Chassaigne, des villages aux cités

Publié le par jack palmer

Le député communiste candidat à l’investiture présidentielle du Front de gauche était sur le terrain, hier, à Bonneuil-sur-Marne, à l’invitation du maire (PCF), Patrick Douet.

Que peuvent bien se raconter un maire de banlieue parisienne et un député de circonscription rurale quand ils se rencontrent ? Des histoires de vie locale, faites de liens de proximité avec les habitants. Hier, le député communiste du Puy-de-Dôme, André Chassaigne, plus familier des monts du Livradois que des tours des cités franciliennes, est allé à la rencontre des habitants de Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), à l’invitation du maire PCF, Patrick Douet. Les deux hommes se connaissent et s’apprécient, pour leur façon semblable de pratiquer la politique au plus près des gens. « Quand on est élu de terrain, on tisse des liens comparables en banlieue et dans les villages », observe André Chassaigne.

Le candidat à l’investiture du Front de gauche à la présidentielle est venu vérifier par lui-même ce que lui racontent « les collègues députés de région parisienne sur la dureté de la vie en banlieue ». Sans discours dans la poche ni petite phrase assassine répétée à l’avance, André Chassaigne est venu discuter politique à sa manière, à l’opposé de la politique spectacle : « À partir du vécu des gens, des questions qu’ils se posent », explique le député.

 La transition vers le logement durable

Premier étonnement : « On a l’impression que les gens s’en sortent, qu’ils sont debout. Comment l’expliques-tu ? » s’enquiert le député auprès du maire. « 30 % de familles vivent sous le seuil de pauvreté. 42 % des jeunes de nos ZUS sont au chômage. Notre atout, c’est notre gestion sociale que le gouvernement remet en cause en supprimant la taxe professionnelle », explique Patrick Douet, également candidat aux cantonales de mars à Bonneuil. Une gestion à l’image de Bonneuil Logement Jeunes (BLJ), structure d’hébergement temporaire de jeunes qui assure la transition vers le logement durable. L’échange avec les responsables de BLJ débouche sur l’idée d’une proposition de loi pour l’autonomie des jeunes, comprenant un contrat d’objectifs et un suivi social des difficultés d’insertion.

Autre trouvaille qu’André Chassaigne entend faire fructifier dans sa campagne : l’expérience de géothermie en cours à Bonneuil, qui équipera à terme 1 200 logements neufs. « Une énergie renouvelable en régie municipale directe ? » interroge André Chassaigne. Le maire, confronté à 1 000 dossiers d’aide aux impayés d’énergie l’an dernier, expose les avantages sociaux de ce choix politique : « Avec la géothermie, il n’y a plus de chaudière individuelle, mais une chaudière collective pour les immeubles. Cela oblige à une gestion sociale des retards de paiement, plutôt que de procéder à des coupures chez les familles modestes », explique Patrick Douet.

Sébastien Crépel

 

Pas de péril jeune à Bonneuil

Image étonnante hier, à Bonneuil-sur-Marne, 
que celle du député auvergnat, candidat 
à l’investiture du Front de gauche, discutant 
à bâtons rompus avec des jeunes préparant 
le concours international de danse hip-hop 
de Bonneuil. Clichés sur la coupure entre jeunes et élus, s’abstenir. Ici, la municipalité coélabore sa politique avec les jeunes, met en place 
des bourses pour le permis de conduire, 
construit un « équipement jeunesse » regroupant les structures en un lieu unique… « Je ne pensais pas retrouver chez vous le même amour 
pour sa ville que dans mon village », 
confie André Chassaigne, qui y voit 
une illustration de sa conception 
du communisme : « Produire du commun. »

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