Une aubaine : Jeunes en soldes !

Publié le par jack palmer



La présidente du MEDEF a laissé éclater hier sa satisfaction : « Le MEDEF approuve sans réserve le plan pour l’emploi des jeunes. » Ben voyons, c’est vrai qu’il constitue une grande braderie, où la jeunesse devient un problème plutôt qu’une solution. Où le travail humain est un coût plutôt que source de création de richesses…
Décryptage des mesures Sarkozy annoncées vendredi. 

Au nom de quelle perversion idéologique les entreprises, selon les mots de l’UNEF, devraient-elles être « dédommagées » pour accepter les jeunes et profiter au coût le plus bas de leur force de travail et de leurs talents ? Le plan emploi présenté hier par Nicolas Sarkozy avait toutes les apparences d’une grande braderie. Et des exonérations de charges pour toutes les entreprises, et une prime de 1 800 euros par-ci, une de 1 000 euros par-là… Ils sont frais mes jeunes, ils sont bien frais et pas chers.

Voilà des années que la jeunesse serait un problème et non une solution. Et voilà des années que le travail humain serait en quelque sorte un coût pour les entreprises et non la source de la création de richesses pour toute la société, et pas seulement pour aller aux actionnaires. Le chef de l’État, assisté de Martin Hirsch, prétend aider la jeunesse. Ils la méprisent. Car il faut regarder les chiffres.

L’apprentissage serait valorisé et les entreprises vont y être encouragées par de nouveaux cadeaux. Mais combien gagne un jeune en apprentissage ? 25 % du SMIC la première année, pour atteindre un royal 53 % la troisième année. Pour les jeunes plus âgés, en contrat de professionnalisation, la rémunération commence à 55 % du SMIC… Avec cela, le couvert des contrats nouvelle embauche est mis de nouveau, avec les CIE, contrats à durée indéterminée ou CDD de 24 mois. Quel jeu détestable sur les mots !

C’est quoi des CDD de deux ans ? La possibilité largement ouverte d’user là encore du travail d’un jeune à bas coût, d’abuser de son espoir d’embauche au terme de ses deux ans pour s’en débarrasser après en toute légalité ! Et que dire des 30 000 contrats aidés qui leur seraient proposés, essentiellement dans les collectivités locales avec un financement de l’État pour un an à hauteur de 90 % ? Quelle petite astuce ! Après cela, retour à la case départ. Avec en plus l’avantage, très politique, de faire porter sur les collectivités locales la responsabilité de la fin de partie. Et tout cela en exerçant une véritable pression à la baisse sur les emplois statutaires. Les mesures annoncées hier ne sont pas de la poudre aux yeux. Elles sont une nouvelle étape d’une offensive généralisée de la droite et du patronat pour faire baisser le coût du travail, développer la précarité et les bas salaires. La présidente du MEDEF, Laurence Parisot, a laissé éclater hier sa satisfaction : « Le MEDEF approuve sans réserve le plan pour l’emploi des jeunes. » Comme on la comprend ! Car les sommes mises en jeu, soit celles du fonds d’investissement social, vont bel et bien aller aux plus grandes entreprises, et il s’agit de l’argent public.

Le gouvernement et le MEDEF utilisent la crise et la situation des jeunes pour exercer cette pression. Le PCF a raison de dire dans un communiqué qu’il s’agit d’une « instrumentalisation sans vergogne de leur souffrance », et ces mesures ne sont pas des mesures de lutte contre la crise. C’est tout le contraire. La suraccumulation financière insensée qui a conduit à ce que nous vivons est née de la pression constante exercée depuis des années par le capital sur le coût du travail. Sortir de la crise c’est revaloriser le travail contre l’accumulation financière, faire aller l’argent, et pas seulement l’argent public, à la création d’emplois durables et qualifiés. Au lieu de cela il s’agit de faire tourner, toujours plus vite, toujours plus librement, la machine à profiter sans entraves. Ils tablent sur une sortie de la crise mais en aggravant toujours plus les mécanismes qui l’ont provoquée, jusqu’à la prochaine. Salaires, emplois, services publics. C’est le triptyque qui unit tous les syndicats pour le 1er Mai. Les jeunes ont toutes les raisons de s’y associer par centaines de milliers, et les moins jeunes toutes les raisons de les soutenir et de se battre avec eux.

L’éditorial de l’Humanité, par Maurice Ulrich.

 

Lire aussi:

Les jeunes des banlieues au ban de l'emploi

Le chômage submerge les jeunes des cités. Depuis quelques mois, la situation s’aggrave. Le désespoir gagne du terrain. Le feu couve. Analyse : le plan Hirsch apporte-t-il une réponse ?

 

Publié dans Plan de relance du PCF

Commenter cet article