Entretien avec le secrétaire général de la CGTG

Publié le par jack palmer

PUBLIÉ LE 11 février 2009

Guadeloupe
Entretien avec le secrétaire général de la CGTG Jean-Marie Nomertin

La Guadeloupe connaît depuis le 19 janvier 2009, un des plus longs conflits sociaux de son histoire par une grève générale. La Martinique a emboité le pas depuis le 5 février. Un mot d’ordre de grève générale est lancé le 9 février en Guyane après avoir connu début décembre deux semaines de paralysie totale et de blocage du réseau routier...

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Jean Marie Nomertin, secrétaire général de la CGTG

Nous avons interviewé le secrétaire général de la CGTG, joint par téléphonesur ces conflits, les premières avancées et les blocages avec , alors que les pouvoirs publics annonçaient le retour sur l’île d’Yves Jego, le secrétaire d’Etat.


Comment et à partir de quoi, ce conflit a-t-il démarré ?
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« Les salariés guadeloupéens sont mobilisés plus que jamais »

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Mercredi, les négociations entre le préfet et les représentants des salariés tournaient court, le représentant de l’État ayant quitté la table de discussion. En Guadeloupe, les manifestations se succèdent dans une île où tout est arrêté. Hier une nouvelle journée de mobilisation était organisée. Dès l’aube, le siège de la CGTG était empli de militants. Parmi lesquels, Jean-Marie Nomertin, secrétaire général de l’organisation, que nous avons joint par téléphone.

Déjà onze jours que la Guadeloupe vit à l’heure de la grève générale. La mobilisation populaire ne faiblit-t-elle pas ?
Jean-Marie Nomertin. En aucune manière. L’île est quasiment paralysée. Les stations-service Total, Texaco, Esso et de sociétés locales sont fermées. Le 29 janvier, 8 000 manifestants ont défilé à Pointe-à-Pitre. Le soir, 4 000 personnes ont participé à un meeting devant notre QG et, aujourd’hui, nous comptons, malgré la pénurie d’essence, rassembler 10 000 manifestants pour une nouvelle journée de mobilisation. Les salariés, la population laborieuse, tous ceux qui souffrent veulent se mobiliser jusqu’à la satisfaction de leurs revendications.

Le collectif Lyannaj kont pwofitasyon (Rassemblement contre l’exploitation) réunit plus de cinquante organisations syndicales, politiques, associatives, culturelles. Est-ce facile de préserver l’unité ?
Jean-Marie Nomertin. L’ambiance est au beau fixe. Une totale détermination est affichée par les dirigeants. Le moral est très bon et nous avons les forces qu’il faut pour faire des démonstrations de force. Nous n’avons pas, à ce jour érigé, des barrages. Il y a une haute conscience et une mobilisation totale dans la population.

Au même moment, le 29 janvier, dans toute la France, 2,5 millions de salariés défilaient dans les rues. Quels échos cela a-t-il ?
Jean-Marie Nomertin. Les travailleurs sont internationalistes et leur succès, quelle que soit la région où ils se trouvent, est utile à tous. Nous avons décidé d’appeler à une grève générale reconductible, qui prend déjà la forme d’une grève illimitée. Les travailleurs réunis en assemblées générales la reconduisent dans la foulée. Pour nous une journée de 24 heures n’est plus de mise. Il faut établir des revendications claires et précises et se battre dans l’unité. Nous souhaitons que nos camarades de Martinique, qui nous apportent un soutien sur le terrain, témoignent de ce qui se passe ici auprès des salariés martiniquais. Hier matin, spontanément, nos camarades de la Guyane sont venus nous apporter leur soutien. Cela promet de grands mouvements. Nous pensons que ces travailleurs vont agir comme nous. C’est la seule voie aujourd’hui. Le gouvernement est sourd à toute épreuve qui ne dépasse pas une journée. Si la grève dure et surtout si elle est massive, il y aura un autre son de cloche et une autre réaction du gouvernement, qui sera bien obligé d’avoir une autre réaction. Il devra compter et composer avec nous, pour trouver des solutions. C’est pourquoi nous sommes mobilisés plus que jamais.

Entretien réalisé par Jean-Paul Piérot


Publié dans Plan de relance du PCF

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