IMAGINER DEMOCRATIQUEMENT UN AVENIR PUBLIC, SOCIAL ET SOLIDAIRE POUR LA METROPOLE PARIS ILE DE FRANCE

Publié le par jack palmer

Imaginer démocratiquement un avenir public, social et solidaire pour la métropole Paris Ile de France

lundi 4 mai 2009



Pascal Savoldelli, Président du groupe communiste du Conseil Général du Val de Marne

La prestation de Nicolas Sarkozy sur son projet de Grand Paris est loin de répondre aux difficultés quotidiennes et aux attentes de toutes celles et ceux qui en Val-de-Marne, comme dans l’ensemble de l’Ile de France s’entassent chaque jour dans des transports de plus en plus inconfortables, attendent depuis des mois un logement social, souffrent de l’aggravation des déséquilibres sociaux et territoriaux. L’Etat n’y est pas pour rien.

Les réponses à apporter relèvent sans attendre d’une ambition et d’une mobilisation nationale et démocratique à la hauteur des besoins réels des populations. Elles n’ont rien à voir avec le catalogue de dépenses qu’il a annoncées sans préciser les financements et le pilotage de réalisations sur un horizon lointain, à partir de 2012 jusqu’en 2030… Il ne peut y avoir de projet d’intérêt général sans ressources nouvelles pour les financer, notamment pour les collectivités publiques.

Nous nous félicitons que la forte et large opposition des élus locaux ait fait reculer le Président sur son intention initiale brandie en juin 2007 de remplacer les communes et les départements par une communauté urbaine. Il se démarque ainsi de la brutalité des préconisations du rapport Balladur sur la question de la gouvernance de la métropole Paris-Ile-de-France.

Il est également rassurant que les exigences des Val-de-Marnais semblent avoir été entendues en matière de transport. Le Président a en effet donné son feu vert à tous les projets lancés récemment par la Région, notamment avec la reprise dans le Grand Huit de l’essentiel du projet de trajet Arc-Express, baptisé Orbival dans le département.

Il annonce 70.000 logements par an mais n’évoque pas le logement social ! Le doute est de mise sur ses intentions après qu’il ait fait voter sa remise en cause dans la loi Boutin et qu’il ne fait rien pour que la loi SRU soit appliquée. De plus, il est inquiétant qu’il veuille « libérer l’offre », « déréglementer », en matière d’urbanisme, c’est-à-dire développer « la propriété privée » au détriment de l’intérêt général.

Il annonce un million d’emplois supplémentaires en vingt ans ! Pourquoi n’empêche-t-il pas immédiatement les licenciements boursiers et les délocalisations ainsi que les milliers de suppressions de postes dans la fonction publique ?

Il veut des « pôles de recherche et d’excellence » au moment où les enseignants et les chercheurs dénoncent les coups portés à la formation et à la recherche dans notre pays ?

Il est très inquiétant que son projet d’équipement et d’aménagement du territoire francilien repose essentiellement sur une dizaine de pôles de développement économique conçus sur des logiques de concurrence libre et non faussée.

Son objectif est de faire de Paris une place financière à dimension européenne et mondiale agrémentée de prestigieuses réalisations. Mais quel rayonnement autour de ces pôles pour les habitants, pour les salariés, l’avenir des jeunes et les catégories les plus fragiles quand depuis des mois, il s’emploie à protéger les plus riches notamment par le bouclier fiscal en laminant le pouvoir d’achat ?

Le débat est loin d’être clos. L’intervention des habitants est déterminante.

C’est avec les Val de Marnais que le Conseil Général imagine le Val-de-Marne. C’est avec eux et les populations franciliennes que nous voulons aussi imaginer et construire l’avenir de la métropole Paris-Ile-de-France. Les « Etats-généraux du Grand Paris » annoncés pour le début de l’année prochaine ne peuvent se concevoir sans ce débat à engager au plus vite.

Publié dans Région IDF

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