A quand en France, un nouveau Conseil National de la Résistance ?

Publié le par jack palmer


Brice Hortefeux, ministre de « L’identité nationale et de l’immigration » a convoqué ses homologues européens pour discuter de l’immigration à ….. VICHY.
Les FTP-MOI des Bataillons Carmagnole et Liberté, que Charles Tillon ancien commandant en chef des FTPF et ancien ministre, avait honoré en déclarant : « Carmagnole Liberté un des plus beaux fleurons si ce n’est le plus beau fleuron de la résistance armée française » et qui étaient issus pour une grande part, de parents « sans papiers » sont scandalisés d’apprendre que c’est précisément à Vichy que le sieur Hortefeux entend régler les problèmes de l’immigration. Que de tristes souvenirs réactive ce sinistre personnage, en reprenant à Vichy, le travail que Pétain, Laval, Doriot et compagnie n’avaient pas pu mener à bien. Nous n’avons bien entendu rien contre la ville de Vichy et ses habitants, mais décider de faire de cette ville une capitale européenne pour parler de l’immigration est un acte de mépris pour tous les démocrates au moment où Hortefeux est chargé par ses maîtres d’expulser 25 000 étrangers par an, avec tous les drames que l’on sait ! Oui il s’agit d’une provocation non seulement à l’égard de ceux qui étrangers ou d’origine étrangère ont combattu l’Occupant les armes à la main, mais également envers tous ceux et toutes celles qui ont eu à connaître des persécutions par Pétain et ses séides.
Au moment où nous nous apprêtons à commémorer le 90 ième anniversaire du 11 novembre 1918, il n’est pas inutile de rappeler les immenses sacrifices consentis aux cours des deux dernières guerres par ceux que l’on appelait alors « les coloniaux » et donc les enfants et les petits enfants sont désignés aujourd’hui sous le nom « d’étrangers ». Les immenses nécropoles se trouvant sur le front de l’Est (qui ont été pour la énième fois vandalisées) aussi bien que celles se trouvant devant Rome ou Monte Cassino, prouvent que des centaines de milliers de corps de « coloniaux », reposent loin de leur terre natale. Leurs sacrifices devraient permettre de traiter avec un peu plus d’égards les enfants et petits enfants de ces soldats, « très souvent malgré eux » à qui on a pris leurs vies afin que notre pays puisse reconquérir son indépendance et sa liberté. Il n’est pas non plus inutile de rappeler, que les immigrés qui dans les années 30 étaient traités de vermine et de « métèques » par l’extrême droite et son journal Gringoire ont entre 40 et 45 donné le meilleur d’eux même dans la lutte pour la libération de la France, au point qu’un grand nombre d’historiens désignent aujourd’hui les FTP-MOI « comme le fer de lance de la Résistance armée française » alors que pendant l’Occupation un grand nombre de défenseurs de « l’identité nationale » et de la France aux français » s’étaient vautrés dans la Kollaboration et le déshonneur. Nous constatons, avec colère que M. Hortefeux, utilise à quelques mots prêts contre les étrangers « sans papiers » des mêmes termes et des méthodes de harcèlement policier qui ne peuvent que nous rappeler ce que nous avons toujours combattu. Car tout comme autrefois, tout en se prétendant le défenseur de « l’identité nationale » Brice Hortefeux fait poursuivre par sa police, de façon ignoble, des sans papiers allant jusqu’à mener la chasse à la sortie des écoles. Ce n’est pas cela l’identité nationale de la France, qui tient en trois mots à nos yeux : « liberté, égalité, fraternité » ! Non, le choix de Vichy n’est pas innocent, car c’est le grand patron Denis Kessler qui a félicité le président de la République, en écrivant dans « Challenge » de novembre 2007 : « Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire le programme du Conseil National de la Résistance …. Il est grand temps de le réformer et le gouvernement s’y emploie ». Mais il ne s’agit pas seulement de défaire le programme du CNR, mais de détruire tous les acquis que ce programme avait apporté à notre peuple et sous des formes sournoises de réhabiliter un passé que nous pensions révolu. Ce mouvement de réhabilitation du fascisme et de ses collaborateurs dépasse d’ailleurs la France puisqu’en Italie, dans les Pays baltes, en Autriche, les autorités fréquentent publiquement les nostalgiques de Mussolini et de Hitler, tout en attaquant les symboles de la résistance antifasciste. Sous l’Occupation, tant d’espérances nous ont animés, nous qui nous battions pour un monde meilleur dans lequel nos enfants et petits enfants pourraient travailler et vivre dignement… non seulement nous sommes loin du compte, mais nous nous éloignons de plus en plus de cet espoir par la faute de ceux qui nous gouvernent ! Il y a peu de temps le Premier ministre annonçait que la France était à la veille du dépôt de bilan et le chef de l’Etat surenchérissait en déclarant, qu’il ne pourrait pas améliorer le niveau de vie des Français, comme il l’avait promis avant son élection, car « les caisses de l’Etat sont vides » (sic). Et voici, que comme par miracle nos gouvernants trouvent 400 milliards d’euros pour financer les banques défaillantes, mais en même temps nos médias nous annoncent que ce sera aux travailleurs de payer le passif. En effet, c’est déjà par milliers que des personnes sont jetées à la rue, que nos services publics sont privatisés et que nos entreprises délocalisent en laissant dans la misère les ouvriers qui les ont enrichis.
Non ! Ce n’est pas pour ce monde là que nous avons consenti tant de sacrifices car nous étions convaincus que nos enfants et nos petits enfants vivraient mieux que nous ! Aujourd’hui au crépuscule de notre vie, voici que certains d’entre nous se réveillent la nuit, inquiets sur le devenir de leur progéniture et sur l’avenir de la France qu’ils ont tant aimée et tant servie, se demandant quel va être leur avenir : le chômage et la misère, ou dans le meilleur des cas une misérable retraite à …. 70 ans en travaillant le dimanche comme l’ont décidé une majorité de députés indignes qui ne savent pas ce que c’est que TRAVAILLER quand on est ouvrier, employé, instituteur, conducteur de train ou infirmière ! Serait-il possible que nous, anciens combattants de la résistance, nous qui avions mis en place le programme du Conseil National de la Résistance, restions passifs et silencieux lorsque notre pays est pillé par la finance internationale avec l’aide de nos propres gouvernants ? Il nous appartient d’être à la tête de ceux qui préconisent la mise en place d’un nouveau programme de Résistance, en chassant du pouvoir les larbins du MEDEF et de l’UE. Car les ennemis de la France ne sont pas les ouvriers immigrés qui triment dur en étant sous-payés, méprisés et expulsés par M. Hortefeux qui trahit la France généreuse de Jean Moulin et de Guy Moquet pour chasser l’électeur sur les terres de Le Pen !
Les vrais ennemis de la France républicaine sont au contraire ceux qui détruisent l’indépendance nationale en imposant une constitution supranationale bis que le suffrage universel a refusée le 29 mai 2005. Les ennemis de la nation sont ceux qui alignent notre pays sur le belliqueux impérialisme américain ; ceux qui cassent les acquis sociaux et les services publics ! Ces grands patrons, ces ministres, ces dirigeants du FMI et de l’OMC qui ont honte de parler français à l’étranger et qui démantèlent le CNRS, l’Education nationale, la loi laïque de 1905 et tout l’héritage de 1789.
Un héritage dont Carmagnole-Liberté a porté haut le drapeau dans ces maquis où nous, étrangers de naissance, chantions la Marseillaise et arborions le drapeau tricolore sans les opposer à « l’Internationale » et au drapeau rouge des travailleurs ! Contre ces ennemis de la République, nous anciens Résistants FTP-MOI, appelons à une nouvelle Résistance antifasciste, antiraciste, patriotique et progressiste.
A quand en France, un nouveau Conseil National de la Résistance ?

Léon Landini, président de l’Amicale Carmagnole-Liberté des anciens Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d’œuvre Immigrée (FTP-MOI), grand mutilé de guerre, ancien officier FTP, officier de la Légion d’honneur, Médaille de la Résistance.
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De : Léon Landini dimanche 9 novembre 2008

Publié dans Plan de relance du PCF

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