Des primaires à gauche en France ? L’exemple italien.

Publié le par jack palmer


Des primaires à gauche en France ? L’exemple italien.


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Les primaires italiennes, ou comment préparer le retour de Silvio Berlusconi Ni l’ouverture au centre droit ni les primaires n’ont empêché la déroute du centre gauche et de la gauche en avril 2008.

La victoire de Romano Prodi aux législatives de 2006, un cocktail miracle ? En 2005, celui qui deviendra président du Conseil l’année suivante est investi au cours de primaires, auxquelles ont participé des figures de différents partis, départagées par plus de quatre millions d’électeurs. Ce processus lui a permis de fonder une coalition gouvernementale allant du Parti de la refondation communiste (PRC) au centre droit de Clemente Mastella. « D’Olivier Besancenot à Bayrou », traduisait-on en France. Cette construction politique a assuré une victoire fondée sur l’antiberlusconisme dans un système électoral qui favorise les coalitions attrape-tout. Deux ans plus tard, Romano Prodi démissionnait.

Car ni primaires, ni large coalition, ni même programme commun ne règlent la question du projet de société. Si les communistes en 2005 s’étaient pliés à l’exercice des primaires, c’est qu’ils avaient obtenu des forces de centre gauche un programme exigeant de quelques centaines de pages, qui n’a jamais été respecté. Romano Prodi avait choisi une stratégie en deux temps : d’abord assainir les comptes publics (c’est une priorité du Modem en France) ; ensuite redistribuer. Et c’est précisément en 2008, quand la fiscalité sur les travailleurs devait baisser grâce à la lutte contre la fraude fiscale que les plus centristes, ceux de Clemente Mastella, ont choisi de quitter le navire. Avec son option néolibérale, le gouvernement Prodi s’est montré incapable d’ouvrir une saison de conquête de nouveaux droits et de redistribution sociale. Il a ainsi offert un boulevard à Berlusconi.

Les deuxièmes primaires, en octobre 2007, ne concernaient que le Parti démocrate (PD) et visaient à favoriser le bipartisme. Walter Veltroni a reçu 3,5 millions de suffrages dans des primaires chargées de désigner le leader du PD : une légitimité dont il a usé pour asseoir une dérive centriste du PD en excluant de la coalition les communistes et les écologistes. Ni les primaires ni le cavalier seul de Walter Veltroni ne l’ont empêché de sombrer, en n’obtenant en avril 2008 que 37 %. Au jeu de la personnalisation, Silvio Berlusconi a gagné. En 2009, Walter Veltroni, dont le leadership n’a jamais cessé d’être contesté malgré des primaires réussies, démissionne suite à des élections locales ratées. Des « primaires démocrates » sont organisées pour lui désigner un successeur en octobre. Et l’un des prétendants les plus sérieux, Pierluigi Bersani, insiste sur la souveraineté des adhérents…

Gaël De Santis

Publié dans La gauche

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