou non en oeuvre", avait précisé M. Copé, à l'issue du bureau politique hebdomadaire du parti, mercredi.

La confirmation que M. Fillon ne participera pas à la convention sur la laïcité intervient après un affrontement entre le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé et le chef du gouvernement. M. Copé avait reproché lundi soir sur Canal + au Premier ministre de ne "pas jouer collectif", après les réserves que M. Fillon avait publiquement exprimées. Interrogé par RTL, M. Fillon avait en effet prévenu le 28 février qu'il s'opposerait à ce débat s'il conduisait "à stigmatiser les musulmans". Cet affrontement public avait mis en émoi la majorité, et les deux hommes avaient affirmé mardi, après avoir été reçus par le président Nicolas Sarkozy, que l'incident était "clos" et "l'heure à l'apaisement".

Mais après la charge des six grandes religions de France contre la tenue du débat, et l'absence remarqué du Premier ministre, qui participera aux discussions le 5 avril prochain ?

A lire :

L’UMP au bord de la crise de nerfs

Publié dans Politique

Commenter cet article