SDF : Legrand promet "dans 2 mois, des milliers de tentes"

Publié le par jack palmer


"Michael Moore des SDF", le fondateur des Enfants de Don Quichotte dévoile pour Rue89  son plan d'action des mois à venir.


Deux ans après les tentes du Canal Saint-Martin, il faut s’attendre à voir revenir Augustin Legrand. Le leader des Enfants de Don Quichotte prévient: "Ce seront des dizaines de milliers de tentes" qu’il va disséminer à travers la France.

Comme chaque hiver, dès que les températures chutent, on revoit les ministres concernés monter au devant de la scène pour "rendre obligatoire l’hébergement des personnes sans abri" (Christine Boutin le 26 novembre) ou "multiplier les accueils (…) au départ peut-être contre leur volonté" (Michèle Alliot-Marie, ce vendredi).

Des idées qui vont à contre-courant de la "conférence de consensus", à laquelle Rue89 s'était associée l’an dernier et qui avait dégagé deux pistes principales pour sortir de cette approche du "tout-urgence": agir sur la prévention en amont, et sur le logement social en aval.

Deux ans après l’installation du campement des Enfants de Don Quichotte et un an après l’évacuation de ces derniers par les CRS au pied de Notre-Dame, le leader de l’association, Augustin Legrand prévient: "On a promis de revenir, on reviendra."

 
La promesse de Sarkozy

On arrive à l’échéance fixée par le candidat Sarkozy qui avait promis à l’hiver 2006 que "d’ici deux ans plus personne ne dormira dehors", et pourtant, 338 SDF seraint morts dans la rue en 2008.
La préfecture de police de Paris annonce 23 320 places d’hébergement pour les sans-abris en Ile-de-France (incluant urgence, stabilisation et insertion) auxquelles peuvent s’ajouter 1864 places en situation de vigilance et 3 196 en cas de crise grave. "Mais on n’est pas encore en situation de crise, qui correspond à un froid extrême", nous précise-t-on.

"On s’est fait rouler dans la farine"

Fin décembre 2007, un Collectif des associations unies rassemblant une trentaine de spécialistes du mal-logement a entamé un dialogue avec le gouvernement. De nombreuses réunions plus tard, le nombre de places d’hébergement d’urgence a atteint presque 100 000, le préfet Régnier a été nommé pour suivre ce dossier, mais les associations ont le sentiment que les promesses n'ont pas été tenues. Augustin Legrand confirme:

"On s’est fait rouler dans la farine. Il y a eu le rapport d'Etienne Pinte(synthèse) qui allait dans le bon sens et on sait qu’on a des soutiens, même à droite. Outre Pinte, des gens comme Philippe Séguin, Bruno Lemaire et tous ceux qui connaissent le dossier et savent que l'Etat gaspille de l’argent. Mais le gouvernement en reste à des mesurettes. Chaque hiver, on est toujours dans la même problématique: la gestion de crise, le gouvernement botte en touche."

Richard Robert, directeur des études à la Fondation Abbé Pierre, renchérit:

"Le projet de loi Boutin est à contre-courant, elle est dans la logique d’une France de propriétaires alors que c’est à mille lieux de la réalité de ce que peuvent se permettre les gens, le logement social est attaqué de toutes parts."

"Pas un mais des campements"

Tous les deux reviennent de deux mois de tour de France, où ils sont allés informer les mal-logés sur leurs nouveaux droits, le film des enfants de Don Quichotte à l’appui. (Voir la vidéo)

Fort de cette expérience, Augustin Legrand a retrouvé l’envie de crier sa révolte. Pour Rue89, il dévoile son projet:

"On va remonter un campement à l’issue de l’hiver. On évitera l’écueil de l’acte I, on ne fera pas un mais des campements. Pendant ces deux mois, on a maillé le territoire, on a demandé aux gens de s’inscrire sur notre site Internet."

Cette fois, il se prépare à "combattre pour engager un rapport de force" avec le gouvernement et à exiger bien plus que les 2,5 milliards proposés il y a un an. "Quand on voit que 26 milliards ont été débloqués pour le plan de relance, c’est réaliste." Il précise la forme de cette nouvelle action:

"On fera des campements virtuels en amont, c’est-à-dire que les gens vont s’inscrire sur notre site pour s’engager à venir camper. On s’installera partout à l’extérieur des villes, pour ne pas être dégagés par des CRS, on filmera tout ça, et on finira par une marche vers le centre des villes."

Il promet du spectaculaire, "car sinon je ne suis pas Augustin Legrand", et prévoit 2000 à 3000 tentes d’un coup dans chaque banlieue, qui donneront "des dizaines de milliers de tentes à la fin". "Je suis le Mickaël Moore des SDF", conclut-il.

 

Le site des enfants de Don Quichotte

 

Notre Rapport mal-logement 2008 - Emauss

L’état du mal-logement en France

 

Cette année, les Sans domicile fixe aimeraient bien vous laisser un autre souvenir. Parce qu'il n’y pas de santé sans toit, Médecins du Monde demande que les sans-abris aient un logement comme tout le monde. Mission Sans abri et mal-logés
Etat du mal-logement
Les difficultés d'accès au logement des ménages modestes ou pauvres,
notamment immigrés, s'accroissent
.

Patrick Declerck, Les Naufragés : avec les clochards de Paris, Paris, collection « Terre Humaine », Plon, 2001

Nous avons pour objectifs :
Faire savoir que beaucoup de personnes qui vivent ou ont vécu à la rue en meurent.
Mettre en œuvre et développer les moyens et actions nécessaires :
- pour la recherche, la réflexion et la dénonciation des causes souvent violentes des morts de la rue ;
- pour des funérailles dignes de la personne humaine ;
- pour l’accompagnement des personnes en deuil, sans distinction sociale, raciale, politique ni religieuse.
Bienvenue sur le site du collectif Les Morts de la Rue

 

 

Publié dans Société Politique

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