Coup d’État ? (bis)

Publié le par jack palmer


« Comprendre la Réforme des Collectivités Territoriales :
Les enjeux du Grand Paris et des Régionales, Quels axes de travail et de mobilisation ?

 
 
A moins d’une semaine de l’étude du projet de Loi sur le Grand Paris en Conseil des ministres, à quelques mois des élections régionales, le conseil départemental du Val-de-Marne avait donc décidé de réunir les directions de section sur les enjeux du Grand Paris et la réforme des Collectivités Territoriales. Cette volonté partait avant tout du besoin d’avoir les clefs de compréhension de ces différents projets de lois pour être les mieux armés possibles afin de populariser ces débats, en éclairer les enjeux et les mettre en perspective des élections régionales : quelle stratégie adopter et quelles actions mener ?
 
Partant du postulat que le projet du Grand Paris ne concernait pas uniquement la région Ile-de- France, qu’il revêtait une dimension nationale, comme un avant goût de ce qui attend la restructuration totale du territoire français, les communistes du Val-de-Marne tiennent à verser à la réflexion collective et nationale le fruit de leurs discussions lors de cette soirée d’étude.
 
 
1°] Quelques pistes de réflexion
 
Deux rapports introductifs ont permis d’entamer les échanges, l’un portant sur la réforme des Collectivités Territoriales redonnant les grandes lignes du projet et replaçant ce dossier majeur en cohérence avec l’ensemble des politiques gouvernementales. [Rapport introductif de Jean François Voguet, Sénateur Maire de Fontenay sous Bois, jointe en annexe]. Le second rapport, présenté par
Michel Laurent secrétaire du Comité régional et en charge des questions de « Paris Metropole », redonnant les éléments et les clefs de compréhension du projet du Grand Paris.
 
Qu’il s’agisse du projet du Grand Paris ou de la réforme des Collectivités Territoriales, l’un et l’autre font partie d’un projet global et bien abouti de la droite. En 2007, Sarkozy et son équipe lançaient le projet de « Révision générale des politiques publiques » (RGPP), révision visant notamment à diminuer les dépenses publiques. N’ayant au début comme prérogative que la révision des modes
d’interventions de l’Etat, elle inclut aujourd’hui la révision de l’ensemble des modes d’interventions publiques, à savoir les collectivités territoriales dans leur ensemble, communes, départements et régions. Et de leurs propres dires, il s’agit là d’une réforme historique. Historique, il nous faut l’entendre et bien le mesurer, car les ambitions du gouvernement vont profondément modifier et transformer l’organisation de nos territoires, de leur gestion et de leur administration, destituant au passage les citoyennes et citoyens de leurs champs d’intervention et bafouant les principes constitutionnels de la libre administration des collectivités territoriales.
 
Il y a donc affrontement de deux projets, de deux conceptions de société. Une conception de société basée sur l’argent roi, sur le développement des pôles financiers et sur la négation des besoins des habitantes et des habitants ; contre une conception, qui est la nôtre, faite de justice sociale, économique et géographique, de solidarité.
Chacun et chacune a mis en évidence l’affrontement de classes sous-tendu par le projet du gouvernement valorisant une classe aisée, délaissant et repoussant les classes les plus défavorisées.
 
2
Il est urgent que cette question dépasse les milieux d’experts, d’initiés et qu’elle se popularise. Il est de notre responsabilité politique de faire connaître ces projets, de mettre en exergue les risques encourus par les populations, et de dénoncer le renforcement des inégalités sociales, économiques et territoriales induites par la mise en œuvre et de la mise en application de ces réformes.
 
Plusieurs camarades ont exprimé le besoin d’un positionnement politique national de notre parti, faisant le lien avec les élections régionales. Besoin d’une position globale claire et cohérente.
 
S’il est, bien évidemment, nécessaire de se positionner en contre, en expliquant, en argumentant, il est surtout nécessaire de se positionner, de développer et de faire partager notre projet, notre conception. Dans la bataille de projet contre projet, les mots ont de l’importance, il faut donc, par exemple, opposer au concept du « Grand Paris », le concept de « Paris Métropole », ses valeurs, ses priorités.
 
Affirmer, développer, faire partager, faire connaître, populariser notre conception. Une métropole solidaire, empreinte d’une solidarité « libre et non faussée », faite pour et par les gens qui y vivent, y travaillent. Une capitale culturelle, économique et sociale, riche de sa diversité culturelle et sociale, de sa mixité et de son
métissage. C’est sur ces valeurs-là que nous devons nous appuyer pour
dessiner notre projet.
Dans cet esprit, notre conception du logement, des transports, de l’emploi, doivent être des points d’appuis, car là aussi nous avons des atouts, des idées neuves et novatrices à porter.
En matière de logement, par exemple, développer notre conception d’un Service Public national pour un logement social décentralisé ; en matière de transports, réaffirmer la nécessité de transports de banlieue à banlieue en  s’appuyant notamment sur le projet « Orbival » ;…
 
Prenons appui sur les dernières municipales qui ont permis, dans « nos » villes, aux électrices et aux électeurs de voter pour des programmes locaux élaborés par elles et eux, et qui sont aujourd’hui totalement remis en cause par les réformes gouvernementales. Il faut repartir de cette dynamique populaire pour résister, riposter et construire des réponses alternatives. Un autre atout majeur en Val-
de-Marne est l’attachement de la population envers son département et la politique qui y est menée.
Ainsi, selon un récent sondage, 94% des val-de-marnaises et val-de-marnais ont une « bonne image » de leur département, et 76% estiment que l’action menée depuis 2001 est « positive ».
 
 
2°] Quelques propositions nationales et départementales
 
Face à ces projets, ces réformes, il est de notre responsabilité de les faire connaître pour mieux dénoncer les dangers encourus.
 
• Pour populariser, pour partager ces questions, il nous faut porter l’exigence d’un grand débat public et d’une consultation populaire du type Référendum, à l’instar de ce que nous portons contre la privatisation de La Poste. En effet, il s’agit de la vie des gens, de la gestion des territoires où ils vivent, travaillent, se forment, ils ne peuvent être ainsi écartés de la prise de décision.
 
• Rendre populaire, c’est aussi donner les outils et les clefs de compréhension, comme nous avions pu le faire en 2005 en permettant aux citoyennes et aux citoyens de décrypter le projet de Constitution européenne à travers un numéro spécial de l’Humanité. Nous devons avoir la même démarche sur la réforme des Collectivités Territoriales, sur le Grand Paris.
Permettre à chacune et chacun de mesurer les enjeux, les dangers. Mettons entre toutes les mains, un fascicule, un numéro spécial de l’HD, avec un discours clair, simple et non technocrate et technique, ce sera un outil précieux pour mener la bataille.
 
• Rendre populaire, c’est aussi aller à la rencontre des gens, pourquoi ne pas imaginer une caravane qui ferait le tour de nos villes, de nos quartiers, aux portes des entreprises, des universités,… pour partager notre projet, en nous appuyant sur la bataille que mène les élu-es du département « Le Val-de-Marne, plus q’un département, un service public » : supplément au n°261 du magazine du Conseil général avec appel à la population et signature d’une carte T.
Nous pourrions ainsi faire le lien avec des actions immédiates. Par exemple, des calicots au fronton des mairies illustrant les ravages de ces réformes sur les services publics notamment.
Campagne de communication du type de celle qu’on avait menée contre le charcutage Pasqua.
Sur la fiscalité : Faire monter la colère contre la suppression de la taxe professionnelle. On peut gagner, témoin l’abandon de la suppression de la Dotation de Solidarité Urbaine (DSU).

Publié dans Région IDF

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article