Les français défendent La Poste : Vox Populi

Publié le par jack palmer

Devant l’énorme participation à cette votation, Nicolas Sarkozy ne peut se dérober. La parole doit revenir aux électeurs.

Les résultats de Boissy.
1373 votants·         Non : 1342·         Oui : 23·         Nul : 8



Notre postier vétéran, René, 81 au jus et toujours dans la lutte.
Chapeau bas Monsieur René, un des 16 communistes mobilisés cette semaine.

Voir les militants communistes de Boissy.
Dimanche matin, plus de deux millions de participants, malgrès les batons mis dans les roues du scrutin par certains préfets entre autre.

L’éditorial de Patrick Apel-Muller

La participation atteint au moins les deux millions et le « non » recueille une majorité écrasante. Les Français refusent le changement de statut de La Poste auquel le gouvernement veut procéder en catimini. Nul n’ignore en effet que le projet gouvernemental est le prélude à une privatisation, à l’avènement de déserts postaux et à la disparition de sa fonction de service public. Adieu usagers, bonjour clients° ! Goodbye petits comptes chèques, good morning opérations financières. Le scénario est rodé. GDF, pour lequel Nicolas Sarkozy avait juré les grands dieux qu’il ne serait pas privatisé, France Télécom et les ravages sociaux que connaît l’entreprise ont déjà fait les frais du même procédé…

L’ampleur de la participation à cette votation citoyenne, comme la mobilisation d’un collectif de plus de 60 organisations syndicales, politiques ou associatives témoignent de la place que tient La Poste dans le cœur des Français : elle est l’un des fondements du contrat social, un pilier du système à la française. C’est aussi pourquoi elle focalise l’acharnement des libéraux qui convoitent en elle un nouvel espace de profits.

Cette consultation n’a pas seulement valeur symbolique. Elle teste en grandeur nature la réforme constitutionnelle de juillet 2008 qui prévoit un référendum d’initiative populaire si un cinquième des parlementaires le demandent et si un dixième du corps électoral le réclame. Nous y sommes ! Mais le pouvoir se garde bien de faire adopter les lois organiques qui rendent possible cet engagement présidentiel. La droite n’aime les référendums que lorsqu’ils valident ses manœuvres, comme aujourd’hui en Irlande. Lorsqu’ils les contredisent, comme en 2005 en France et il y a deux ans à Dublin, elle n’a de cesse de violer la souveraineté populaire. Elle a de la démocratie une conception minuscule.

Tout converge pour attester du choix de l’opinion. Du sondage que nous avons publié la semaine dernière dans nos colonnes, qui montrait que 75 % des Français auraient voté « non », à celui du Parisien hier, où 59 % des Français réclament d’être consultés en passant par la mobilisation d’hier jusque dans de petites communes. Ce qui appartient à la collectivité ne peut s’aliéner par l’addition de sombres intérêts sans que tous aient pu se prononcer. Les manœuvres d’arrière-garde de la droite pour empêcher les scrutins par des recours administratifs n’ont pas suffi et les pâles diatribes de Christian Estrosi pour disqualifier cette consultation sont restées sans effet. Nicolas Sarkozy ne peut plus se dérober. La parole doit revenir en dernière instance aux électeurs.

Cette puissante manifestation démocratique de la semaine montre aussi la voie pour d’autres rassemblements qui mettraient en échec la politique sarkozyste. Des militants d’origines diverses ont œuvré ensemble à ce résultat. Ils ont pris appui sur le réseau des mairies de gauche, essentiellement socialistes et communistes. La leçon peut valoir pour d’autres combats. L’accès à la santé, l’emploi, le pouvoir d’achat, la menace d’imposition des indemnités d’accidents du travail, le sort du fret ferroviaire, la destruction de 34 000 emplois de fonctionnaires, l’enseignement… Les sujets ne manqueront pas dans les prochains mois.


Publié dans Boissy

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