4 millions de chômeurs

Publié le par jack palmer

 

Des riches toujours plus riches mais Sarkozy n’a pas « commis d’erreur »

 

Nicolas Sarkozy a dressé cette semaine un tableau virtuel de la situation de la France et, selon le principe « on n’est jamais mieux servi que par soi-même », il s’est coiffé lui-même de la couronne de lauriers et a agité l’encensoir autour de sa propre personne.

 

Sentiment de révolte
Ce numéro d’autosatisfaction prêterait à sourire si des millions d’hommes et de femmes ne souffraient pas. Comment ne pas se sentir soulevé par un sentiment de révolte quand le chef de l’État manque à ce point de pudeur en déclarant  : « On n’a pas fait d’erreur, on n’a laissé tomber personne. » Quatre millions de chômeurs, une pauvreté qui augmente plus vite que les stocks des Restaurants du cœur, une précarité qui tend à devenir la norme pour des millions de salariés, un plan de relance qui a avant tout permis aux banques de renouer avec la spéculation et les bonus extravagants… Si tout ce bilan n’est pas le fruit d’une erreur, l’aveu est de taille  : c’est donc une politique voulue délibérément. Le gouvernement « n’a laissé tomber personne »: incroyable affirmation  ! Le président avait sans doute à l’esprit les siens, les protégés du bouclier fiscal, les exemptés de la taxe professionnelle, ceux qui n’ont pas besoin de services publics pour être bien servis.

 

Le ton des régionales
Le ton de la campagne des régionales est ainsi donné. Les contre-vérités, d’un côté, pour peindre un bilan peu défendable en l’état et, de l’autre, la promotion d’une campagne sur « l’identité nationale » aux relents xénophobes… alors que la seule menace contre l’identité de notre République provient de ceux qui, dans le camp sarkozyste, rêvent de revanche sociale contre le Front populaire, le Conseil national de la Résistance et Mai 68. Sarkozy prétend vouloir honorer Albert Camus et jette l’étranger en pâture
aux fronts bas de l’extrême droite. Il avait fait de même avec Guy Môquet, pendant la campagne de l’élection présidentielle.

 

Imposer une super-austérité
Mais les ficelles qui ont emballé la marchandise idéologique en 2007 ont perdu de leur solidité. L’agitation présidentielle, ses tentatives de diversion conduites par un ministre aussi indigne que Besson n’ont qu’un but  : permettre au gouvernement d’imposer au peuple une super-austérité à la mode européenne. En 2005, Sarkozy a piétiné le vote des Français contre le traité constitutionnel lors du référendum. Cela aboutit aujourd’hui à l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne. Sans tambour ni trompette. Pas d’hymne à la joie pour célébrer une journée entachée par une imposture originelle. La réduction des déficits publics pour respecter les normes maastrichiennes du traité de Lisbonne, objectif énoncé par Christine Lagarde, devrait coûter 40 milliards par an  ! Autant dire une nouvelle et lourde saignée dans les dépenses sociales, les services publics, les collectivités territoriales, qui nécessite une surdose d’anesthésiant.

Redonner espoir
Mais la partie est loin d’être gagnée pour Sarkozy dans son face-à-face avec le monde du travail. Le rendez-vous des élections régionales sera décisif, pour l’un et pour l’autre. Une nouvelle espérance est à construire; c'est à la gauche de s'en charger, à condition qu'elle délaisse ses tentations libérales. Qu'elle fonde son projet sur la citoyenneté, l’égalité, la solidarité, la justice. 
Le Front de gauche proclame cette ambition. 
À suivre lors du scrutin régional.

 

Publié dans Région IDF

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